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Services de garde en milieu familial : la contribution de la discorde

Des dessins d'arcs-en-ciel dans la fenêtre d'un service de garde.

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) accuse le gouvernement d’être revenu sur sa parole.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Savoie-Soulières

Des parents pourraient faire les frais d’un nouveau conflit entre leur responsable de service de garde (RSG) et le ministère de la Famille. La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) accuse le gouvernement d’être revenu sur sa parole en refusant de dédommager les garderies quand des parents ont décidé, par choix, de garder leurs enfants à la maison durant la pandémie.

On a appris cette semaine qu’il [le gouvernement] vire encore son capot de bord et que là nos responsables, rétroactivement, devront facturer les parents dit Valérie Grenon, présidente du syndicat affilié à la CSQ.

Plusieurs RSG s’apprêtent donc à exiger, dès lundi, un montant équivalent à la contribution de 8,35 $ pour chaque jour où les parents ont préféré garder leurs enfants à la maison, plutôt que de les envoyer au service de garde après que la santé publique eut donné son feu vert au déconfinement (le 11 mai en zone froide, et le 1er juin en zone chaude).

Pourtant, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a promis à tous les parents que leur place serait réservée gratuitement, peu importe leur choix, jusqu’à ce que les services de garde reprennent leurs activités à plein rendement. Ce retour à la « normale » est toujours prévu le 22 juin en zones froides et le 13 juillet en zones chaudes.

Respecter sa promesse

Si le ministre ne tient pas sa promesse, les parents devront payer, insiste Mme Grenon, qui assure être derrière les parents, alors que le gouvernement veut encore piger dans les poches de la classe moyenne.

Elle rappelle que pour certaines RSG, le manque à gagner pour six semaines peut représenter 935 $ au total. La FIPEQ a confié le dossier à ses avocats.

Valérie Grenon dit avoir appris vendredi dernier, avec la présentation de l’instruction no. 20 (qui encadre le paiement de la contribution) que le gouvernement « changeait de position ».

Mauvaise compréhension

Le calcul était clair depuis le début et tous les partenaires l’ont bien compris, sauf la FIPEQ, déclare le ministre Lacombe.

Il maintient que les syndicats avaient été informés qu’il y aurait un dédommagement pour les contributions parentales manquantes, mais seulement si celles-ci résultaient des directives de la santé publique.

Le montant accordé sera à la hauteur de la capacité d’accueil permise avec le déconfinement graduel, soit 25 %, 50 %, 75 % ou 100 %.

Une RSG qui s’occupe de six enfants, par exemple, recevra une compensation équivalente à trois contributions parentales si la santé publique permet le retour de la moitié des enfants, à quatre, si c’est le quart, et ainsi de suite.

À l’inverse, s’il s’agit d’un choix personnel, motivé par la crainte d’être infecté par exemple, il revient à la RSG de trouver un enfant remplaçant ou d'assumer la perte des contributions parentales.

Le syndicat a fait une erreur, a mal informé ses membres et tente maintenant de me faire porter le blâme. C’est désolant. La présidente devrait plutôt assumer qu’elle s’est trompée.

Mathieu Lacombe, ministre de la Famille

CSN : le ministre dit la vérité

Karine Morisseau, représentante du secteur des RSG à la FSSS-CSN, s’étonne de la sortie de ses collègues de la FIPEQ, qui ont participé aux mêmes rencontres qu’elle.

Je mentirais si je disais que la ligne du ministre a changé sur ce point depuis la fin du mois d’avril : ça a toujours été clair , dit-elle, avant d’ajouter que ses membres sont avertis depuis le début.

La syndiquée est pourtant d’accord avec ses collègues de la CSQ sur un point : le choix du gouvernement est regrettable.

Selon elle, l’alternative recommandée aux services de garde en milieu familial, soit de trouver des enfants remplaçants pendant la crise, était « irréaliste ».

Moyens de pression à venir

Les syndicats négocient présentement le renouvellement de leurs ententes collectives avec le ministère de la Famille. Des offres globales ont été présentées la semaine dernière par le gouvernement, et rejetées par les centrales.

Dans ce contexte, les 3200 RSG de la CSN ont prévu faire grève le 18 juin. La FIPEQ recommandera à ses membres la grève générale illimitée dès l’été, ou dès cet automne.

Une pétition est en ligne depuis samedi pour demander au ministre de la Famille le paiement de la contribution parentale. Plus de 4000 personnes l’avaient signée au moment de publier ces lignes.

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