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Des campements de sans-abri de Winnipeg seront démantelés

Robert Russell debout devant plusieurs tentes plantées sur un terrain jouxtant un bâtiment.

Robert Russell ne sait pas où il habitera une fois le camp démantelé, mais il dit qu'il est « plutôt résilient ».

Photo :  CBC / Austin Grabish

Radio-Canada

Robert Russell se prépare à perdre sa maison. L’homme de 55 ans vit dans une tente dans un campement en voie d'être démantelé et situé à l’extérieur des bureaux de la Fédération métisse du Manitoba (MMF).

Les occupants de ce campement de sans-abri, installé près du pont Disraeli, et de celui de la rue Austin s’attendent à ce que la Ville démantèle leurs installations mercredi.

La Ville a pris cette décision à la suite des menaces de poursuites de la part de la MMF, dont le quartier général se situe à quelques mètres des deux campements.

Où aller? On va finir dans la cour de quelqu’un dans Charleswood ou River Heights ou n’importe où, et ça va créer du désordre, déclare Robert Russell, qui habite dans le campement de la rue Lily depuis décembre dernier.

L'ancien cuisinier de métier raconte qu’il a choisi de vivre dans un campement plutôt que dans une chambre d’hôtel que l’aide sociale lui paierait parce que les conditions de vie y sont, selon lui, déplorables.

Cet endroit [l'hôtel] est pire qu’un dépotoir, affirme-t-il. Il y a des souris, des rats, des coquerelles, des punaises de lit, les portes ne se verrouillent pas.

Selon Robert Russell, qui a habité à Vancouver, à Toronto et à Calgary, Winnipeg est l’une des villes les plus dures envers les sans-abri. Il a l’impression qu’il y a trop de règlements, notamment les heures d’enregistrement obligatoires dans les refuges, qui empêchent des personnes comme lui de se remettre sur pied.

Si on travaille le soir, on n’aura peut-être pas de lit. Donc, il faut choisir : "Est-ce que je travaille ou est-ce que je dors cette nuit?", explique-t-il.

La Ville a accepté de démanteler le campement après avoir reçu des plaintes de la MMF et d’organismes comme Main Street Project et End Homelessness Winnipeg, qui travaillent à loger les sans-abri.

Toutes les parties ont convenu que ces campements représentaient une menace pour la vie et la sécurité des résidents en raison de problèmes croissants de violence et d’abus, de même que de risques d’incendie et de problèmes sanitaires, explique Kristiana Clemens, la directrice des communications d'End Homelessness Winnipeg.

Kristiana Clemens, en entrevue sur le trottoir d'un quartier résidentiel.

Kristiana Clemens explique que les deux campements présentent un risque pour la santé et la sécurité des occupants.

Photo : Trevor Brine CBC

Elle reconnaît que la situation est compliquée et que les organismes essaient de respecter les droits des occupants tout en assurant la sécurité. Ces personnes doivent avoir des solutions dans leur droit à l’hébergement, croit Kristiana Clemens. Or, les options sont limitées par divers facteurs sociaux de notre ville, dont le grand nombre de familles ayant des besoins urgents de logement, le manque de ressources pour les gens à faible revenu et l'absence d’hébergement supervisé approprié.

Le soutien des organismes communautaires

Le chef de la police de Winnipeg, Danny Smyth, affirme que la police ne dirigera pas l’opération.

Je ne crois pas que ce serait approprié de le faire, dit-il. Nous apporterons notre support pour assurer que les choses se déroulent pacifiquement, mais je ne pense pas que ce soit notre rôle d’évacuer le campement.

La décision de démanteler le camp montre un changement de la part de la Ville.

L’an dernier, un appel d’offres avait été lancé pour trouver une entreprise qui nettoierait les terrains de la Ville. Le projet avait rencontré l’opposition des personnes sans-abri et des groupes de défense communautaires, ce qui avait conduit la Ville à revenir sur sa décision.

La porte-parole de la Ville, Julie Dooley, a déclaré qu’un groupe de travail pour les sans-abri de Winnipeg s’est réuni la semaine dernière, et qu’il a été alors convenu que les occupants de ces deux camps recevraient un avis leur accordant un minimum de six jours pour quitter les lieux.

Un camp de sans-abri devant un bâtiment portant le sigle de la Fédération métisse du Manitoba.

La Ville n'a pas indiqué comment elle procéderait pour le démantèlement du camp, qui devrait avoir lieu mercredi.

Photo :  CBC / Austin Grabish

Les organismes communautaires siégeant au comité sont mobilisés pour mettre en lien les personnes sans-abri avec des aides appropriées, comme de l’hébergement supervisé. Ils se sont également engagés à organiser l’entreposage de biens qui serait nécessaire, affirme Julie Dooley.

Elle dit également que ce sont des employés municipaux, et non un sous-traitant, qui ramasseront les objets laissés sur place après le départ des sans-abri.

Le groupe évalue la situation d’autres campements de Winnipeg, qui pourraient être aussi démantelés.

Avec les informations d'Austin Grabish

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