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Les maires du Restigouche lancent un appel à la compassion pour leur région

Charles Bernard parle dans un micro devant les journalistes.

Le maire de Balmoral, Charles Bernard, a lancé la conférence de presse au nom du Forum des maires du Restigouche.

Photo : Radio-Canada

Le Forum des maires du Restigouche, au Nouveau-Brunswick dénonce une «inaction» du gouvernement et des députés locaux quant aux propos «quasi répugnants» qui ciblent la population de la région aux prises avec une éclosion de COVID-19.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

En conférence de presse, mercredi midi, les maires du Restigouche et des représentants de Districts de services locaux demandent l’appui de leurs députés et du gouvernement provincial.

La région, expliquent-ils, se voit refuser des biens et des services depuis quelques semaines. Des résidents du Restigouche qui se rendent dans d’autres régions de la province essuient un refus quand ils se présentent à certains commerces et établissements de services.

Il n’y a aucune raison pour que le Restigouche soit considéré comme une zone sinistrée. On n’est pas une zone sinistrée. On n’a pas demandé pour ce virus-là. Le virus a été transporté ici. Il est sous contrôle. [...] Il y a 5700 personnes qui ont été testées. Elles ont toutes été testées négatives, affirme le maire de Balmoral, Charles Bernard.

Huit personnes, dont plusieurs portant un masque artisanal, donnent une conférence de presse devant un édifice.

Les maires du Restigouche demandent aux autres régions du Nouveau-Brunswick de faire preuve d'une plus grande compassion envers envers la population qu'ils représentent.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Plusieurs résidents du Restigouche rapportent que des opérations et autres soins de santé prévus ailleurs dans la province ont été annulés ou reportés parce qu'ils habitent dans cette région. C'est le cas de la mère et de la tante de Stacy Doiron qui doivent se rendre à Bathurst tous les mois pour recevoir des soins.

C'est sûr que c'est décevant. Ça fait mal. On dit tout le temps qu'on est tous ensemble pendant cette pandémie puis soudainement on se sent isolé. Et au point de vue de services médicaux, c'est sûr à 100% que ça fait peur. Va-t-il falloir que quelqu'un meure?, affirme Stacy Doiron.

Le Forum des maires assure que les personnes ayant la COVID-19 dans le Restigouche sont en auto-isolement. Il ne faut pas stigmatiser tous les habitants de la région, disent-ils.

« Il faut revenir sur Terre et il faut que notre gouvernement et les députés nous défendent et règlent le problème de cette folie-là provinciale qui se passe présentement. »

— Une citation de  Charles Bernard, maire de Balmoral

Le premier ministre Blaine Higgs a déclaré, mercredi après-midi, que ce n'est pas le moment de montrer du doigt les gens qui habitent dans la région où il y a des cas de COVID-19. La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell, a aussi lancé, mercredi, un appel à la compassion pour la population du Restigouche. Selon elle, les préjugés et la discrimination dont il est question sont alimentés par la peur et l’incompréhension et ils doivent cesser.

Les gens du Restigouche respectent les consignes de santé publique, selon le Forum des maires. Ces derniers rappellent que plusieurs commerces sont fermés dans la région pour cette raison.

Plaidoyer pour une bulle régionale

Le Forum des maires demande aussi la création d’une «bulle» avec les communautés voisines de Pointe-à-la-Croix et de Listuguj, au Québec. Le maire Bernard rappelle que l’Île-du-Prince-Édouard montre une ouverture envers le passage de touristes en direction des Îles-de-la-Madeleine.

On n’a pas de problème avec ça. Alors, pourquoi empêcher les gens de l’autre côté de la rivière, qui vivent pratiquement en relation avec nous tous les jours et qui respectent les règles? Tout le système de contrôle est là. C’est facile à contrôler. Les gens entrent, on prend les informations nécessaires. Ils font leurs affaires et retournent. Qu’est-ce qui empêche ça? On est en train de nous tuer au niveau économique, ajoute Charles Bernard.

Avec des renseignements de Serge Bouchard

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