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Tuerie de Portapique : appel à une enquête avec « une perspective féministe »

Tartan bleu et vert noué à un poteau le long d'une route rurale.

Un tartan est noué autour d’un poteau dans la petite municipalité de Portapique, en Nouvelle-Écosse, le 26 avril 2020.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

La Presse canadienne

Trois sénateurs de la Nouvelle-Écosse demandent au gouvernement provincial de se joindre à Ottawa pour mener une enquête conjointe sur la tuerie de masse qui a raflé 22 vies en avril dernier, le tout à travers « une perspective féministe » abordant les enjeux sociaux entourant cette tragédie.

Dans une déclaration publiée mardi, les sénateurs Mary Coyle, Colin Deacon et Stan Kutcher confirment avoir fait parvenir une lettre au ministre canadien de la Sécurité publique, Bill Blair, et au ministre néo-écossais de la Justice, Mark Furey.

Les Canadiens ont le droit de savoir ce qui s'est produit, ont-ils plaidé. Une enquête conjointe permettrait selon eux de mieux tirer des leçons de ce drame et d'ajuster des politiques, pratiques et procédures en conséquence.

Le ministre Mark Furey a indiqué la semaine dernière qu'une sorte d'examen ou d'enquête impliquant les deux ordres de gouvernement était en préparation, sans fournir plus de détails sur sa nature. Une annonce était attendue cette semaine.

Mark Furey.

Mark Furey, ministre de la Justice de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Gouvernement de la Nouvelle-Écosse

La lettre des sénateurs réclame une « enquête publique à participation égale » pour explorer des questions au-delà du rôle de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans cette affaire.

Les sénateurs soulignent que le tireur s'en était pris à sa conjointe au début du carnage et c'est pourquoi l'enquête doit selon eux également se pencher sur la violence conjugale.

Dans la foulée d'une tragédie, les signes avant-coureurs deviennent très évidents, mais les forces de l'ordre et les autres répondants doivent être équipés pour intervenir avant que le mal soit fait, peut-on lire dans leur missive.

Parmi les autres questions soulevées par les sénateurs figurent l'impact de la pandémie de COVID-19 et le choix de la GRC d'avoir recours à Twitter plutôt qu'au système d'alerte de la province.

Ils s'interrogent également sur les armes à feu que le tireur avait en sa possession, l'évaluation des menaces et les avertissements concernant ses antécédents violents.

Nous croyons fermement que l'enquête doit porter sur les enjeux sociaux et de sécurité publique liés à cette tragédie, et non pas se concentrer uniquement sur les détails de la façon dont la GRC a réagi au fil des événements, indique leur lettre.

« Une perspective féministe essentielle au succès de l'enquête »

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a déclaré mardi que les discussions se poursuivent avec Ottawa dans le but de garantir que « tous les joueurs seront à la table ».

La Fédération de la police nationale, qui représente les agents de la GRC a publié sa propre déclaration, affirmant que tout type d'enquête fédérale-provinciale devrait avoir une portée étendue.

Quand une tragédie comme celle-ci survient, le fait d'examiner que les heures qui ont requis une intervention policière urgente traduit une vision étroite et insuffisante, a déclaré le président syndical Brian Sauvé.

Plusieurs politiciens, proches des victimes et professeurs à l'Université Dalhousie, entre autres, ont aussi réclamé la tenue d'une enquête publique sur cette tuerie de masse, l'une des pires de l'histoire du Canada.

Amorcé le 18 avril, le bain de sang s'est poursuivi pendant 13 heures dans plusieurs collectivités du nord et du centre de la Nouvelle-Écosse. Un policier de la GRC a finalement abattu le tireur, un denturologiste de 51 ans, dans une station-service d'Enfield, à environ 90 km au sud de Portapique, le matin du 19 avril.

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