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Les démocrates veulent réformer la police aux États-Unis

Plusieurs élus démocrates, dont la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, à l'avant-plan ainsi que le leader de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, et la sénatrice Kamala Harris, se sont agenouillés en observant une minute de silence en hommage à George Floyd.

Plusieurs élus démocrates, dont la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, à l'avant-plan ainsi que le leader de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, et la sénatrice Kamala Harris, se sont agenouillés en observant une minute de silence en hommage à George Floyd.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Tandis que les manifestations contre la brutalité policière à l'égard des Afro-Américains entrent dans leur troisième semaine, les démocrates ont présenté un vaste projet de réforme nationale des services de police. Dans leur mire : le recours à une force excessive et la protection dont bénéficient souvent les policiers qui commettent des bavures.

La mort de George Floyd a des échos au Congrès, où les démocrates y voient une occasion de changer les choses.

Parrainée par 200 élus de la Chambre des représentants et du Sénat, la loi de 2020 sur la justice dans les services de police a été ébauchée par le caucus noir du Congrès, formé d'élus démocrates, et présentée lundi au cours d'une conférence de presse.

Jamais plus le monde ne devrait être contraint d'être témoin de ce que nous avons vu dans les rues de Minneapolis : le lent meurtre d'un individu tué par un policier en uniforme, a lancé la représentante Karen Bass, présidente du caucus noir américain.

Le projet de loi, qui est ambitieux, cible la brutalité policière : il interdirait entre autres les prises d'étranglement et imposerait de nouvelles restrictions pour empêcher les policiers d'utiliser une force pouvant causer la mort, sauf en dernier recours. Il établirait de plus une base de données nationale qui répertorierait les fautes des policiers.

Les agents devraient en outre porter des caméras sur eux et sur les tableaux de bord de leurs véhicules.

La réforme faciliterait aussi les poursuites judiciaires contre les policiers accusés de mauvaise conduite en réduisant la portée des protections juridiques dont ils bénéficient présentement.

Elle vise aussi à mettre un terme au profilage racial, à faire du lynchage un crime haineux et à repenser le recrutement et la formation des agents.

Les grandes lignes du projet ont été présentées par Mme Bass, par le président du Comité judiciaire de la Chambre, Jerry Nadler, ainsi que par les sénateurs Cory Booker et Kamala Harris, colistière possible du candidat démocrate pressenti Joe Biden.

Le comité judiciaire de la Chambre des représentants commencera mercredi à étudier le projet de loi et à entendre des témoins au sujet de la brutalité policière, dont Philonise Floyd, le frère de George.

Il devrait sans difficulté franchir l'étape de la Chambre, où les démocrates sont majoritaires, mais son adoption au Sénat, contrôlé par les républicains, est loin d'être assurée.

Le président Donald Trump lui-même s'est posé en défenseur de la loi et de l'ordre.

Ce week-end, autant le procureur général Bill Barr que le secrétaire à la Sécurité intérieure par intérim, Chad Wolf, ont nié au cours d'entrevues qu'il y ait du racisme systémique au sein des services policiers.

Interrogée sur la perception qu'a le président de cet enjeu, la porte-parole de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany, a éludé la question, réitérant la confiance de Donald Trump dans les services de police du pays.

Il croit manifestement qu'il existe des cas de racisme, mais il croit que nos forces de l'ordre sont les meilleures du monde. Il croit que, dans l'ensemble, ce sont des gens bien, a-t-elle déclaré.

Une annonce chargée en symboles

Les démocrates avaient choisi, pour dévoiler leur projet de loi, le Hall de l'émancipation, nommé ainsi en hommage aux esclaves ayant travaillé à la construction du Capitole, au 18 siècle.

Avant d'en présenter les faits saillants, la vingtaine d'élus démocrates présents se sont agenouillés en observant le silence pendant 8 minutes 46 secondes, l'intervalle de temps pendant lequel un policier blanc de Minneapolis, au Minnesota, a maintenu son genou sur le cou de George Floyd.

C'est long, 8 minutes 46 secondes. C'est long pour être à genoux, mais pendant 244 ans, il y a eu beaucoup de genoux sur le cou des Noirs qui sont venus dans ce pays.

Une citation de :Jim Clyburn, whip de la majorité démocrate à la Chambre des représentants

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a elle aussi utilisé des mots lourds de sens, déplorant le martyre de George Floyd et lisant les noms de plusieurs Noirs américains tués par la brutalité policière.

Pas de suppression du financement de la police au menu

Un homme noir, au sol, est arrêté par un policier. Deux autres agents regardent la scène.

Des policiers arrêtent un homme qui circulait à bord de sa voiture à Minneapolis après l'entrée en vigueur du couvre-feu, au début du mois.

Photo : La Presse canadienne / AP/Julio Cortez

Le projet de loi inclut plusieurs propositions mises de l'avant depuis des décennies par les militants des droits civiques, mais auxquelles s'opposent les syndicats de policiers.

Le projet ne va cependant pas aussi loin que ce que réclament certains militants qui demandent tout simplement de cesser de financer la police.

Interrogée à ce sujet sur les ondes de MSNBC, Nancy Pelosi a soutenu qu'il s'agissait de décisions locales.

Un porte-parole de Joe Biden a indiqué qu'il ne soutenait pas non plus un tel scénario, mais ajouté qu'il appuyait le besoin urgent de réformes.

Lors d'une table ronde sur l'application de la loi, lundi après-midi, le président Trump a lui aussi rejeté la suppression du financement de la police et a affirmé que cela mènerait à une situation très triste dans les villes qui prendraient ce virage. La police fait, dans son ensemble, un travail incroyable, a-t-il insisté.

Parfois, nous verrons des choses horribles comme celle dont nous avons été témoins récemment, mais je dis que 99,9 – allons-y avec 99 % [des policiers sont] des gens formidables, formidables, et ils font un travail qui bat tous les records.

Une citation de :Donald Trump

Dimanche, une majorité de conseillers municipaux de la Ville de Minneapolis ont voté en faveur du démantèlement de leur service de police municipale, une idée à laquelle s'oppose cependant le maire Jacob Frey.

Le maire de New York, Bill de Blasio, a pour sa part indiqué dimanche qu'il entendait allouer des sommes, initialement destinées au département de la police, aux services sociaux et aux jeunes.

Depuis la mort de George Floyd, il y a deux semaines, les appels en faveur d'une réforme des services de police à travers le pays se sont multipliés. Les manifestations, d'une ampleur considérable, n'ont pas eu de répit.

Des centaines de résidents de Houston, où a longtemps vécu l'Afro-Américain mort à 46 ans, se sont recueillis devant son cercueil pour lui rendre hommage, lundi.

Avec les informations de Washington Post, et New York Times

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