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Arrestation musclée au Nunavut : l’homme arrêté réclame justice

Le reportage de Julie Emond.

Photo : CBC

Radio-Canada

La vidéo d'une arrestation musclée de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à Kinngait, au Nunavut, lundi soir, continue de susciter beaucoup de réactions partout au Canada. L’homme arrêté veut poursuivre en justice les agents responsables de son arrestation.

L’homme de 22 ans a aussi été attaqué alors qu'il était en détention au poste de la GRC, et son compagnon de cellule fait l'objet d'une accusation d'agression grave.

Lors d’une entrevue en inuktitut avec la CBC, le jeune homme a déclaré ne pas être content de la façon dont il a été traité par les policiers.

« Je veux poursuivre ces policiers au civil et déposer une plainte au criminel, comme m'y a encouragé mon avocat », a-t-il dit après avoir reçu son congé de l'Hôpital d’Iqaluit, où il avait été transporté en raison de ses blessures.

Une vidéo de son arrestation pour ivresse en public, captée et publiée par un passant, montre un agent de la GRC qui le fait tomber en le heurtant avec la portière ouverte de sa camionnette en mouvement, avant de procéder à son arrestation avec l’aide de quatre collègues.

« J'ai vu la vidéo », a indiqué l'homme, dont CBC ne dévoile pas l'identité. « Je pense que les policiers qui m'ont fait ça devraient être [suspendus]. »

Il ajoute ne pas se souvenir de sa soirée de lundi soir, qu'il avait commencé en buvant avec des membres de sa famille.

« Je me souviens d'avoir chancelé juste avant d'être frappé par le véhicule de la GRC, dit-il. [Plus tard] on m'a dit que j'avais été battu dans la cellule de détention. »

Des camionnettes de la GRC devant un immeuble.

Le détachement de la GRC à Kinngait, au Nunavut.

Photo : Sara Frizzell/CBC

« Une mesure honteuse et déshumanisante »

En conférence de presse vendredi matin, le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, a qualifié de honteux les différents incidents concernant des autochtones et des membres des forces de l’ordre au cours des derniers jours.

« Une porte de voiture n’est pas une tactique policière correcte, c’est une mesure honteuse, déshumanisante et violente », a-t-il dit avant de poursuivre ses commentaires sur l'incident ayant mené la mort de Chantel Moore jeudi au Nouveau-Brunswick.

Ce sont des gestes disgracieux et honteux. On se doit, en tant que pays démocratique, d’avoir une révision indépendante des gestes qui ont été posés par ceux qui se doivent de protéger la population canadienne.

Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones
Marc Miller en conférence de presse devant plusieurs drapeaux du Canada.

Le ministre des Services aux Autochtones du Canada, Marc Miller.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

L’enquête indépendante

Vendredi, des membres du service de police d’Ottawa étaient en route vers le Nunavut pour y entreprendre une enquête indépendante sur l’arrestation de lundi soir.

C'est la sixième enquête que doit faire le Service de police d’Ottawa cette année à la suite d'incidents impliquant des agents de la Division V de la GRC au Nunavut.

Lorsque l'enquête sera terminée, la police d’Ottawa donnera son rapport à la GRC du Nunavut, qui la transmettra au gouvernement territorial.

Ce sera au gouvernement du Nunavut de décider s'il publiera le rapport, ce qui est rarement le cas, explique la commandante de la Division V, la surintendante principale Amanda Jones.

L’agent au centre de l'affaire a été retiré de Kinngait et envoyé ailleurs au Nunavut, dans un lieu que la GRC ne veut pas dévoiler. Il a été placé dans un poste administratif, et ses armes lui ont été retirées.

Les conclusions du rapport de police d'Ottawa pourraient avoir une incidence sur l'enquête interne effectuée en vertu du code de conduite que fait en parallèle la GRC du Nunavut, a déclaré sa commandante. L’agent pourrait faire face à une réduction de salaire, à une perte de grade ou à un congédiement.

Dans un communiqué de presse, le Nunavut Tunngavik, qui protège les droits et les intérêts des Inuit du Nunavut, a critiqué l’idée qu’un service de police fasse enquête sur les actions d’un autre.

L’organisme préconise plutôt l'établissement d'un modèle de surveillance indépendant de la GRC. 

« La fréquence constante et croissante de ces incidents violents impliquant la police indique qu'il ne s'agit pas d'événements uniques, mais bien de problèmes systémiques au sein du système judiciaire », indique le communiqué.

« Je veux que les résidents du Nunavut sachent qu'ils sont en sécurité dans nos communautés », indique pour sa part la surintendante principale Amanda Jones. « [L’agent en question] devra répondre de ses actes. »

Avec des informations de Beth Brown, Jackie McKay et Amy Tucker

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