•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une étude suggère l’existence du coronavirus en Chine dès août 2019

Des travailleurs de la santé en tenue de protection dans un hôpital en Chine.

Le personnel médical à l'hôpital de la Croix-Rouge à Wuhan, dans la province centrale du Hubei en Chine le 28 février 2020.

Photo : Getty Images / STR

Radio-Canada

Le nouveau coronavirus pourrait avoir été présent en Chine dès le mois d’août 2019, selon une étude qui analyse entre autres le trafic à l'extérieur des hôpitaux de Wuhan.

Les chercheurs de la Harvard Medical School affirment avoir eu recours aux images satellitaires à haute résolution des aires de stationnement de ces hôpitaux en les croisant avec des requêtes sur les moteurs de recherche au sujet de symptômes tels que la toux et la diarrhée.

La hausse de la fréquentation hospitalière et des données sur la recherche de symptômes à Wuhan a commencé avant le début présumé de la pandémie de SRAS-CoV-2 en décembre 2019, mentionne cette étude, qui n'a toutefois pas été soumise au processus de révision par les pairs.

Les auteurs de la recherche ont comparé des données recueillies par des satellites commerciaux à l’extérieur de cinq hôpitaux de Wuhan à la fin de l'été et de l'automne 2018 avec celles de la même période en 2019.

Dans un cas, les chercheurs ont compté 171 voitures garées devant l'un des plus grands hôpitaux de Wuhan, l'hôpital Tianyou, en octobre 2018.

Les données satellites de la même période en 2019 ont montré 285 véhicules au même endroit, soit une augmentation de 67 %, notent-ils.

Images satellites d'un stationnement de l'hôpital Tianyou de Wuhan en octobre 2018 (à gauche) et octobre 2019.

Images satellites d'un stationnement de l'hôpital Tianyou de Wuhan en octobre 2018 (à gauche) et octobre 2019.

Photo : Université de Harvard

S’ajoute à cela une recrudescence de requêtes en ligne avec des mots associés aux symptômes du coronavirus sur le moteur de recherche chinois Baidu au même moment.

Il s'agit d'un ensemble croissant d'informations indiquant que quelque chose se passe à Wuhan à l'époque, explique à Dr John Brownstein, qui a dirigé les recherches.

Les auteurs de l’étude reconnaissent toutefois ne pas être en mesure de confirmer que l'augmentation de ces volumes est directement liée au coronavirus.

Nos résultats, disent-ils, viennent appuyer d'autres travaux récents montrant qu'il est apparu avant sa détection sur le marché de fruits de mer de Huanan [à Wuhan].

Il est clair qu'il y a eu un certain niveau de perturbation sociale bien avant ce qui a été précédemment identifié comme le début de la nouvelle pandémie de coronavirus.

Dr John Brownstein

De nombreuses études sont encore nécessaires pour découvrir pleinement ce qui s'est passé et pour que les gens apprennent réellement comment ces épidémies se développent et apparaissent dans les populations, convient cependant le Dr Brownstein. Il s'agit donc juste d'un autre élément de preuve.

Deux membres d’une équipe médicale en tenue de protection examinent un téléphone.

Le 19 mars 2020, le personnel médical de l'hôpital de Wuhan examine des données sur un téléphone cellulaire dans une unité de traitement de la COVID-19.

Photo : Getty Images / STR

Intéressant, mais…

Pour Paul Digard, virologue à l'université d'Edimbourg, l'utilisation des données des moteurs de recherche et des images satellitaires du trafic autour des hôpitaux est une idée intéressante qui a une certaine validité. Toutefois, souligne-t-il, ces données sont seulement corrélatives.

Keith Neal, professeur d'épidémiologie des maladies infectieuses à l'université britannique de Nottingham, abonde dans le même sens.

C'est un travail intéressant, mais je ne suis pas sûr qu'il nous fasse avancer beaucoup plus.

Pr Keith Neal, Université de Nottingham

Le professeur Neal souligne aussi que l'étude inclut la circulation autour d'au moins un hôpital pour enfants. Or, si les enfants ont tendance à attraper la grippe, c'est moins le cas avec la COVID-19, précise-t-il.

Paul Digard souligne également qu'en se concentrant uniquement sur les hôpitaux de Wuhan, déjà connus pour être l'épicentre de l'épidémie, cette étude force la corrélation.

Il aurait été intéressant - et peut-être beaucoup plus pertinent - d'analyser ces données dans d'autres villes chinoises en dehors de la région du Hubei, a-t-il ajouté.

Une étude ridicule , dit Pékin

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a rejeté en bloc mardi les résultats de cette étude.

Je pense qu'il est ridicule, incroyablement ridicule, d'arriver à cette conclusion en se basant sur des observations superficielles comme le volume de fréquentation [hospitalière]

Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères

Le 31 décembre 2019, les autorités chinoises ont signalé des cas de pneumonie de cause inconnue à l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Neuf jours plus tard, elles faisaient état d’un nouveau coronavirus (appelé plus tard SRAS-CoV-2, le virus à l'origine de la COVID-19) dans plusieurs des cas de pneumonie.

Wuhan et d'autres villes chinoises ont été fermées le 23 janvier 2020.

Le 30 janvier 2020, l'OMS a déclaré la COVID-19 une urgence de santé publique de portée mondiale, après la confirmation de 82 cas en dehors de la Chine.

Selon l'Université Johns Hopkins, plus de 7 millions de personnes ont depuis été infectées par le virus mortel, avec plus de 404 000 décès dans le monde et plus de 110 000 aux États-Unis.

Avec les informations de Reuters, CNN, et BBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Santé publique

International