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Un deuxième travailleur migrant meurt des suites de la COVID-19 en Ontario

Un travailleur mexicain travaille dans une ferme québécoise.

Deux travailleurs agricoles saisonniers mexicains sont morts dans le comté de Windsor-Essex la semaine dernière.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Nicolas Haddad

Après la mort d'un deuxième travailleur migrant de la COVID-19 dans la région de Windsor-Essex, vendredi, les autorités médicales annoncent une vaste campagne de dépistage.

Selon l'Hôpital régional de Windsor, l'homme de 24 ans est décédé, après s'être placé en isolement dans un hôtel, puis rendu au centre de santé Erie Shores de Leamington le 1er juin.

Sa famille au Mexique a été contactée, ainsi que le Bureau du coroner en chef, confirme l'Hôpital régional de Windsor.

Lundi dernier, on apprenait le décès d'un premier travailleur migrant de 31 ans, Bonifacio Eugenio-Romero, des suites de la maladie. Il était employé chez Woodside Greenhouses, une exploitation agricole à Leamington.

Des milliers de travailleurs seront testés

Dès mardi, une équipe gérée par Santé Ontario entamera une opération d'écouvillonnage des 8000 travailleurs migrants dans la région de Windsor-Essex.

Plus tôt cette semaine, la médecin hygiéniste adjointe de l'Ontario a révélé qu’au moins 85 travailleurs saisonniers étrangers avaient contracté la maladie dans la région.

Un test de dépistage de la COVID-19.

Une équipe menée par Santé Ontario veut tester tous les travailleurs saisonniers du sud-ouest de l'Ontario dans les prochaines deux semaines.

Photo : CBC/Erik White

La campagne durera entre 10 et 14 jours, avec le soutien du Bureau de santé publique du comté de Windsor-Essex, de la municipalité de Leamington et du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario.

En date de samedi, le Bureau de santé de Windsor-comté d’Essex est le troisième bureau qui rapporte le plus de cas dans la province, derrière Santé publique Toronto, et le Bureau de santé de Haldimand-Norfolk, au sud de Hamilton.

Des conditions de travail dangereuses, selon un organisme

Pour Sonia Aviles de la coalition Migrant Workers Alliance for Change, les morts des deux travailleurs agricoles saisonniers sont la conséquence des conditions liées à leur statut au Canada.

En étant travailleur temporaire avec un permis de travail fermé, ceux-ci ne peuvent, par exemple, travailler que pour un employeur au pays, et sont donc contraints d'accepter certaines conditions de travail pour pouvoir rester au Canada, selon la porte-parole de la Coalition.

Des travailleurs agricoles saisonniers procèdent à la récolte des canneberges dans une cannebergière de Saint-Louis-de-Blandford, dans le Centre-du-Québec.

Selon une militante pour les droits des travailleurs agricoles saisonniers, ceux-ci hésitent à refuser des conditions de travail dangereuses parce qu'ils dépendent de leur employeur pour conserver leur statut de travail.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Mme Aviles affirme avoir été en contact avec des centaines de travailleurs migrants depuis le début de la pandémie. D'après les informations qu’elle a recueillies, certains de ces travailleurs vivraient dans des situations de logement précaires, parfois six travailleurs dans une chambre à coucher, sans la possibilité de distanciation physique.

Les travailleurs ont peur de mourir seuls dans ce pays loin de leur famille. Leurs pires cauchemars sont devenus réalité.

Sonia Aviles, Migrant Workers Alliance for Change

Cette dernière milite pour que les travailleurs migrants puissent avoir accès au statut de résident permanent afin que les travailleurs soient libres de refuser des conditions de travail dangereuses.

Elle exige aussi que les travailleurs atteints du virus puissent demander des permis de travail ouverts afin de pouvoir quitter leur employeur.

Nous avertissons le gouvernement des conditions dans lesquelles vivent les travailleurs saisonniers depuis de nombreuses années, mais malheureusement il a fallu la COVID pour révéler ce que nous savons déjà et ce que nous entendons depuis des années, lance-t-elle.

Le ministère de l'Immigration du Canada a été contacté samedi en début d'après-midi mais n'a pas encore fait suite à la requête de Radio-Canada à l'heure où nous écrivons ces lignes.

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Windsor

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