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L’aide aux Canadiens handicapés au cœur d’un bras de fer aux Communes

Justin Trudeau, debout, à la Chambre des communes.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau, mercredi, à la Chambre des communes.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le blocage parlementaire s'est poursuivi aux Communes, mercredi à Ottawa, alors que les partis n'ont pas été en mesure de s'entendre sur une motion qui aurait permis aux personnes vivant avec un handicap, notamment, d'obtenir un coup de pouce supplémentaire dans le cadre de la crise de la COVID-19.

Le projet de loi mis en avant par le parti libéral, qui aurait également délié les cordons de la bourse du gouvernement fédéral à l'intention des travailleurs saisonniers et d'autres Canadiens, fait l'objet de vives tractations.

Ledit projet vise également à rendre le programme de subvention salariale accessible à plus d'entreprises, à rendre la Prestation canadienne d'urgence (PCU) plus flexible, et à assortir ce dernier programme de mesures coercitives à l'endroit de ceux qui auront fraudé pour pouvoir empocher de l'argent public.

Afin qu'il puisse faire l'objet d'un débat et être mis aux voix rapidement, les libéraux ont besoin du consentement unanime de la Chambre, avait indiqué plus tôt mercredi le leader du gouvernement en Chambre, Pablo Rodriguez, lors d'une conférence de presse.

Peine perdue : à peine avait-il présenté sa motion, vers 14 h 30, que des voix s'élevaient des banquettes de l'opposition pour affirmer que les libéraux n'avaient pas le feu vert pour aller de l'avant. Refusant de jeter l'éponge, le leader du gouvernement en Chambre a présenté une deuxième motion, qui aurait scindé le projet de loi libéral en deux.

Un projet de loi uniquement destiné aux personnes handicapées aurait permis de leur offrir une aide financière rapidement advenant son adoption. Les négociations se seraient alors poursuivies pour tenter de parvenir à un accord sur le reste des modifications et des ajouts que souhaitait apporter le gouvernement aux programmes d'aide existants.

Là encore, les libéraux n'ont pas eu gain de cause. Le chef intérimaire du Parti conservateur, Andrew Scheer, a alors jeté l'opprobre sur le gouvernement, accusant les troupes du premier ministre Justin Trudeau d'avoir tardé à présenter le projet de loi, privant du même coup la Chambre du temps nécessaire pour en débattre.

Motions de l'opposition rejetées

M. Scheer a aussi présenté sa propre motion, qui réclamait que les travaux parlementaires soient suspendus pour environ 15 minutes, et reprennent à 15 h. Mais, incapable d'obtenir à son tour le consentement unanime des députés, le chef conservateur a dû accepter la défaite.

Même chose pour Alain Therrien, député du Bloc québécois, qui a tenté à son tour de présenter une motion. Cette fois, les travaux parlementaires auraient été suspendus, soit, mais la reprise des échanges ne se serait faite qu'en vertu d'un consensus entre les leaders des partis et le président de la Chambre, Anthony Rota.

Comme à l'égard de la motion de M. Scheer, il a été possible d'entendre un « non » bien audible du côté des banquettes libérales lorsque M. Rota a vérifié si la motion du Bloc obtenait le consentement unanime des députés.

Puisque nous ne sommes pas en mesure de poursuivre les délibérations, les travaux sont suspendus et reprendront le mercredi 17 juin, a déclaré par la suite le président de la Chambre, mettant du même coup fin à la séance.

M. Rodriguez a par la suite réagi dans un courriel; il y accuse l'opposition d'avoir refusé d'appuyer une loi pour aider les employés à garder leur emploi, aider les personnes vivant avec un handicap, lutter contre les fraudes à la PCU et offrir une flexibilité pour les délais dans certains domaines [...].

Même lorsqu'on a proposé de garder seulement l'aide aux personnes vivant avec un handicap, les conservateurs ont refusé, lit-on encore dans le message.

M. Rodriguez s'est aussi tourné vers les réseaux sociaux et a affirmé que « les gens payent le prix de la partisanerie », notamment celle du Parti conservateur, a-t-il écrit.

Ce à quoi le lieutenant québécois du Parti conservateur, Alain Rayes, a répondu que son parti réclamait une mise à jour économique et la reprise des travaux réguliers de la Chambre pour pouvoir étudier adéquatement les projets de loi.

Les libéraux ont levé le nez sur nos demandes. Qui est déraisonnable, ici?, a-t-il ajouté dans son tweet.

Trop tôt pour une mise à jour, dit Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau a répété mardi que le gouvernement n'était pas en mesure en ce moment de présenter une mise à jour économique, parce que la situation actuelle est trop incertaine pour présenter des projections fiables.

Quant aux travaux ordinaires du Parlement, ils sont ajournés jusqu'au 21 septembre, en vertu d'une entente intervenue le 26 mai. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti vert avaient alors approuvé la proposition du gouvernement libéral minoritaire.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a quant à lui fait valoir mardi qu'il craint que les mesures coercitives visant les fraudeurs de la PCU n'entraînent une criminalisation des gens les plus démunis. Les gens qui n'étaient pas sûrs de pouvoir recevoir la PCU sont maintenant en péril d'être des criminels, a-t-il dénoncé.

Selon le chef du NPD, le gouvernement devrait utiliser le système de fiscalité pour récupérer cet argent, mais pas pénaliser les gens avec des amendes et de la prison.

Il n'a cependant pas dit clairement, mercredi, à quelles conditions il serait prêt à donner son consentement au projet de loi du gouvernement. À la Chambre des communes, il a plutôt pressé le gouvernement de prolonger la PCU, comme le souhaite le NPD. Le premier ministre Trudeau ne s'est pas avancé à ce sujet.

Trudeau n'est pas majoritaire, rappelle Blanchet

S’adressant à la presse peu après M. Rodriguez, mercredi matin, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a dénoncé pour sa part que le gouvernement Trudeau se comporte comme s’il était majoritaire au Parlement, ce qui n’est pas le cas.

Et contrairement à ce qu'a affirmé le leader du gouvernement en Chambre, mercredi avant la période de questions, il n'y a eu que peu de discussions avec les partis d'opposition depuis qu'une copie du projet de loi leur a été remise samedi, a soutenu M. Blanchet.

Lorsque le gouvernement Trudeau collaborait avec le Bloc québécois et les autres formations politiques, les mesures étaient adoptées rapidement et efficacement. Depuis qu’il fait la "baboune", elles ne le sont plus, a-t-il argué.

Alors, je lui suggère de ne plus faire la baboune, de parler aux oppositions et on va arriver à quelque chose, parce que tout le monde veut le bien de tout le monde.

Toujours selon M. Blanchet, il importe que le gouvernement arrime mieux la Prestation canadienne d'urgence au programme de Subvention salariale, afin que la relance économique se fasse plus efficacement.

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