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L'OPEP+ prolonge d’un mois son accord de baisse de la production de pétrole

Des pompes installées sur des puits de pétrole.

L'OPEP demande à certains pays qui ont dépassé leurs quotas de production en mai et juin, compensent par des réductions.

Photo : Reuters / Nick Oxford

Reuters

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d'autres grands producteurs menés par la Russie ont convenu samedi d'étendre d’un mois la réduction coordonnée de leur offre, prolongeant ainsi leur accord qui a permis au prix du brut de doubler sur les deux derniers mois en retirant du marché près de 10 % de l'offre mondiale.

L'OPEP+ a également exigé que des pays tels que le Nigeria et l'Irak, qui ont dépassé leurs quotas de production en mai et juin, compensent par des réductions supplémentaires de juillet à septembre.

L'accord de réduction de la production, conclu initialement en avril et qui était valable jusqu'à la fin juin, prévoyait une réduction de la production à hauteur de 9,7 millions de barils par jour (bpj) sur les mois de mai et juin afin de soutenir les prix qui se sont effondrés en raison de la crise du coronavirus.

La réduction devait ensuite être de l'ordre de 7,7 millions de bpj de juillet à septembre.

La demande revient alors que les grandes économies consommatrices de pétrole sortent des mesures de confinement liées à la pandémie. Mais nous ne sommes pas encore sortis d'affaires et de nombreux défis restent à relever.

Le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman

Le prix du baril de Brent a atteint vendredi son plus haut niveau depuis trois mois, à plus de 42 $ le baril, après avoir plongé sous les 20 $ en avril.

L'Arabie saoudite et la Russie sont confrontées à un exercice d'équilibriste pour pousser les cours du pétrole à la hausse et soutenir leur économie tout en essayant de limiter l'augmentation des prix afin d'éviter une reprise de la production concurrente de pétrole de schiste aux États-Unis.

Un homme portant l'habit traditionnel émirati marche devant un panneau d'affichage des marchés boursiers.

Le prix du baril de Brent a atteint vendredi son plus haut niveau depuis trois mois.

Photo : Getty Images / Giuseppe Cacace

Il n'était pas possible de savoir dans l'immédiat si l'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït allaient prolonger au-delà de juin leurs réductions volontaires supplémentaires de 1,18 million de bpj, qui ne font pas partie de l'accord.

L'accord de l'OPEP+ d'avril avait été conclu sous la pression du président américain Donald Trump, qui souhaitait éviter une cascade de faillites dans l'industrie pétrolière américaine en raison de la chute des prix.

Donald Trump s'est entretenu avec les dirigeants russes et saoudiens avant les négociations de samedi, disant qu'il était satisfait du rebond des cours du pétrole. Ces derniers restent néanmoins en dessous du seuil d'équilibre de la plupart des producteurs américains de schiste.

La demande dépassera l'offre

Je félicite l'OPEP+ pour avoir conclu un accord important aujourd'hui, qui arrive à un moment charnière alors que la demande de pétrole continue de se redresser et que les économies rouvrent dans le monde entier, a écrit sur Twitter le secrétaire américain à l'Énergie, Dan Brouillette, après l'annonce de la prolongation de l'accord sur la production.

Alors que les mesures de confinement prises pour endiguer la pandémie de coronavirus sont peu à peu levées, la demande de pétrole devrait dépasser l'offre en juillet. Toutefois, il reste encore à l'OPEP un milliard de barils de stocks de pétrole excédentaires accumulés depuis mars.

Le comité ministériel de suivi de l'OPEP+ (JMMC), dont la prochaine réunion est prévue le 18 juin, se réunira tous les mois jusqu'en décembre pour examiner la situation du marché et le niveau de conformité à l'accord et faire des recommandations sur les seuils de réduction de la production.

L'OPEP et l'OPEP+ tiendront leurs prochaines réunions les 30 novembre et 1er décembre.

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