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Une jeune Winnipégoise se bat contre un rare syndrome peut-être lié à la COVID-19

Un enfant avec un masque regarde par la fenêtre avec son toutou.

Les médecins observent de trois à quatre fois plus de cas de syndrome inflammatoire qu'à l'habitude depuis le début de la pandémie, selon la Dre Rae Yeung, de l'Hôpital pour enfants malades de Toronto. (Archives)

Photo : getty images/istockphoto / Gargonia

Radio-Canada

Des médecins se demandent si le syndrome inflammatoire apparenté à la maladie de Kawasaki dont souffre une fillette de moins de deux ans de Winnipeg pourrait être une conséquence d’une exposition au coronavirus à l’origine de la COVID-19.

L’enfant de 21 mois se bat toujours pour recouvrer la santé même si les tests de dépistages du coronavirus qu’elle subit donnent un résultat négatif depuis un certain temps.

Selon sa mère, les médecins pensent que la fillette semble atteinte d’un syndrome inflammatoire multisystémique apparenté à la maladie de Kawasaki qui pourrait être lié à son infection au coronavirus.

Les autorités sanitaires du Manitoba indiquent toutefois qu’aucun cas du syndrome lié à la COVID-19 n’a encore été confirmé dans la province.

« Honnêtement, c’est terrifiant! Les médecins n’ont aucune réponse », confie la mère, qui préfère rester anonyme par peur de jugements portés contre elle ou son enfant.

Des symptômes inquiétants, selon les parents

L’enfant présentait des rougeurs, des éruptions cutanées, un vomissement, de la diarrhée, un durcissement de l’abdomen et une fièvre constante. « Elle refusait de manger et ne buvait pratiquement pas », explique sa mère.

Les premiers pédiatres consultés par ses parents ont d’abord pensé que la jeune fille avait la grippe et ont suggéré aux parents de lui donner de l’acétaminophène.

Le 28 avril, soit deux jours après l’apparition des premiers symptômes, les parents ont appris que le père de l’enfant avait été exposé au coronavirus par un collègue dont le test de dépistage a donné un résultat positif.

Tous les membres de la famille ont immédiatement subi un test de dépistage qui a confirmé que l’enfant avait attrapé la COVID-19, explique la mère.

Naviguer dans l’inconnu

Un porte-parole provincial souligne que le syndrome inflammatoire multisystémique et la maladie de Kawasaki ne sont pas des maladies à déclaration obligatoire au Manitoba et que les autorités ne peuvent confirmer si elles enquêtent sur de potentiels cas liés au coronavirus.

Il ajoute que des experts des maladies infectieuses chez les enfants du Manitoba sont en contact constant avec leurs homologues du Québec et de l’Ontario, où des cas d’inflammation potentiellement liés à la COVID-19 ont sont à l’étude.

Des cas sont aussi à l’étude en Alberta et en Colombie-Britannique, mais les experts du domaine soulignent que le syndrome est difficile à diagnostiquer.

« On en ignore beaucoup plus qu’on en sait », soutient la professeure en pédiatrie, immunologie et sciences médicales Rae Yeung, de l’Université de Toronto.

La pédiatre et rhumatologue qui oeuvre à l’Hôpital pour enfants malades de la Ville Reine note, entre autres, l’absence d’outils de diagnostic.

« En ce moment, un de nos grands défis est l’absence de tests pour nous dire si un enfant est atteint du syndrome ou de la maladie de Kawasaki. »

« Ce qu’on sait, c’est que le dénominateur commun de tous les cas est une activation massive du système immunitaire, mais ça peut être causé par bien des choses », précise-t-elle.

Un syndrome aux multiples identités

La Dre Yeung appelle le syndrome inflammatoire multisystémique des enfants « le syndrome aux multiples noms », parce qu’il a été nommé différemment en divers coins de la planète.

« C’est probablement pourquoi il y a tant de confusion et d’anxiété, pas seulement chez les familles, mais aussi chez les professionnels de la santé. »

Pour l’instant, dit-elle, les médecins ont surtout des hypothèses et ont besoin de plus de recherches pour mieux comprendre le syndrome, qui se traduit par une inflammation, principalement des vaisseaux sanguins, causée par une hyperactivité du système immunitaire.

« Ce qu’on voit dans tous les cas, c’est une hyperinflammation, comme si le système immunitaire était survolté, qui affecte de multiples organes. » Cette hyperactivité peut être provoquée par toute sorte de facteurs, comme des maux de gorge ou le coronavirus, précise la Dre Yeung.

Chaque année, le Canada rapporte normalement entre 100 et 150 cas de maladie de Kawasaki, ajoute-t-elle.

Des circonstances récurrentes

Même si le nombre précis de cas de syndrome inflammatoire multisystémique est inconnu, la Dre Yeung note que l’hôpital pour enfants malades de Toronto en voit déjà de trois à quatre fois plus qu’à l’habitude, cette année.

Depuis le début de la pandémie, des recherches épidémiologiques en Europe, aux États-Unis et au Canada tendent à faire le lien entre la COVID-19 et l’apparition de cas de syndrome inflammatoire chez les enfants environ six semaines après une éclosion.

La plupart des enfants ayant ces symptômes ont un résultat négatif au test de dépistage du coronavirus, mais des tests sanguins révèlent des marqueurs d’une présence de celui-ci dans le passé, explique la pédiatre Rae Yeung.

Avec les informations d’Aidan Geary

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