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Le Brésil retire des statistiques des derniers mois sur le coronavirus

Deux personnes se serrent dans leurs bras, pendant qu'un autre regarde le nombre impressionnant de croix plantées dans le sol qui l'entourent.

Les proches d'une personne décédée de la COVID-19 pleurent lors d'une journée d'enterrement massif des victimes de la pandémie, au cimetière de Parque Taruma, à Manaus, au Brésil.

Photo : Getty Images / Andre Coelho

Radio-Canada

Le Brésil a retiré vendredi du site Internet gouvernemental dédié au coronavirus plusieurs mois de statistiques sur l'épidémie de COVID-19 dans le pays et a cessé de communiquer le nombre total de cas de contamination et de décès. Le ministère de la Santé a indiqué qu’il ferait à partir de maintenant seulement état du bilan des dernières 24 heures.

Les données cumulées [...] ne reflètent pas le moment dans lequel le pays se trouve, a déclaré sur Twitter le président Jair Bolsonaro. D'autres mesures sont en préparation pour améliorer le recensement des cas et la confirmation des diagnostics, a-t-il dit, citant une note du ministère de la Santé.

Ni le président, qui a régulièrement minimisé les dangers de l'épidémie, ni le ministère de la Santé n'ont fourni plus de motifs pour la suppression de ces données, qui étaient fournies par date, municipalité et État.

Leur suppression est survenue après que le Brésil eut signalé plus de 1000 décès pendant quatre jours consécutifs, en faisant le pays recensant le plus de décès quotidiens à travers le monde.

Cette décision a été abondamment critiquée, par les journalistes et les membres du Congrès, ainsi que par les autorités régionales de santé qui fournissaient les données répertoriées sur le site.

La tentative autoritaire, insensible, inhumaine et contraire à l'éthique de rendre invisibles les morts de la COVID-19 ne prospérera pas, a affirmé le Conseil national des secrétaires de la santé, organisation qui réunit les autorités régionales.

Ces dernières ont aussi vertement critiqué le secrétaire par intérim à la Science, la Technologie et aux Équipements stratégiques, Carlos Wizard, qui a affirmé vendredi au journal Globo que le bilan officiel allait être révisé à la baisse en raison de chiffres fantaisistes et manipulés.

Sa déclaration, grossière, fallacieuse, dépourvue de tout sens éthique, d'humanité et de respect, mérite notre profond mépris, notre désapprobation et notre dégoût, ont-elles écrit.

M. Wizard s’est rétracté samedi, indiquant que les chiffres n'allaient pas être révisés. Cela ne nous intéresse pas de déterrer les morts. Nous ne voulons pas réviser le passé, nous sommes plus préoccupés par le présent et l'avenir, a-t-il justifié.

Quant à l'ancien ministre de la Santé Luiz Henrique Mandetta, limogé en avril après avoir exprimé son désaccord avec la politique du gouvernement fédéral, il accuse l’État d’être plus nuisible que le virus.

Du point de vue de la santé, c'est à une tragédie que nous assistons, a-t-il affirmé samedi dans un entretien diffusé sur les réseaux sociaux.

Dans les premiers pour les nouveaux cas et les décès

Samedi, le site gouvernemental dédié au coronavirus affichait donc seulement les nouveaux cas, décès et rémissions de la dernière journée, soit 27 075 cas, 904 décès et 10 209 personnes guéries.

En additionnant ces chiffres à ceux qui avaient été rendus publics précédemment, on arrive à un total de plus de 672 000 cas confirmés et près de 36 000 décès.

Le Brésil, avec une population de plus de 209 millions d’habitants, est le deuxième pays comptant le plus de cas au monde, derrière les États-Unis, mais plusieurs observateurs pensent que ces données sont nettement sous-estimées puisque le nombre de personnes testées dans la population reste bas.

Le pays est devenu la semaine dernière le troisième pays comptant le plus de morts derrière les États-Unis et la Grande-Bretagne. Et selon les experts, le pic de la pandémie ne sera atteint que dans plusieurs semaines.

Avec les informations de Reuters, BBC, et Agence France-Presse

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