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Affaire Epstein : le prince Andrew nie avoir refusé de coopérer

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Le prince Andrew a mis un terme à ses apparitions publiques après une entrevue très critiquée accordée à la BBC en novembre.

Photo : Getty Images / Duncan McGlynn

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le prince Andrew a démenti qu'il refusait de coopérer avec la justice américaine dans l'enquête sur le défunt financier Jeffrey Epstein, ses avocats affirmant lundi qu'il avait proposé au moins trois fois de témoigner dans cette affaire qui plombe la monarchie britannique.

Le deuxième fils de la reine Élisabeth II, 60 ans, est sommé depuis des mois de s'expliquer sur ce qu'il savait des activités de son ami américain, retrouvé pendu dans sa cellule en août 2019, après avoir été accusé d'avoir exploité sexuellement des jeunes filles mineures.

Mais le procureur fédéral de Manhattan Geoffrey Berman, chargé de l'enquête, a affirmé dans un tweet que le prince se présentait faussement au public comme ayant hâte de coopérer à l'enquête [...] alors qu'il avait plusieurs fois refusé un entretien avec les autorités américaines et qu'il les avait informés clairement il y a près de quatre mois qu'il ne se rendrait pas à un tel entretien.

Le secrétaire américain à la Justice, William Barr, a cependant indiqué lundi qu'il n'était pas question d'extrader le fils de la reine vers les États-Unis.

Je crois qu'il est juste question qu'il fournisse des informations, mais je ne vais pas commenter plus avant, a déclaré le procureur général Barr à Fox News.

La défense du prince à l'offensive

L’équipe de défense du prince a diffusé une longue mise au point après la publication d'informations par le tabloïd The Sun et des médias américains, selon lesquelles la justice américaine a saisi les autorités britanniques pour le contraindre à témoigner.

Le duc d'York a proposé au moins trois fois son assistance en tant que témoin au département de la Justice, ont soutenu ses avocats. Malheureusement, le département de la Justice a réagi à nos deux premières propositions en violant ses propres règles de confidentialité en affirmant qu'il n'avait pas coopéré, ont-ils déploré, accusant le département de vouloir peut-être rechercher de la publicité plutôt que d'accepter l'assistance proposée.

La descente aux enfers du prince avait commencé en août avec la publication aux États-Unis de documents de justice. Une femme, Virginia Roberts, y affirme avoir eu à trois occasions des relations sexuelles avec le prince, auxquelles Epstein l'aurait contrainte, lorsqu'elle avait 17 ans.

Le duc d'York a toujours démenti ces allégations.

La publication d'une photo la montrant à cette époque, enlacée par le prince, a fait le reste, ainsi qu'un autre cliché montrant le prince en train de se promener à New York avec le financier alors même qu'il avait été condamné et emprisonné pour pédophilie, en 2008.

Pour se défendre, Andrew a accordé en novembre une longue interview à la BBC, qui a tourné à la catastrophe, le prince ne montrant aucun regret et semblant manquer d'empathie pour les victimes.

Retrait de la vie publique

Lâché petit à petit par les entreprises et les associations avec lesquelles il travaillait, il a fini par annoncer en novembre 2019 son retrait de la vie publique et se fait désormais discret.

Au début mars, le procureur fédéral de Manhattan avait affirmé que le duc d'York avait fermé la porte à toute coopération avec la justice américaine dans l'enquête.

Selon The Sun, la demande envoyée par le département de la Justice au ministère britannique de l'Intérieur, en vertu d'un traité bilatéral datant de 1994, permettrait aux enquêteurs américains soit de demander un témoignage volontaire, soit de le convoquer devant un tribunal à Londres pour qu'il s'explique sous serment.

Une telle demande, si elle était appliquée, serait décevante dans la mesure où le duc d'York n'est pas la cible de l'enquête du département de la Justice et a répété récemment son intention de produire un témoignage, affirment ses avocats.

Celui qui passe pour être le fils préféré de la reine a déjà fait l'objet de gros titres peu flatteurs par le passé, pour son style de vie l'assimilant à un viveur et ses amours tumultueuses.

Mais cette fois, l'affaire est plus grave et plombe la monarchie britannique dans une période déjà difficile, avec le retrait de la famille royale du prince Harry et de son épouse Meghan, partis en Californie.

Le palais de Buckingham ne s'est pas exprimé au sujet des derniers développements de l'affaire impliquant Andrew.

La reine, 94 ans, est actuellement confinée au palais de Windsor, en périphérie de Londres, avec son époux le prince Philippe, qui fête mercredi ses 99 ans.

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