•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

Il y a 20 ans décédait le « lion » de la Syrie, Hafez Al-Assad

Image en noir et blanc du président Hafez al-Assad prise dans les années 1970.

Le président de la Syrie Hafez Al-Assad est décédé le 10 juin 2000.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 10 juin 2000, le monde apprend que le président syrien Hafez Al-Assad vient de mourir. Grand diplomate et fin stratège, il avait instauré une dictature implacable qui préfigurait la guerre civile qui fait rage dans ce pays depuis 2011.

De fils de paysan à « lion » de la Syrie

C’est un destin hors norme qu’a connu Hafez Al-Assad, comme nous rappelle le journaliste Claude Desbiens dans la biographie qu’il propose au bulletin Le midi du 10 juin 2000 animé par Marie-Claude Lavallée.

« Assad » en arabe désigne le lion. Et beaucoup de Syriens voient Hafez Al-Assad à sa mort comme le « lion » de la Syrie.

Le midi, 10 juin 2000

Hafez Al-Assad naît dans une famille de paysans pauvres qui appartient à la minorité religieuse musulmane des alaouites. 

Très intelligent, il s’enrôle dans l’armée, où il devient pilote de chasse.

Il gravit les échelons militaires très rapidement pour devenir ministre de la Défense en 1966.

Le 13 novembre 1970, il dirige un coup d’État et s’impose comme président de la Syrie.

Pendant ses 30 années de présidence, Hafez Al-Assad a apporté la stabilité politique et une prospérité économique relative à la Syrie. Il accomplit ce changement grâce à sa finesse et à ses qualités de stratège qui arbitrent les différentes factions de son régime.

Mais cette stabilité s'est aussi construite par l’imposition d’une dictature militaire qui ne tolère aucune dissidence.

Claude Desbiens souligne par ailleurs la grande intelligence et l’influence considérable dont la Syrie dispose sur la scène internationale sous Hafez Al-Assad.

En politique étrangère, il ne vise qu’un but : il veut restaurer l’ascendance de Damas sur le Liban, la Jordanie et un futur État palestinien.

Il s'active pour récupérer les hauteurs du plateau du Golan qui sont occupées par Israël depuis la guerre des Six Jours de 1967.

Cet objectif explique que la Syrie participe avec l’Égypte à la guerre du Kippour contre Israël en octobre 1973.

La Syrie devient par ailleurs un acteur incontournable et intransigeant dans la tentative de reconnaissance d’un État palestinien par Israël et la communauté internationale.

Enfin, la Syrie impose sa mainmise sur le Liban dès 1976.

Un président tout puissant et sans pitié

Hafez Al-Assad, président et maître absolu de la Syrie depuis 1970, est devenu un des hommes les plus importants du monde.

Gil Courtemanche, 1984

Le Point, 1er février 1984

Le journaliste Gil Courtemanche produit un portrait saisissant du pays et de son président qu’il présente au Point le 1er février 1984.

Le reportage débute par une démonstration du rôle incontournable que joue la Syrie de Hafez Al-Assad sur la scène internationale.

La Syrie fait la pluie et le beau temps dans un Liban en pleine guerre civile.

Les dirigeants de l’administration du président américain Ronald Reagan, même s’ils ne l’aiment pas, doivent négocier avec lui.

Hafez Al-Assad a transformé en réalité le dicton qui veut que « le monde arabe ne puisse faire la guerre sans l’Égypte, mais qu’il ne puisse pas faire la paix sans la Syrie ».

Gil Courtemanche interviewe par ailleurs le politicologue libanais Karim Pakradouni, qui brosse un portrait inquiétant du président syrien.

Ce qu’il souhaite, conclut le politicologue, c’est de transformer la Syrie en une société où tout le monde obéit sans discuter.

L’allergie de Hafez Al-Assad à toute dissidence s’exprime avec une violence inouïe en 1982 dans la ville de Hama.

Cette année-là, il mate dans le sang une révolte du mouvement intégriste connu sous le nom de Frères musulmans, qui constitue la seule opposition à son pouvoir.

De passage à Hama, Gill Courtemanche constate que le régime a de la difficulté à y masquer les traces de la répression.

Les mosquées ont été détruites et 10 000 personnes ont été massacrées par les soldats de l’armée syrienne en février 1982.

La peur du lion

Dans les années 1990, l’échiquier international n’est plus favorable à la Syrie et le président Hafez Al-Assad cherche à instaurer la paix avec son vieil ennemi, Israël.

Le dimanche, 16 janvier 1994

Le 16 janvier 1994, comme le rappelle un compte-rendu de l’envoyé spécial Michel Morin présenté à l’émission Le dimanche animé par Bernard Derome, les présidents syrien et américain, Hafez Al-Assad et Bill Clinton, se rencontrent à Genève.

Lors de ces négociations de paix, Hafez Al-Assad a proposé à Israël de faire une « paix des braves ».

Il va même jusqu’à approuver l’établissement de liens commerciaux avec l’État hébreu.

Ces pourparlers de paix cependant échouent.

C'est le même sort que subissent des négociations subséquentes avec Israël qui surviennent quelques mois avant le décès de Hafez Al-Assad.

L'a-t-il regretté au moment de quitter ce monde?

C'est possible, car les efforts pour la paix du président syrien étaient beaucoup liés à la peur qu’il avait pour l’avenir de sa dynastie.

À sa mort, Hafez Al-Assad appréhendait l’inexpérience de son fils et successeur Bachar.

Il craignait que ce dernier ne puisse maintenir la stabilité dans le pays.

Les événements ont malheureusement donné raison au « lion » en 2011.  

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.

Archives

International