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Théâtre du Rideau Vert : le Conseil des arts réagit à l’indignation de Denise Filiatrault

Denise Filiatrault porte des lunettes et est assise sur un banc dans une salle de théâtre vide.

Denise Filiatrault au Théâtre du Rideau Vert

Photo : Radio-Canada

Fanny Bourel

Denise Filiatrault, la directrice artistique du Théâtre du Rideau Vert, a publié une lettre, lundi, dans laquelle elle s’indigne de la décision du Conseil des arts du Canada (CAC), qui n’a pas accepté la demande de subvention d’aide au fonctionnement de ce théâtre montréalais. Le CAC affirme que cette décision a été prise par un jury composé de gens de théâtre.

Plus de 200 personnes ayant un lien avec le milieu culturel, dont la comédienne Anne-Marie Cadieux et le metteur en scène Serge Denoncourt, ont signé cette lettre en soutien au Théâtre du Rideau Vert, qui affiche plus de 70 ans d’existence. 

En tant que directrice artistique de ce théâtre depuis 2004, je conçois difficilement les raisons qui perpétuent un tel refus à nous octroyer les fonds essentiels au maintien de l’excellence artistique, au développement et à la prise de risques, à l’instar des autres institutions, a écrit Denise Filiatrault, qui estime que le Théâtre du Rideau Vert est « le seul de son importance à subir ce désaveu de la part du CAC ».

Je suis indignée de voir notre théâtre subir un tel traitement.

Denise Filiatrault

Une demande publique d’explications

Depuis 2009, le Théâtre du Rideau Vert n’a plus accès aux subventions d’aide au fonctionnement, même s’il a reçu des subventions du CAC pour certains projets. Il ne comprend pas pourquoi sa demande vient d’être refusée pour la septième fois en 10 ans, et ce, malgré ses efforts pour se plier aux exigences du CAC. 

En plus de vouloir la reconnaissance du CAC, il souhaiterait pouvoir mieux rémunérer les artistes et donner à ses productions une plus grande latitude budgétaire en obtenant une subvention d’aide au fonctionnement. Lors du dépôt des demandes de subvention, l’automne dernier, le montant de l’aide sollicitée s’élevait à 300 000 $ par an. 

On veut savoir, on ne comprend pas ce qui se passe, demande Céline Marcotte, directrice générale du Théâtre du Rideau Vert. Expliquez-nous s’il y a d’autres raisons.

Celle qui est à la tête de cet établissement culturel depuis 2008 explique que le Théâtre du Rideau Vert a connu des problèmes financiers au début des années 2000. Mais, depuis, le Théâtre a assaini ses finances. On est en situation de surplus budgétaire. Le théâtre rayonne, le public est au rendez-vous, souligne Céline Marcotte, qui réclame la fin de 10 ans de pénitence.

Des décisions prises par des gens de théâtre

Simon Brault, directeur et chef de la direction du CAC, comprend la déception du Théâtre du Rideau Vert. 

Toutefois, il affirme que la décision n’a pas été prise par une personne du CAC, mais par un jury composé de 5 à 7 personnes issues du milieu du théâtre francophone.

Les demandes des théâtres sont évaluées par leurs pairs, explique-t-il, précisant que le jury est différent chaque fois et que le CAC ne fait que suivre la recommandation du jury. 

Obtenir une subvention d’aide au fonctionnement n’est pas un droit, mais c’est le fruit d’une évaluation basée sur des jours d’analyse et de discussion, ajoute-t-il.

Selon Simon Brault, les 1200 organisations culturelles qui reçoivent des subventions pour des projets spécifiques de la part du CAC aimeraient être à la place des 900 organismes qui voient leur fonctionnement de base être subventionné. La pression est constante, dit-il, précisant aussi que le taux de succès est bas et qu’une rétroaction est fournie à chaque candidature refusée.

Simon Brault porte une veste sombre et une chemise blanche.

Simon Brault, directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada

Photo : Conseil des arts du Canada

Pas un désaveu 

Simon Brault affirme que le Théâtre du Rideau Vert affiche un bon bilan financier et présente une qualité de production excellente

D’autres compagnies de théâtre ayant pignon sur rue à Montréal ne reçoivent pas de subvention d’aide à leur fonctionnement.

Simon Brault

La décision du jury du CAC de ne pas octroyer la subvention demandée par le théâtre n’est pas un désaveu. Elle s’explique par le fait que les autres organismes candidats à la subvention ont mieux réussi l’évaluation effectuée par le jury et se sont montrés plus convaincants que le Théâtre du Rideau Vert. 

Le jury évalue plusieurs critères liés au mérite artistique, à la résilience de l’organisme – la bonne gestion financière entre dans cette catégorie – et son impact sur la communauté, qui inclut notamment la capacité de la programmation du théâtre à refléter les préoccupations sociales. La taille de la compagnie de théâtre ou son ancienneté n’entrent pas en ligne de compte. 

Il y a quelque chose dans l’argumentaire, dans la façon de présenter la demande, qui n’a pas répondu aux attentes du jury, résume Simon Brault.

Invitant le Théâtre du Rideau Vert à comprendre les commentaires du jury qui lui seront transmis et à persister en présentant ultérieurement une nouvelle demande, Simon Brault rappelle que des institutions culturelles comme le Centre canadien d’architecture ou la Tohu ont elles aussi longuement patienté avant de décrocher une subvention d’aide à leur fonctionnement.

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Grand Montréal

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