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La réduction du financement de la police réclamée à Windsor

Une voiture de police de Windsor

Des militants et un élu demandent que la police de Windsor soit amputée d'une partie de son budget pour le redistribuer dans des ressources sociales.

Photo : Radio-Canada / (Chris Ensing/CBC)

Radio-Canada

Des groupes de militants de Windsor et un élu joignent leur voix pour demander la réduction du budget de la police de Windsor dans la foulée de la mort de George Floyd aux États-Unis et des nombreuses manifestations contre le racisme qui en ont découlé partout à travers le monde.

Les appels à la réduction du financement des forces de police se sont multipliés lors des protestations déclenchées par la mort de George Floyd et Breonna Taylor aux États-Unis, et celle de Regis Korchinski-Paquet et d'Andre Campbell au Canada.

Ces manifestations ont suscité des conversations sur la brutalité policière et soulevé des questions sur le rôle de la police dans la société.

À Windsor, plus de 20 % du budget de fonctionnement de la ville est alloué aux services de police, alors que seulement 7 % environ sont consacrés au développement communautaire et aux services de santé.

Princesse Doe est étudiante en deuxième de droit à l'Université de Windsor. Selon elle, grandir en tant que personne noire signifie que vous serez traité différemment, en particulier par la police.

Si vous êtes une personne noire, si vous êtes autochtone ou une personne de couleur, lorsque vous grandissez, vous savez immédiatement que vous allez être traitée et perçue différemment d'une personne blanche et vous n’allez pas vous sentir en sécurité en présence de la police, croit Mme Doe.

En tant que présidente et coprésidente de Making it Awkward, un groupe de défense dirigé par des étudiants qui s'attaque au racisme anti-noir, Mme Doe veut éduquer et sensibiliser les gens aux besoins de la communauté noire.

Plus de 60 % des appels au service de police concernent des questions sociales

Alors que la santé mentale, le logement et les dépendances sont les principales préoccupations de Windsor-Essex, Mme Doe affirme que la Ville ferait mieux d'investir dans les services publics et dans les services aux ménages à faible revenu, avec comme objectif améliorer le bien-être et assurer la sécurité de ces communautés.

Le conseiller municipal du quartier 3, qui siège au conseil de police, rapporte que des conversations en ce sens se poursuivent depuis un certain temps. Il ajoute que personnellement il appuie l'idée de réaffecter des fonds hors du service de police.

Nous nous sommes trop éloignés de ce qu'est le rôle principal de la police et nous nous occupons maintenant de beaucoup plus de problèmes sociaux dans notre communauté, croit Rino Bortolin.

Plus de 60 % des appels de service à la police de Windsor sont liés à l'itinérance, aux toxicomanies et à la santé mentale, précise l'élu.

Nous ne faisons pas ce qu'il y a de mieux pour nos résidents si nous envoyons des agents de police en situation de crise de santé mentale, affirme-t-il.

La première étape, selon lui, est de commencer à financer les services communautaires qui sont les mieux équipés pour traiter ces questions, en particulier ceux qui comprennent des experts de première ligne comme les travailleurs sociaux ou les psychologues.

Un homme avec une chemise bleue avec des maisons et des voitures en arrière-plan.

Le conseiller municipal Rino Bortolin se dit en faveur de rediriger une partie du budget du Service de police de Windsor vers des ressources sociales.

Photo :  CBC / Jason Viau

Une proposition qui ne fait pas l'unanimité

Pour sa part, le maire de Windsor s'est dit ouvert à une conversation sur la question, mais il n'est pas certain que de réduire le financement de la police soit la solution.

Je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui seraient préoccupées par l'idée de réduire le financement des services de police, explique Drew Dilkens.

De mon point de vue, nous devons nous assurer que nous avons une protection policière adéquate pour les citoyens de notre communauté et que nous nous attaquons également aux inégalités sociales et économiques que nous voyons dans la communauté, ajoute-t-il.

M. Dilkens affirme qu'il s'efforce d'augmenter la diversité du personnel dans la police afin de se rapprocher des communautés.

Mardi, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a déclaré qu'il ne croyait pas à la réduction du financement de la police.

Je pense que nous avons besoin d'une police forte au sein des communautés, a affirmé M. Ford. Ce que nous devons faire, c'est avoir des standards plus élevés, nous devons nous concentrer sur plus de formation.

Bien que Mme Doe comprenne que le concept semble radical, elle souhaite qu'il y ait une conversation sérieuse sur l'investissement dans des solutions alternatives qui pourraient mieux répondre aux besoins des gens.

Je pense qu'il faut parler de demandes spécifiques et que nous devons commencer à réfléchir à ce à quoi pourrait ressembler la réduction du financement de la police pour Windsor, juge-t-elle.

Avec les informations de CBC

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