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Vaste manifestation antiracisme à Washington

Le reportage de Jean-François Bélanger.

Photo : Reuters / Jim Bourg

Radio-Canada

Washington a connu samedi l'une des plus grandes manifestations jamais organisées depuis la mort de George Floyd, alors que le pays vit une 12e journée d'affilée de rassemblements contre le racisme et les méthodes de la police américaine.

Nous disposons de beaucoup d'informations publiques, ouvertes à tous, pour donner à penser que l'événement de ce samedi pourrait être l'un des plus importants que nous ayons jamais eus dans cette ville, a dit ce midi Peter Newsham, chef de la police de Washington aux médias locaux.

Sur les réseaux sociaux, certains avaient appelé à une manifestation d'un million de personnes.

Le correspondant de Radio-Canada aux États-Unis, Jean-François Bélanger, rapporte que des milliers de personnes ont répondu à l'appel, à Washington, principalement autour de la Maison-Blanche, et que la situation est calme et bon enfant.

Utilisateurs Android, suivez notre couverture en direct avec le lien suivant :http://endirect.radio-canada.ca/Event/Manifestation_antiracisme__Washington (Nouvelle fenêtre)


Au moins une dizaine de manifestations ont convergé vers ce point central de la capitale américaine, notamment près du monument de Lincoln, pour dénoncer le racisme et la brutalité policière aux États-Unis.

C'est devant cet imposant monument que le pasteur d'Atlanta Martin Luther King avait, le 28 août 1963, face à près de 250 000 personnes, lancé I have a dream dans un discours devenu une référence de la lutte des droits civiques.

Malgré le calme, les manifestants interrogés restent fermes, au 12e jour consécutif de rassemblements contre les discriminations raciales et la violence policière. C'est le système, ça va continuer si on ne le réforme pas, souligne Angela Aeebien, une manifestante francophone qui a trois fils et qui se demande combien d'hommes noirs vont encore être tués dans la rue comme des chiens.

Les privilèges envers les Blancs, ça existe. C'est malheureux et injuste pour les autres.

Ashby Hunt, une manifestante de Washington
Une marée bigarrée de manifestants portant le masque et des pancartes occupent toute l'image.

Pour une douzième journée de suite, des manifestants sont descendus dans la rue.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Depuis la Maison-Blanche, où il passe la fin de semaine, Donald Trump a su résister à son envie de tweeter, se contentant essentiellement de souligner que l'approche de la date anniversaire du débarquement en Normandie.

À la demande du président américain, qui a fait clôturer les rues et le parc Lafayette autour de la résidence présidentielle, on note une forte présence militaire et policière dans la capitale, mais confinée aux abords de la Maison-Blanche.

Du personnel militaire en uniforme arrive près de la Maison-Blanche en vue d'une manifestation contre le racisme.

Une foule impressionnante est attendue devant la Maison-Blanche.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

La situation déplaît à la mairesse démocrate Muriel Bowser, qui lui a répondu que l'armée n'avait pas à être dans les rues de Washington. Sur place, Mme Bowser, cible des tweets moqueurs du président américain, a jugé qu'il était temps de dire Au suivant en novembre, en référence à l'élection présidentielle prévue dans 150 jours.

Malgré l’inculpation des quatre ex-policiers impliqués dans l’arrestation qui a mené à la mort de George Floyd le 25 mai dernier à Minneapolis, plusieurs manifestants rencontrés par Radio-Canada expliquent que ce n'est qu'un début et que la lutte pour les droits civiques n’est pas acquise pour autant. Ils sentent qu’il y a un point de bascule dans la société américaine qui s’opère en ce moment, un peu comme l’a été le mouvement #MeToo.

Ceux-ci font également remarquer que les manifestants proviennent de tous les horizons de la société et qu’il ne s’agit plus de manifestations d’une seule minorité face à la majorité.

Deux enfants new-yorkais dans une poussette tiennent chacun une pancarte.

Les manifestations antiracisme, qui se sont tenues dans plusieurs villes des États-Unis pour une 12e journée consécutive, se sont tenues dans une ambiance bon enfant.

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Plusieurs autres manifestations se sont tenues ailleurs dans le monde et dans de grandes villes américaines comme Philadelphie, New York, Minneapolis, Seattle et Los Angeles.

On nous a appris à l'école quoi faire contre l'intimidation. Quand on voit un bourreau, on se lève pour défendre le plus faible.

Steven Fischer, un manifestant à New-York

Même si la majorité des manifestants semblaient porter le masque, les autorités sanitaires craignent que ces grands rassemblements puissent favoriser la propagation du coronavirus.

Seconde cérémonie

En parallèle, un deuxième service commémoratif a été organisé pour George Floyd samedi en Caroline du Nord, où il est né. Des centaines de personnes ont fait la queue dans une église de Raeford pour lui rendre hommage lors d'une cérémonie télévisée, et un service privé pour la famille était prévu plus tard dans la journée. Ses obsèques sont prévues mardi, le 9 juin, à Houston.

Habillées de blanc, LaTonya Floyd et Zsa-Zsa Floyd reçoivent l'accolade de la part d'amis.

Des membres de la famille de George Floyd reçoivent le réconfort d'amis lors d'une cérémonie à Raeford, North Carolina, région natale du défunt.

Photo : Reuters / Jonathan Drake

Avec des informations de Jean-François Bélanger et Raphaël Bouvier-Auclair

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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