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De nombreux aînés en résidences privées doivent payer des services non reçus

L’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées dénonce les pratiques de certaines résidences privées pour aînées de la région.

Les couloirs du CHSLD Vittie-Desjardins, à Granby.

L’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées dénonce les pratiques de certaines résidences privées pour aînées de la région (archives).

Photo : Radio-Canada / Bertrand Galipeau

Radio-Canada

Depuis quelques jours, l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) reçoit plusieurs appels d'aînés en résidences privées qui ont dû payer des frais pour des services qu'ils n'ont jamais reçus durant la pandémie.

Selon l’AQDR, des résidents auraient continué à payer des services qu’ils ne recevaient plus en raison de la crise de la COVID-19, comme des services d’entretien ménager, des activités de loisirs ou encore des collations. Un montant qui pourrait dépasser les 100 $ mensuels dans le cas des frais de ménage, fait savoir Isabelle Guérard, coordonnatrice de l'AQDR de la région de Sherbrooke.

On a eu plusieurs appels, autant de personnes qui vivent en résidence privée ou des proches qui nous ont contactés, explique Mme Guérard. Selon cette dernière, on retrouve cette problématique partout au Québec. Toutefois, peu de gens veulent parler ouvertement de la situation. Il y a des personnes en situation de grande vulnérabilité à cause de la crise de la COVID-19, dit-elle.

Ce n’est pas tout le monde qui est en mesure de négocier avec les propriétaires. (...) C’est une source de stress énorme pour des personnes en situation de vulnérabilité.

Isabelle Guérard, coordonnatrice de l'AQDR de la région de Sherbrooke

Pas de dialogue avec les résidences

L’AQDR n’a pas eu de dialogue avec des gestionnaires de résidences privées. Elle croit néanmoins que cette facturation pour des services non rendus s’expliquerait par le fait que certaines résidences chercheraient à compenser des frais survenus pendant la pandémie.

La porte-parole de l’AQDR Sherbrooke demande par ailleurs à la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, d’imposer une directive claire concernant l’obtention d’un remboursement à la grandeur de la province.

En temps normal, l’AQDR conseillerait aux aînés lésés de se tourner vers la Régie du logement. Malheureusement, en raison de la pandémie, seuls les cas les plus prioritaires y sont traités. Très peu de personnes aînées se rendent jusqu’à la régie du logement pour des [réclamations] comme celles-ci, regrette Isabelle Guérard.

Le Centre d'assistance et d'accompagnement aux plaintes de l'Estrie accompagne notamment des personnes âgées à entamer des démarches de plainte et à les envoyer au bon endroit. Serge Arel, son directeur, a lui aussi constaté une augmentation d’appels liés à des services non rendus pendant la pandémie. Les appels proviennent autant des résidents eux-mêmes que des membres de leur famille.

Nous, on favorise le dialogue avec les propriétaires ou les directions des résidences privées. Mais on sait que dans les résidences, eux aussi ont du mal à recruter du personnel, souligne-t-il. Mais si nous payons pour des services que nous n’avons pas, nous pouvons être remboursés, martèle-t-il.

Miser sur un système 100 % public?

Questionnée par Radio-Canada Estrie sur la situation, la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, déplore cette pratique de certaines résidences privées.

Ça vient montrer la tendance qu’ont certains de ces établissements à vouloir faire des profits sur le dos des aînés.

Christine Labrie, députée Québec solidaire de Sherbrooke

Mme Labrie se questionne sur l’éventualité de miser sur un système exclusivement public. [Ça] nous permettrait de s’assurer quand les services ne sont pas offerts dans le but de faire du profit, mais de répondre aux besoins des personnes, poursuit-elle.

De son côté, le bureau de la ministre Marguerite Blais a répondu par courriel que c’est une situation qu'il juge inacceptable. Nous avons octroyé 133 millions de dollars aux établissements privés durant la pandémie pour passer au travers de la crise. Cet argent a été justement débloqué pour ne pas que la facture soit refilée aux usagers des résidences privées pour aînés. Ce n’est pas à eux de sortir de l’argent de leur poche durant la crise, écrit-on.

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