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Amazon sommée de cesser d'armer la police en technologies de surveillance

Plusieurs personnes apparaissent sur un écran, le visage encadré par un logiciel de reconnaissance faciale.

Une démonstration d'un logiciel de reconnaissance faciale dans un salon technologique à Las Vegas, en janvier 2019

Photo : AFP/Getty Images / David McNew

Agence France-Presse

Des associations de lutte contre les inégalités raciales exhortent Amazon à cesser toute collaboration technologique avec la police américaine, alors que les manifestations contre les violences policières et le racisme continuent aux États-Unis.

Le géant américain du commerce en ligne, de l'infonuagique et des technologies profite de l'injustice systématique, des inégalités et des violences contre les communautés noires, en plus de les alimenter , accuse la pétition mise en ligne mardi.

Des organisations, comme l'American Civil Liberties Union (ACLU), appellent depuis deux ans Amazon à cesser de fournir sa technologie de reconnaissance faciale à la police.

Amazon a longtemps cherché à être la colonne vertébrale technologique de la police et de l'ICE [la police américaine de l'immigration] en promouvant activement Amazon Web Services [le service d'infonuagique], son logiciel de reconnaissance faciale [Rekognition] et ses caméras de surveillance [Ring], détaille le communiqué distribué par Athena, un collectif d'associations qui critique également le groupe pour son bilan environnemental et les conditions de travail de son personnel.

Une sonnette intelligente Ring et son application compagnon.

Des centaines de services policiers américains ont déjà des partenariats avec Ring, la sonnette intelligente d'Amazon.

Photo : Reuters / Steve Marcus

Les activistes accusent Amazon de contribuer à la criminalisation des communautés de couleur.

Réformer la police et les systèmes de surveillance

Il y a deux semaines, la mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié sous le genou d'un policier blanc à Minneapolis, a entraîné une vague de colère et d'indignation partout aux États-Unis et dans le monde.

Dans la rue et sur les réseaux sociaux, les manifestants et manifestantes exigent notamment des réformes en profondeur de la police et des systèmes de surveillance, dont on estime qu'ils ciblent disproportionnellement les personnes noires.

Le traitement brutal et non équitable des personnes noires dans notre pays doit s'arrêter, a écrit Amazon sur son compte Twitter officiel le 31 mai. Nous sommes solidaires avec la communauté noire – nos employés, nos clients et nos partenaires – dans la lutte contre le racisme systémique et l'injustice.

Les tweets et les dons symboliques ne signifient rien de la part d'une entreprise en connivence avec les agents et institutions du racisme systémique, a réagi Myaisha Hayes, directrice de la stratégie pour MediaJustice, l'une des associations signataires de la pétition.

La reconnaissance faciale peut être « mal utilisée », selon Amazon

En octobre dernier, Amazon avait reconnu que comme toutes les technologies, la reconnaissance faciale [...] peut être mal utilisée, et avait assuré que ses équipes fournissaient des indications à toutes les organisations clientes du logiciel Rekognition, y compris les forces de l'ordre, sur la bonne manière de s'en servir.

Amazon n'a pas immédiatement réagi aux sollicitations de l'Agence France-Presse.

Lundi, IBM a annoncé la suspension de la vente de logiciels de reconnaissance faciale à des fins d'identification et s'est opposé à l'utilisation de toute technologie à des fins de surveillance de masse, de profilage racial et de violations des droits et libertés humaines de base.

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