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À Washington, une capitale mobilisée contre son président

Sous les fenêtres de la Maison-Blanche, les rues de Washington sont devenues le centre des manifestations contre la brutalité policière et les inégalités raciales.

Des milliers de manifestants dans la rue devant la Maison-Blanche à Washington.

Des manifestants devant la Maison-Blanche à Washington, samedi.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Dès le jour de sa victoire électorale, Donald Trump a été mal aimé à Washington.

Le District de Columbia, qui englobe la capitale américaine, est le territoire qui a appuyé le plus fortement la candidature d'Hillary Clinton en 2016. Elle y a obtenu plus de 90 % des voix, contre seulement 4 % pour le candidat républicain.

Au cours de la dernière semaine, les frictions entre la capitale et son résident le plus célèbre ont été exposées au grand jour.

Au-delà des appels à une réforme de la police, plusieurs manifestants aperçus ces derniers jours dans les rues de Washington affichaient des pancartes critiquant le 45e président et ne cachaient pas leur volonté de se mobiliser en vue de la campagne électorale de novembre.

Je ne pense pas avoir déjà vu ça, m’a confié Hailey, une Afro-Américaine née dans cette ville, qui a pourtant été le théâtre de nombreuses manifestations, y compris la marche des femmes, qui a réuni 470 000 personnes au lendemain de l’assermentation du président Trump, en janvier 2017.

Cette fois, la foule, évaluée à au moins 10 000 personnes, a été moins importante que ce que laissaient entendre certains organisateurs, mais le décor est différent.

La barrière autour de la Maison-Blanche.

La barrière autour de la Maison-Blanche.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

À quelques coins de rue de l’endroit où j’ai rencontré Hailey, l’accès à la Maison-Blanche est bloqué par d’importantes clôtures qui, étalées sur trois kilomètres, encerclent la résidence du président.

Moins visibles samedi, des membres de la garde fédérale et des agents fédéraux ont aussi été déployés en grand nombre dans les rues de la capitale au cours de la dernière semaine.

Cette présence militaire a d’ailleurs été la source de vives tensions entre l’administration Trump et les autorités municipales de Washington.

Les pouvoirs limités de Washington D.C.

Puisque le District de Columbia n’est pas un État, l'administration y a des pouvoirs beaucoup plus prononcés qu’ailleurs.

Après des premiers soirs de manifestations marqués par de la casse, les rassemblements ont été pacifiques une bonne partie de la semaine, ce qui a poussé la mairesse Muriel Bowser à réclamer le retrait de ces troupes.

Une dizaine de soldats debout autour d'un véhicule militaire.

Des représentants des forces de l'ordre, à Washington, cette semaine.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Le déploiement d’agents fédéraux enflamme les manifestants et ajoute à la peine de ceux qui, en grand nombre, réclament pacifiquement des changements et des réformes contre le racisme, a-t-elle écrit dans une lettre envoyée au président vendredi.

Avec des pouvoirs limités, la mairesse a aussi tenté de faire un pied de nez à l’administration Trump.

Muriel Bowser a d’abord levé le couvre-feu qui avait été imposé une partie de la semaine.

Pancarte « Black Lives Matter Plaza » installée sur un poteau au coin de la 16e Rue à Washington.

L'administration municipale a renommé « Black Lives Matter Plaza » une partie de la 16e Rue à Washington.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Puis, son administration a fait peindre en jaune les mots Black Lives Matter sur la 16e Rue menant à la Maison-Blanche. L’artère, sur laquelle se trouve l’église épiscopale St. John’s où s’est rendu Donald Trump lundi soir, a par ailleurs été renommée Black Lives Matter Plaza.

Des gestes que salue Jackie, une manifestante rencontrée samedi pendant les manifestations devant le monument de Lincoln.

Elle [la mairesse] a été phénoménale. Elle a galvanisé cette ville et nous a permis d’être fiers et de dire au gouvernement fédéral de faire sortir la garde nationale d’ici!

Jackie, une manifestante

Mais ces gestes ont aussi valu à la mairesse les insultes du locataire de la Maison-Blanche.

Sur Twitter, Donald Trump a reproché à l'incompétente mairesse de Washington de se battre avec la garde nationale, qui selon lui, l’a pourtant sauvée d’un grand embarras.

Vous avez déjà entendu parler du pot et de la marmite?, a répliqué la mairesse Muriel Bowser, en référence à une expression anglaise qui revient à dire celui qui le dit, celui qui l’est.

Les coups d’éclat de la mairesse ont aussi suscité des critiques de gens qui sont pourtant loin d’être des alliés du président Trump. Le compte Twitter de la branche locale de Black Lives Matter a évoqué une distraction, accusant l’administration municipale d’ignorer ses demandes de réduire le budget de la police pour investir dans la communauté.

Des manifestants devant la Maison-Blanche, samedi.

Des manifestants devant la Maison-Blanche, samedi.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

La ville de près de 800 000 habitants, composée à 47 % d’Afro-Américains, comporte elle-même son lot d'inégalités raciales.

Si vous voulez parler de Trump, cessez la foutaise et regardez chez vous, me disait plus tôt cette semaine Ronald Molten, un activiste installé dans le quartier Anacostia, un secteur du sud-est de Washington à majorité afro-américaine.

Dans les rues de Washington, la dernière semaine a néanmoins remis en lumière un débat centenaire : celui du statut de la capitale, que la grande majorité de ses habitants aimeraient voir devenir le 51e État américain.

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