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« Le racisme n'existe pas ici » : manifester dans les petites villes de l'Alberta

Des manifestants tiennent une banderole sur laquelle est inscrite Black Lives Matter avec leurs poings en l'air.

Des manifestants défilent dans les rues de Brooks en soutien au mouvement Black Lives Matter.

Photo : Karen Tekabe / Facebook

Stéphanie Rousseau

En Alberta, des manifestations en soutien au mouvement Black Lives Matter organisées dans des localités rurales ont reçu des accueils critiques d'habitants qui jugent que le racisme n’existe pas dans leurs communautés.

Pour Karen Tekabe, l'organisatrice de la manifestation Black Lives Matter (BLM) qui a eu lieu dimanche à Brooks, il était primordial que le débat ne reste pas concentré dans les villes. Elle dit n'avoir jamais vécu de racisme avant de quitter Vancouver pour s'installer dans cette petite municipalité rurale où l'employeur principal est un abattoir qui emploie de nombreux immigrants.

Les gens assument que je ne parle pas anglais, ou que je suis née ailleurs à cause de la couleur de ma peau ou disent que je ne mérite pas les postes que j'obtiens.

Karen Tekabe, manifestante à Brooks

Dimanche, quelques centaines de personnes ont manifesté à Brooks pour mettre ces enjeux en lumière dans la municipalité rurale.

Certaines personnes nous ont fait des commentaires comme toutes les vies sont importantes ou retournez dans votre pays si vous n'aimez pas ça ici, dit Karen Tekabe.

Le déni du racisme

À Innisfail, une manifestation qui devait avoir lieu en fin de semaine a été repoussée après de nombreux commentaires en ligne de résidents.

L'organisatrice Brittany Bovet explique qu'on lui a dit que c'était un problème urbain et que le racisme n'existait pas à Innisfail.

Les gens ont dit que les manifestations n’ont pas leur place ici. Qu'il n'y a pas de racisme ici et ils me demandaient pourquoi j'amène ce problème dans notre communauté, explique Brittany Bovet. De voir les discussions que cela suscite montre, je pense, le besoin d’une manifestation, dit-elle.

Questionné sur l'existence d'un racisme systémique en Alberta, le premier ministre Jason Kenney n'a pas répondu directement à la question : Je dirais à ceux qui disent qu’il n’y a pas de racisme en Alberta qu’ils ont tort et ils doivent écouter les expériences vécues par les Albertains noirs et d’autres minorités.

Karen Tekabé croit que ces manifestations locales peuvent aider à faire bouger les débats et susciter une plus grande prise de conscience. La manifestation de dimanche à Brooks n’est qu’un début, pense-t-elle, tout en espérant que l’événement revienne chaque année.

Je suis vraiment fière de la communauté de Brooks. Dimanche, il n’y avait pas que des Noirs, il y avait des gens de toutes les races et couleurs de peau et je pense que cela envoie le message qu’il y a beaucoup de soutien et d’amour ici pour les gens de couleurs, dit-elle.

C’est un début qui permettra des discussions et du changement. Nous devons continuer de débattre et partager nos expériences pour faire bouger les choses, ajoute-t-elle.

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