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Une pétition contre le racisme dans les écoles

Ben Maréga au micro de Martine Bordeleau.

Ben Maréga est l'instigateur de la pétition pour la Journée « Ensemble contre le racisme ».

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un groupe de parents d’élèves de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) lance lundi une pétition visant à instaurer la Journée annuelle « Ensemble contre le racisme » dans les écoles de la francophonie manitobaine.

Si les instigateurs du projet sont portés par la mobilisation actuelle en réponse à la mort de George Floyd aux États-Unis, Ben Maréga estime qu’il est plus que temps d’agir contre une situation qui perdure depuis trop longtemps.

Ce n’est pas la première fois qu’on parle de racisme dans nos communautés, rappelle celui qui est aussi le père d’un enfant inscrit dans une école de la DSFM. On promet souvent la disparition du racisme, et puis ça fait des siècles et des siècles [...] que cette promesse n’est jamais tenue.

Chaque fois, c’est un cycle qui continue, et l’héritage, le legs qu’on laisse à nos enfants, ce sont en fait des sociétés injustes.

Ben Maréga

Ben Maréga affirme que le racisme est parfois insidieux et que les personnes des Premières Nations, les Métis, les Inuit, les Noirs, les autres personnes racialisées [...] doivent gérer [...] au jour le jour un racisme qui est là, qui est présent, qu’on peut sentir [mais] qu’on ne voit pas nécessairement.

Avec cette pétition, les parents cherchent donc à mettre le doigt sur le phénomène et à avoir une conversation courageuse, sincère [...] vers l’ouverture, la vérité, la réconciliation.

Le père de famille affirme qu’il faut d’abord reconnaître que le racisme existe et que certaines personnes jouissent d’un privilège blanc ce dont elles ne sont pas conscientes. Dans nos écoles, on a eu des incidents, ici, au Manitoba, et certainement à l’intérieur de la DSFM, soutient-il.

Pour la directrice générale de la Fondation canadienne des relations raciales, Lilian Ma, enseigner la question des discriminations raciales aux plus jeunes est primordiale.

C'est comme une habitude que vous développez quand vous êtes jeune, explique-t-elle. En grandissant, vous êtes influencé par le système autour de vous, et vous créez des associations [mentales] qui sont très dures à changer par la suite.

La fondation fournit d’ailleurs du matériel pédagogique en français et en anglais pour que les professeurs puissent donner des cours sur la discrimination raciale que subissent les différentes ethnies au Canada. Elle offre également des ateliers dans les écoles.

C’est important d’instruire les jeunes à l’Histoire du Canada, autrement, vous ne savez pas d'où vous venez et comment on en est arrivé là.

Lilian Ma, directrice générale de la Fondation canadienne des relations raciales

Lilian Ma reconnaît que ces actions restent limitées et que c’est aux différentes provinces de continuer à développer leurs programmes scolaires en ce sens.

Elle ajoute qu’organiser une journée par an pour en parler est déjà un début.

On peut avoir une journée pour apprendre et ensuite assurer un suivi suivi à partir des besoins des gens, en parlant d’intimidation en ligne, par exemple, explique-t-elle.

De son côté, Ben Marega salue les efforts et les initiatives des écoles pour remédier à la situation, mais croit qu’une journée d’information et de sensibilisation coordonnée localement, voire provincialement ou nationalement, pourrait davantage outiller les enfants pour reconnaître le racisme [...] [et] pour s’assurer qu’on peut l’éradiquer.

L’initiative peut compter sur l’appui de la DSFM et de la Fédération des parents du Manitoba. Son objectif est de recueillir des milliers de signatures et d’organiser une première journée de sensibilisation dès l’an prochain, mais surtout d’éliminer la discrimination envers les personnes racisées.

Ce n’est pas quelque chose qu’il faut qu’on atténue, ce n’est pas quelque chose qu’il faut qu’on diminue, c’est quelque chose qu’il faut éradiquer, conclut Ben Maréga.

Avec les informations du 6 à 9 et Julien Sahuquillo

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