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Gaspé va statuer sur la question du camping sauvage

Une campeuse s'installe. On voit sa voiture, des chaises et un poêle barbecue.

Les campeurs souhaitent conserver l'accessibilité aux plages de Gaspé.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Radio-Canada

La Ville de Gaspé ne sait toujours pas si elle va inclure les plages dans son nouveau règlement qui interdira le camping dans les espaces et les stationnements publics.

La Municipalité dit vouloir répondre à la demande des milieux des affaires et du tourisme qui exigent ce règlement depuis plusieurs années. Il y avait beaucoup de pression de la part de citoyens aussi pour qu'on intervienne, indique le maire de Gaspé Daniel Côté.

L'objectif est aussi de rattraper un certain retard, alors que les principales municipalités de la région comme New Richmond, Chandler, Carleton-sur-Mer interdisent déjà le camping dans les lieux publics. Sainte-Anne-des-Monts, de son côté, planche actuellement sur un règlement.

Vue en plongée sur la plage de Douglastown.

La plage de Douglastown, prisée des campeurs

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Même si toutes ces municipalités ont rendu illégal le camping improvisé sur les plages, la Ville de Gaspé n'a toujours pas statué, en expliquant qu'elles appartiennent ultimement au gouvernement du Québec.

On voit que ça fait des débats dans la population, mais on doit regarder l'aspect légal, mentionne le maire.

Cette année, on avait décidé de prendre le taureau par les cornes. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui que les plages seront dans la mouture finale du règlement. On n’a pas l’emprise sur les 145 km de littoral, ajoute-t-il.

Ce qu’on tente de faire avec les moyens légaux qu’on a, c'est d'établir un certain encadrement, mais je ne partirai pas dans une guerre à n’en plus finir non plus.

Daniel Côté, maire de Gaspé

La question divise les citoyens. Une pétition en ligne a d'ailleurs été lancée, et a recueilli plus de 700 noms en 24 h. Dans le libellé de leur pétition, les instigateurs soutiennent que les moyens de pression [proviennent] des entreprises en camping autour de la ville et non de citoyens.

Ils affirment que les effets positifs ne sont pas considérés en ce moment. Nous pourrions pointer des villes où le camping gratuit est [un] vecteur d’économie locale et attire le tourisme, ajoutent-ils.

Un territoire fragile

Selon Pascal Caron Savard, un citoyen qui travaille en aménagement du territoire, le comportement de certains usagers de la place menace l’intégrité du territoire déjà fragile.

Pascal Caron Savard répond aux questions d'un journaliste devant un micro.

Pascal Caron Savard

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Parfois, les campeurs vont faire des feux avec le bois de grève, mais c'est important de le conserver parce qu’il a un impact sur la rétention du sable donc il protège contre l’érosion, explique-t-il.

Il constate aussi que des gens piétinent l’élyme des sables ou roulent dessus avec leur VTT. Cette plante contribue également à maintenir le sol en place.

Une affiche avec un symbole interdisant la circulation de VTT.

Selon Pascal Caron Savard, la circulation de VTT est tolérée, même si elle est interdite.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

L’idéal serait qu’aucun VTT ne circule sur la plage. Il y a des pancartes pour l'interdire, mais c'est plutôt toléré en ce moment on dirait.

Pascal Caron Savard, citoyen de Gaspé

Des campeurs respectueux souhaitent conserver l’accès

Pendant ce temps, des campeurs qui respectent l'environnement et ces milieux fragiles ne voudraient pas payer le prix pour quelques campeurs qui laissent leurs déchets sur place avant de quitter les lieux.

On essaie de faire du mieux qu’on peut en utilisant des produits biodégradables pour se laver les mains ou notre vaisselle, explique Sophie Jacquelin, une campeuse de l'extérieur qui a décidé de s'installer quelques jours à la plage de Douglastown.

Sophie Jacquelin est debout devant un micro. On voit la plage derrière elle.

Sophie Jacquelin

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Ça fait partie de prendre soin du patrimoine environnemental, de se ramasser derrière soi, estime-t-elle.

La campeuse ne voudrait pas perdre l'accessibilité aux plages qui permettent la distanciation sociale. C'est quelque chose qu’on désire maintenir étant donné qu’il y a énormément d’espace, dit-elle.

Les citoyens qui le souhaitent peuvent émettre leurs suggestions en s'adressant à la Municipalité. Normalement, le nouveau règlement devrait être adopté lors de la prochaine séance du conseil municipal, le 15 juin.

D'après le reportage de Martin Toulgoat

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