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PEQ : « Jolin-Barrette met fin à mes rêves », dénonce un étudiant étranger

Une centaine de manifestants se sont réunis à Québec mercredi matin.

Une centaine de manifestants se sont réunis à Québec mercredi matin, dont le député solidaire Andrés Fontecilla.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier

Une centaine de personnes ont manifesté mercredi matin à Québec contre la nouvelle réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Parmi eux, des étudiants étrangers qui voient leur rêve brisé de s’établir chez nous.

Selon la version la plus récente de la réforme, tout diplômé du Québec devra posséder une à trois années d’expérience de travail avant de pouvoir présenter une demande de résidence permanente.

En plus des manifestants, l’avocat Julius Grey, les députés Catherine Fournier, Andrés Fontecilla et d’autres signataires d’une lettre publiée mercredi matin dénoncent ce coup de grâce à des dizaines de milliers d’immigrants .

Ils craignent que plusieurs étudiants étrangers se désistent de faire leurs études au Québec avant de potentiellement s’y installer.

Le rêve brisé

S’établir au Québec, c’est d’ailleurs le rêve d’Ibrahima Kone, originaire de la Côte d’Ivoire. Étudiant au doctorat en communication publique à l’Université Laval, le manifestant craint de devoir patienter 10 ans avant d’espérer obtenir sa résidence permanente, puisqu'il est aux études supérieures.

Le Canada, l'Université Laval ont une bonne réputation à l'international. C'est ça qui m'a attiré. Je me suis dit que c'est ici que je veux m'établir après ma thèse. Mais Simon Jolin-Barrette met fin à mes rêves. Et ça, je dis non, déclare-t-il.

Au nom de tous les étudiants internationaux, nous demandons au gouvernement de retirer carrément cette proposition. Nous leur demandons d'écouter ces milliers d'immigrants qui sont venus ici, qui croient au Québec.

Ibrahima Kone, étudiant au doctorat en communication publique à l’Université Laval

Des cégeps et des universités, en partie financés par les frais de scolarité élevés de ces étudiants internationaux, seront aussi perdants, déplorent les opposants à la réforme.

Le Québec pouvait se targuer d’être une province où il était plus facile de s’installer après ses études, ce ne sera désormais plus le cas. Pour le Québec, cela a des conséquences bien concrètes : ses établissements d’éducation perdront soudainement leur avantage compétitif, peut-on lire dans la lettre.

Simon Jolin-Barrette lors de la période de questions.

Le ministre Simon Jolin-Barrette en Chambre

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Précarité

La précarité sera aussi plus grande pour les travailleurs étrangers qui préféreront donc s'installer dans les autres provinces canadiennes si la nouvelle réforme du ministre de l'Immigration Simon Jolin-Barrette va de l’avant.

Là où le reste du Canada demande un an d’expérience professionnelle (voire moins, dans certaines provinces) avant de pouvoir faire une demande de résidence permanente, le Québec demandera désormais trois ans. Pourtant, la plupart des permis de travail ouverts ne couvrent même pas cette durée.

Les signataires d'une lettre dénonçant la nouvelle réforme du PEQ

Le Québec de demain

Les opposants à la réforme du PEQ croient qu’il faut profiter de la pandémie actuelle pour réfléchir au Québec de demain.

Plusieurs générations d’immigrants ont enrichi et fait du Québec un endroit qu’on aime; il est difficile de penser que nous pourrons sortir de la crise de la COVID-19 sans eux. Cette réforme illustre une vision peu ambitieuse de l’avenir de notre province, conclut la lettre.

L'automne dernier, la première version de la réforme du PEQ avait été vivement critiquée par les milieux des affaires et éducatifs, notamment parce que la liste des formations touchées comportait plusieurs incohérences.

Avec les informations de Marie-Pier Mercier

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