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Réouverture de garderies : moins d'enfants, plus d'exigences, une mission impossible?

Des marionnettes d'animaux en feutrine sur une corde à linge.

Fermées depuis le mars, les garderies ontariennes pourront rouvrir vendredi à certaines conditions.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Radio-Canada

La réouverture, permise d'ici quelques jours, des garderies ontariennes soulève des questions sur les conséquences financières de la fermeture forcée et des mesures obligatoires pour assurer la santé et la sécurité des enfants et du personnel.

Elle amène aussi des parents à se demander s'ils sont prêts à renvoyer leur enfant à la garderie sans crainte pour sa santé.

Le gouvernement de Doug Ford a annoncé mardi que les garderies de l'ensemble de la province pourront rouvrir vendredi. De nombreuses conditions sont toutefois imposées.

  • Il ne pourra y avoir plus de 10 enfants et employés à la fois dans une pièce
  • Des mesures de distanciation s'appliqueront quand les parents viennent conduire et chercher leur enfant
  • Les enfants et les employés devront subir un dépistage avant d'entrer dans les locaux
  • Le nettoyage sera plus intense et fréquent
Des enfants dans une garderie

La province exige plus de nettoyage, du dépistage à l'entrée et moins d'enfants et de personnel dans un espace donné.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ambivalence parmi les parents

Anick Lamarche, une orthophoniste de Hamilton, est mère célibataire d'un fils de deux ans. Elle reconnaît que la conciliation travail-famille est difficile, depuis le début du confinement, et génère son lot de culpabilité.

Oui, ça me soulagerait d'avoir un système auquel me fier pour prendre soin de mon bébé, dit-elle, mais je ne veux pas l'exposer à des trucs plus que nécessaire. Pour le moment, elle préfère garder son enfant à la maison. Mme Lamarche est consciente, toutefois, que si elle doit retourner travailler en personne, le choix s'imposera de lui-même.

Danielle Milley, dont la fille vient d'avoir deux ans, a été saisie de constater que les garderies n'ont eu quelques jours de préavis. Ils ont donné plus de temps aux restaurants ailleurs qu'à Toronto pour se préparer qu'aux garderies, a-t-elle déclaré.

Elle n'est pas non plus tout à fait à l'aise avec l'idée de renvoyer son enfant à la garderie dès maintenant, mais reconnaît que puisqu'elle et son conjoint travaillent à temps plein, ils ont besoin du service.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Plus d'argent nécessaire

Carolyn Ferns, de l'Ontario Coalition for Better Child Care (Coalition ontarienne pour de meilleurs services de garde), estime elle aussi que la décision du gouvernement annoncée à trois jours d'avis représente tout un défi.

Carolyn Ferns, de l'Ontario Coalition for Better Child Care, en entrevue.

Carolyn Ferns, de l'Ontario Coalition for Better Child Care

Photo : CBC/Greg Bruce

C'est vraiment ridicule de penser que les garderies peuvent se débrouiller pour rouvrir en quelques jours sans financement supplémentaire.

Carolyn Ferns, coordonnatrice des politiques publiques, Ontario Coalition for Better Child Care

Le regroupement, en collaboration avec l'Association of Early Childhood Educators Ontario (association des éducateurs en garderie), a fait des recommandations au gouvernement en prévision de la réouverture des services de garde.

Les deux associations réclament un financement d'urgence substantiel de la province pour permettre aux services de garde de rouvrir de façon sécuritaire.

Un éducateur prend la température d'un enfant dans une garderie.

Des éducateurs s'inquiètent des répercussions qu'auront les mesures sanitaires sur leur travail, selon leur association.

Photo : Associated Press / Ted S. Warren

Alana Powell, coordonnatrice de l'Association of Early Childhood Educators Ontario, souligne qu'un sondage auprès de presque 4000 éducateurs et employés des services à la petite enfance a démontré que ceux-ci s'inquiétaient d'un manque de soutien et d'une charge de travail accrue en raison des mesures sanitaires.

La capacité à se protéger et à obtenir de l'équipement de protection individuelle est également une source de préoccupation.

En fin de compte, si la province ne paie pas pour tout ça, qui paiera? Ce seront les parents.

Alana Powell, coordonnatrice de l'Association of Early Childhood Educators Ontario

Une porte-parole du ministère a précisé mardi que la province ferait une annonce prochainement au secteur des garderies au sujet des tarifs.

L'Ontario Coalition for Better Child Care pense aussi que les écoles, les centres de loisirs et les aires extérieures pourraient être utilisés pour permettre la distanciation physique et que le ratio enfants-éducatrice pourrait être réduit pour assurer la qualité des services.

Avec les informations de Colin Côté-Paulette, de Julie-Anne Lamoureux, de CBC et de La Presse canadienne

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