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Mort de George Floyd : les ventes de livres antiracistes en hausse au Canada

Des exemplaires du livre sur une tablette de bibliothèque.

Le livre québécois 11 brefs essais contre le racisme est publié aux Éditions Somme toute.

Photo : Facebook/Éditions Somme Toute

Radio-Canada

La vague d’émotion suscitée par la mort de George Floyd aux États-Unis s’est matérialisée, au Québec comme dans le reste du Canada, par une hausse des ventes de livres consacrés à la question du racisme.

Selon les chiffres communiqués par la Société de gestion de la Banque de titres de langue française (BTLF), qui surveille le marché du livre francophone au Canada, les ventes d’ouvrages centrés sur les problématiques du racisme et de l’intolérance ont été multipliées par 2,5 depuis deux semaines.

Les trois titres les plus vendus présentement, selon la BTLF, sont deux livres jeunesse – Le racisme et l'intolérance, de Louise Spilsbury, et Le racisme, d’Astrid Dumontet – et Kuei, je te salue : conversation sur le racisme, un dialogue entre la poète innue Natasha Kanapé Fontaine et le romancier Deni Ellis Béchard sur le racisme entre Autochtones et allochtones.

Des ventes qui explosent au Canada anglophone

BookNet Canada, qui compile les ventes de livres sur le marché anglophone, dresse le même constat. Nous avons noté une augmentation massive en seulement quelques jours, [...] depuis que les manifestations ont commencé, a déclaré Noah Genner, le directeur général de l'organisation.

Pour certains livres, les pourcentages de hausse, de la semaine du 24 mai à celle du 31 mai, atteignent les trois chiffres.

The Skin We're In: A Year of Black Resistance and Power, du journaliste canadien Desmond Cole, et Policing Black Lives: State Violence in Canada from Slavery to the Present, de l’autrice montréalaise Robyn Maynard, ont respectivement vu leurs ventes bondir de 185 % et de 172 %.

À Brampton, en Ontario, Sean Liburd est copropriétaire de Knowledge Bookstore, une librairie qui ne vend quasiment que des livres écrits par des membres de la communauté noire.

Il a observé un plus grand intérêt pour les livres que propose sa librairie. Contrairement au public qu’elle attire habituellement, la nouvelle clientèle est principalement composée de personnes blanches.

C’est juste que cela m’attriste un peu qu’il ait fallu que l’Amérique soit quasiment en feu [...] avant que les gens ne commencent à vraiment prêter attention, a-t-il déclaré.

Trois livres à (re)découvrir

Que lire en français pour s’ouvrir à la réalité vécue par les personnes racisées, pour s’informer sur le racisme systémique ou encore pour aborder le sujet du racisme avec ses enfants? En 2017, Gabriella Kinté a ouvert, à Montréal, la librairie Racines, qui se consacre aux livres écrits par des personnes racisées ou portant sur des thèmes touchant cette communauté.

Gabriella Kinté conseille la lecture de l’ouvrage collectif 11 brefs essais contre le racisme, qui réunit des textes d’auteurs et d'autrices comme Christian Nadeau, Amel ZaaZaa, Will Prosper et Fabrice Vil.

Ce sont des personnes extraordinaires qui ont contribué à ce livre, qui touche à beaucoup de sujets, comme la lutte sociale, le syndicalisme, l’islamophobie, le racisme, a-t-elle expliqué à Eugénie Lépine-Blondeau, la chroniqueuse culturelle de l’émission Tout un matin.

Je pense que c’est un incontournable si on veut comprendre ce qu’il se passe ici au Québec.

Au jeune public, Gabriella Kinté suggère de lire Voici Viola Desmond, qui dresse le portrait de Viola Desmond, une femme d’affaires noire qui, dans le Canada des années 1940, s’est élevée contre le racisme en refusant, dans un cinéma, de s’asseoir dans un des sièges réservés aux personnes de couleur. Cette femme, qui s’est retrouvée en prison, figure désormais sur les billets de 10 dollars.

On entend souvent l’histoire de Rosa Parks, qui a refusé de laisser sa place dans un autobus aux États-Unis, mais je trouve ça bien qu’on lise l’histoire d’une femme noire d'ici, qui n’a pas voulu céder lorsqu’on lui a demandé de laisser sa place.

Parmi les ouvrages en langue anglaise, Gabriella Kinté recommande la lecture d’Africville, de Shauntay Grant, qui revient sur un village noir près d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, qui a été détruit dans les années 1960.

Cette communauté a existé pendant 150 ans et on en parle très peu, a-t-elle précisé.

Avec les informations de Canadian Press

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