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Les macroalgues du Saint-Laurent pourraient-elles prévenir des maladies du cerveau?

Des algues vues de près.

Des molécules de macroalgues seront extraites, et on étudiera leurs effets sur la santé cognitive par exemple.

Photo : Associated Press / Victor Ruiz

Laurie Dufresne

Est-ce que des extraits de molécules des macroalgues du Saint-Laurent pourraient avoir des effets bénéfiques sur le cerveau? Une équipe de chercheurs tentera de répondre à cette question au cours des deux prochaines années.

Une enveloppe de 200 000 $ sur deux ans a été octroyée par le biais du programme Odyssée Saint-Laurent, financé par le Réseau Québec Maritime, à une équipe de chercheurs menée par le neuropharmacologue Frédéric Calon, professeur à la Faculté de pharmacie de l'Université Laval.

On a certains indices, quand on regarde la composition moléculaire des algues, qui nous donnent à penser que ces molécules pourraient avoir un effet sur le cerveau. C’est ce qu’on veut tenter de découvrir.

Frédéric Calon, professeur à la Faculté de pharmacie de l'Université Laval

Grâce à des algues rouges et brunes cultivées notamment au Centre Merinov en Gaspésie, les chercheurs tenteront de déterminer quelles molécules pourraient contribuer à la prévention de certaines maladies comme l’Alzheimer.

Il y a plein de molécules dans l’environnement dont on ne connaît pas nécessairement les effets sur le corps humain. Et les algues, ça nous paraissait particulièrement intéressant parce que c’était très peu connu, explique le neuropharmacologue qui est aussi chercheur à l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) et au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec.

L'expertise d'Éric Tamigneaux, enseignant au programme d'aquaculture du Cégep de la Gaspésie et des Îles et chercheur industriel chez Merinov, a été sollicitée pour le projet.

Éric Tamigneaux tient des algues accrochées sur une corde dans ses mains.

Éric Tamigneaux, professeur à l'École des pêches et de l'aquaculture du Québec du Cégep de la Gaspésie et des Îles (archives)

Photo : Marie-Pierre Turcotte, CCTT des pêches

Lors du lancement de la culture de ces macroalgues à l’automne, Éric Tamigneaux tentera d'obtenir davantage de molécules de macroalgues que ce qui serait produit en milieu naturel.

Les molécules qu'on va regarder sont des molécules que l'algue produit pour se protéger contre le rayonnement solaire, en particulier contre les rayonnements UV. On s'est dit que, [...] ça pouvait être intéressant de produire l'algue en culture, en bassin, et de vérifier si en manipulant les conditions d'éclairage, on pouvait stimuler la production de la molécule qui est intéressante, précise-t-il.

On va manipuler la qualité et la quantité de lumière, et voir si ça se traduit par un enrichissement de l’algue dans la molécule recherchée.

Éric Tamigneaux, chercheur industriel chez Merinov

Lors de projets antérieurs sur la culture de la main-de-mer-palmée (une algue comestible de couleur pourpre), les travaux de l’INAF et de Merinov avaient permis d’entrevoir des résultats encourageants. En manipulant les conditions de culture, on arrivait à avoir un profil de molécules dans l’algue qui était différent de celui du milieu naturel, affirme M. Tamigneaux.

Ceux qui cultivent les algues vont être intéressés de savoir qu’il y a des potentiels de valorisation de leurs algues. Et il y a des partenaires privés, comme Innovactiv à Rimouski, qui eux auront peut-être un intérêt à développer des produits nutraceutiques, explique Frédéric Calon.

Panneau annonçant l'école des pêches et de l'aquaculture de Grande-Rivière devant un bâtiment industriel.

L'école des pêches et de l'aquaculture de Grande-Rivière où se déroule une partie des recherches (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Un projet de recherche en temps de pandémie

Frédéric Calon soutient que la pandémie actuelle a eu des impacts sur le recrutement des étudiants pour collaborer au projet de recherche, et que la fermeture des laboratoires a causé des retards dans l'échéancier.

On reçoit moins de demandes d’étudiants. Cet aspect-là est un peu plus difficile, avoue-t-il. Mais à Québec, comme dans l’Est-du-Québec, on est chanceux. On n’a pas été si touchés que ça, donc ça nous a permis de reprendre nos activités il y a un mois.

Pour l’instant, on peut travailler avec des algues cueillies en milieu naturel. [...] Mais les véritables mesures, sur les vrais échantillons, auront plutôt lieu cet automne. Dans le calendrier, il était prévu qu’on suive le cycle naturel de l’espèce et qu’on démarre quand la température de l’eau soit plus propice à la croissance, indique Éric Tamigneaux.

L’équipe a bon espoir de boucler le projet en deux ans, comme prévu.

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