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Mort de Chantel Moore : l'Association des policiers ne commentera pas pour l'instant

Des agents devant une scène de crime.

Une femme de 26 ans a été atteinte par balle par un agent de la Force policière d'Edmundston.

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Radio-Canada

Le coup de feu fatal d'un policier sur une femme autochtone soulève de nombreuses questions chez les habitants du Madawaska, mais l'Association des policiers et répartiteurs d'Edmundston ne commentera pas le dossier jusqu'à la fin de l'enquête.

Chantel Moore, une femme de 26 ans de la Première nation Tla-o-qui-aht en Colombie-Britannique, a été tuée par balle par l'agent qui est venu chez elle pour effectuer un contrôle de bien-être jeudi. Le service de police avait reçu un appel d’une personne inquiète du bien-être de la jeune femme.

Jennifer Gaudreau (dans la partie supérieure) et Chantel Moore.

Jennifer Gaudreau (dans la partie supérieure) et Chantel Moore.

Photo : Gracieuseté

La police d'Edmundston a déclaré que l'agent avait tiré sur Chantel Moore pour se défendre car elle aurait eu un couteau et proférait des menaces lorsque les policiers sont arrivés chez elle.

Une unité indépendante de la police enquête sur la fusillade et les témoignages des policiers.

Dans un communiqué de presse envoyé samedi à la communauté, l’Association des policiers et répartiteurs d’Edmundston (APRE) indique qu’elle ne donnera pas d’autres commentaires avant la fin de l’enquête. 

Il s’agit d’une situation tragique et difficile pour toutes les parties impliquées. L’Association offre également le soutien aux membres ayant été impliqués de près ou de loin dans cette intervention , peut-on lire dans le message.

Du ruban délimitant un périmètre.

La Force policière de la Ville d'Edmundston bloquait un périmètre de sécurité entre la rue Hill et le chemin Canada.

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

L’Association, qui représente le corps policier d’Edmundston, a aussi offert ses condoléances à la famille de Chantel Moore. Elle dit offrir tout son appui aux enquêteurs de l’unité de la GRC responsable du dossier.

Face à ces faits, nous soutenons à 100 % l’enquête indépendante en cours visant l’action d’un de nos membres. Nous attendrons le résultat de l’enquête avant de fournir d’autres commentaires, soutient l’APRE.

Qui devrait répondre à ces appels?

Christian Leuprecht, professeur au Collège militaire royal et à la School of Policy Studies de l'Université Queen's, croit que cela met en évidence les effets du manque de financement des services sociaux, qui auraient pu prendre l’affaire en main, plutôt que la police.

Un portrait de Christian Leuprecht.

Christian Leuprecht, professeur au Collège militaire royal et à l'École des études politiques de l'Université Queen's à Kingston, en Ontario, est un expert en matière de gouvernance de la GRC.

Photo : Gracieuseté : Christian Leuprecht

La police fait des choses qui ne sont pas vraiment des fonctions de police, mais il n'y a personne d'autre pour les faire, dit-il. Elle doit intervenir là où les services sociaux ne peuvent pas.

Il n'y a de définition standardisée ni de processus de vérification du bien-être nulle part au pays, explique le professeur.

Les appels aux autorités pour vérifier l'état de santé d'une personne peuvent parfois être liés à des préoccupations concernant sa santé mentale — des raisons qui ont augmenté de façon régulière au Nouveau-Brunswick.

La nature exacte de l'appel pour la vérification du bien-être de Chantel Moore n'est pas claire. La famille a déclaré à CBC qu'un ancien petit ami qui vit à Toronto avait demandé à la police de vérifier son état de santé parce qu'elle était harcelée.

L'inspecteur Steve Robinson, de la police d'Edmundston, indique que Mme Moore avait reçu des messages étranges sur son compte Facebook.

L'inspecteur Steve Robinson en uniforme devant un logo de la force policière d'Edmundston.

L'inspecteur Steve Robinson, de la force policière d'Edmundston, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, raconte que lorsqu'il a appris la mort de Chantel Moore, il a pensé qu'il s'agissait d'une sorte de blague morbide.

Je ne comprends pas comment quelqu'un peut mourir pendant un contrôle pour vérifier son bien-être, dit le ministre.

Processus général

Plusieurs services de police du Nouveau-Brunswick et l'Académie de police de l'Atlantique, qui, selon le professeur Christian Leuprecht, forment la plupart des forces municipales du Nouveau-Brunswick, ont tous refusé de dire quelles directives générales ils donnent aux agents lorsqu'ils les envoient faire un contrôle de bien-être.

M. Leuprecht explique que certains contrôles de bien-être sont mandatés par les tribunaux ou une agence et que parfois ce sont la famille et les amis qui appellent la police pour vérifier si une personne va bien.

Ce sont deux cas évidents [d'une vérification policière], dit-il. Je ne sais pas dans quelles autres circonstances vous pourriez enclencher une vérification de son état de santé, mais en gros, soit il est prescrit de vérifier l'état de quelqu'un... soit quelqu'un exprime une inquiétude au sujet de quelqu'un d'autre.

Le ministre de la Justice réclame pour sa part des enquêtes indépendantes « dans les plus brefs délais ».

Marc Miller derrière un pupitre.

Le ministre des Services aux Autochtones

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Une campagne de sociofinancement pour soutenir la mère et la fille de Chantel Moore a été créée par une habitante de Port Alberni. Vendredi, près de 90 000 $ avaient été ainsi amassés.

Avec des renseignements de CBC Nouvelle-Écosse et de Wildinette Paul

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