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Des commerçants albertains imposent des frais en raison de la COVID-19

Deux mains s'échangent un ticket de caisse.

Certains Albertains sont surpris par l'apparition de « frais COVID » chez certains commerçants.

Photo : La Presse canadienne / Julie Jacobson

Depuis le début de la première étape de déconfinement le 14 mai, les commerces qui désirent ouvrir leurs portes en Alberta doivent pour la plupart s’équiper en équipement de protection personnelle. Pour absorber les coûts que cela engendre, certains d’entre eux ont décidé d’imposer des frais supplémentaires à leurs clients.

Laura Harrison a été surprise lorsque la réceptionniste du cabinet de dentiste où elle est traitée l’a informée qu'elle devrait payer des « frais COVID » de 17 $ pour compenser les coûts liés à l'achat d'équipement de protection personnelle.

Je comprends pourquoi ils font cela, mais je ne comprends pas pourquoi notre système de santé ne prend pas en charge ce genre de frais, ajoute-t-elle.

La mère de deux enfants travaille comme concierge dans une école secondaire et ne travaille plus depuis le début de la pandémie, ce qui a fragilisé sa situation financière.

Ce n’est que 17 $, mais c’est de l’argent que je ne peux pas me permettre de dépenser n’importe comment, déplore-t-elle.

Des frais essentiels

Une coiffeuse est debout derrière une cliente assise. Les deux portent un masque.

Les salons de coiffure ont rouvert dans certaines régions du pays, mais ils sont soumis à des règles rigoureuses sur le nombre de clients qu’ils peuvent accueillir et doivent suivre des règles strictes de nettoyage.

Photo : Radio-Canada / Jason Burles

Pour certains commerçants déjà durement touchés par la pandémie, ces frais sont cependant essentiels à leur survie.

Jodi Ohama est copropriétaire des salons de coiffure RedBloom Salon, à Calgary. Son partenaire et elle ont décidé de demander 5 $ de plus à leurs clients afin de couvrir les milliers de dollars dépensés pour l’achat d'équipement de protection personnelle et la perte de revenu engendrée par la diminution du nombre de clients.

Nous ne pouvons utiliser que 50 % de notre espace pour maintenir une distance appropriée entre les clients. [...] Nous mettons également 15 minutes entre chaque rendez-vous pour nettoyer et désinfecter, explique Jodi Ohama.

Nous assumons une partie des frais, parce que 5 $, ce n’est pas assez pour couvrir toutes nos dépenses liées à la COVID-19, ajoute-t-elle.

Jereme Bokitch, le propriétaire des salons de coiffure et d’esthétique Hedkandi et Butter Beauty Parlour, à Calgary, affirme avoir déjà déboursé plus de 11 000 $ en équipement de protection personnelle et produits nettoyants contre la COVID-19.

Il a décidé d’ajouter 6 $ à la facture de chaque client pour l’aider à couvrir ces frais.

Cela ne plaît pas à tout le monde, mais la plupart des clients comprennent. Nous ne pouvions pas nous permettre d’ouvrir et d’assumer toutes ces dépenses supplémentaires.

Jereme Bokitch, propriétaire, Hedkandi et Butter Beauty Parlour

En plus d’avoir dépensé des milliers de dollars pour se conformer aux nouvelles mesures sanitaires imposées par la province, Brennen Wowk, propriétaire du restaurant Bo's Bar & Stage, à Red Deer, et membre du conseil d'administration de l'Alberta Hospitality Association, explique quant à lui devoir faire face à une augmentation générale des prix des produits alimentaires et de l’alcool.

Il ne sait cependant pas encore s’il devra imposer des frais supplémentaires fixes à ses clients ou augmenter ses prix.

Nous allons d’abord devoir étudier l’impact de l’achat du matériel de protection et de l’embauche de personnel pour assurer le nettoyage avant d’apporter des changements, mais nous devrons certainement ajuster nos prix, dit-il.

Des commerçants dans leur droit

Jessie St-Cyr, agente des communications et relations médias au Bureau d’éthique commercial du centre et du nord de l’Alberta, dit que de plus en plus de commerçants à travers le Canada décident d’imposer des frais liés à la COVID-19.

N’importe quel entrepreneur qui veut ajouter des frais a le droit de le faire, dit-elle en précisant que l’organisme n’a pas reçu de plaintes de consommateurs à cet effet.

Ce qu’il faut comprendre comme consommateur, c’est que ces entrepreneurs essaient de survivre, de protéger leurs entreprises, les consommateurs et leurs employés, ajoute-t-elle.

Elle précise cependant que les clients doivent être mis au courant de l'existence et du montant de ces frais dès le départ.

Tant que le consommateur est au courant [...] on n'y voit pas de problème.

Jessie St-Cyr, agente, Bureau d’éthique commercial du centre et du nord de l’Alberta

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, le ministère des Services aux citoyens de l'Alberta confirme qu’il est permis, pour les commerçants, d’appliquer des frais supplémentaires s’ils sont correctement indiqués, expliqués et raisonnables.

Il ajoute que son Centre de communications avec les consommateurs n’a reçu que quatre questions de consommateurs par rapport à des frais liés à la COVID-19.

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