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Deux pétitions demandent à la Ville de Winnipeg de réduire le budget de la police

Un écusson de la police de Winnipeg.

Dimanche, la pétition du groupe Defund the Winnipeg Police Service (coupez le financement de la police de Winnipeg) avait récolté un peu plus de 11 050 signatures et celle du groupe Justice 4 Black Lives, 19 217 signatures.

Photo : Radio-Canada

Le groupe Defund the Winnipeg Police Service et le groupe Justice 4 Black Lives on lancé chacun une pétition en ligne demandant entre autres à la Ville de Winnipeg de revoir le financement ainsi que le mode de fonctionnement du service de Police.

Ces pétitions sont publiées alors que les manifestations visant à dénoncer la violence policière qui a mené à la mort de l’Afro-Américain George Floyd, à Minneapolis, se multiplient au Canada et ailleurs dans le monde.

Selon le groupe Defund the Winnipeg Police Service, « la police de Winnipeg est parmi les plus meurtrières au Canada, sinon la plus meurtrière ».

La pétition accuse de meurtre les policiers de Winnipeg aux mains de qui des citoyens sont morts. En 2019, plus de la moitié [des morts de citoyens impliquant la police] au Canada (quatre sur sept) ont eu lieu à Winnipeg. De ces quatre, trois étaient autochtones et un était noir, peut-on lire dans la pétition.

Le groupe demande de ne plus jamais augmenter le budget du Service de police de Winnipeg. Il exige une réduction de 73 millions de dollars au minimum du budget actuel de la police, qu’il juge exorbitant.

Le budget du Service de police frôle les 300 millions de dollars, soit environ un quart du budget de fonctionnement de la Ville de Winnipeg.

Les rédacteurs de la pétition demandent que des fonds soient investis dans les services communautaires, dans l’éducation des jeunes et dans la prévention du crime.

Le groupe exige qu’en cas de bavure policière les agents mis en cause soient bannis de la fonction et tenus responsables de leur acte devant la justice.

De son côté, le groupe Justice 4 Black Lives soutient les mêmes arguments, mais réclame l’abolition du service de police de Winnipeg.

Selon les rédacteurs de la pétition, de nombreuses communautés et organismes pourraient reprendre les responsabilités de la police si la Ville choisissait de leur donner de l’argent à la place de financer le service de police.

Leur pétition demande à la Ville de consulter des militants communautaires, ainsi que le groupe opposé à la violence policière afin de créer un plan d’action répondant à ces revendications.

Ils exigent la réouverture des enquêtes concernant les interventions policières qui ont conduit à la mort de Machaur Madut, Eishia Hudson, Jason Collins, Stewart Kevin Andrews, Randy Cochrane, Sean Thompson et Chad William.

Les choses ne vont pas bien

Mandela Kuet, un jeune leader communautaire qui travaille avec de jeunes noirs et Autochtones de quartiers défavorisés, a signé la pétition de Justice 4 Black Lives.

Bien qu’il soit contre l’abolition du Service de police, il note qu’il est impératif que la Ville de Winnipeg revoie le fonctionnement de son service de police.

Lorsque, dans une ville, on a le sentiment que le service de police vise des groupes particuliers qui sont déjà défavorisés, c’est le signe que les choses ne vont pas bien, dit-il.

Il soutient que l’investissement dans les services à la communauté, ainsi que dans l’accompagnement et l’éducation des jeunes est l’une des solutions clés proposées dans les deux pétitions.

Beaucoup de jeunes et parents des quartiers à risque ne font plus confiance à la police, dit-il. En cas de problème, ils sont plus prompts à appeler les organismes comme le Bear Clan que les services de police, explique-t-il.

Si la Ville veut établir une relation de confiance, elle doit aller à la base et la base, ce sont les leaders communautaires, des groupes déjà établis qui manquent de financement, ajoute-t-il.

La Ville renvoie au processus budgétaire

La Ville de Winnipeg n’a pas souhaité commenter directement ces pétitions.

Dans une note envoyée par courriel samedi, un porte-parole indique que le processus budgétaire pluriannuel de la Ville offre plus de transparence et plus de possibilités de discussion entre la fonction publique, les élus et le public.

En fin de compte, le Conseil approuve le budget et tout changement au financement de la police sera soumis à l’examen du Conseil dans le cadre du processus budgétaire, ajoute la note.

Dimanche, à 18 h, la pétition du groupe Defund the Winnipeg Police Service avait récolté un peu plus de 11 050 signatures et celle du groupe Justice 4 Black Lives 19 217 signatures.

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