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Pourquoi le port du masque demeure marginal à Québec

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Une dame achète des légumes.

Le reportage de Pierre-Alexandre Bolduc

Photo : Getty Images / Radila Radilova

Le port du masque, bien que fortement recommandé par la santé publique, semble demeurer une habitude marginale dans la capitale, notamment dans les commerces.

Croisée dans un marché d’alimentation, Francine Mantha choisit de ne pas porter de masque, même si elle confie en avoir une dizaine dans sa voiture.

Si j’étais à Montréal, ce serait différent, laisse-t-elle tomber. Comme elle, plusieurs personnes rencontrées dans ce même commerce affirment qu’elles porteraient le masque si c’était obligatoire, mais pour le moment, elles ne se sentent pas en danger.

Une femme avance vers la caisse avec son panier dans un marché d'alimentation.

Francine Mantha (à gauche) serait plus portée à utiliser le masque si elle était à Montréal, où la population est plus dense et les cas de COVID-19 plus nombreux.

Photo : Radio-Canada

Le directeur adjoint de la Corne d’abondance, Sébastien Paquet, estime qu’à peine 25 % des clients qui entrent portent un couvre-visage. C'est surtout des personnes plus âgées.

Je n'ai vu aucun jeune de 30 ans et moins qui en portait en magasin, souligne-t-il, ajoutant que très peu de jeunes achètent les masques offerts en magasin. Le commerce n'oblige pas non plus ses employés à porter le masque.

Un défi

La vice-première ministre du Québec, aussi responsable de la région de la Capitale-Nationale, dresse le même constat : le port du masque est difficile à inculquer.

C'est un petit peu dommage, parce que quand on pense aux autres consignes, la distanciation de deux mètres, le lavage de mains, ça, je pense que c'est très bien intégré par les gens à Québec. Mais le port du couvre-visage, il y a encore un défi, analyse Geneviève Guilbault.

Le port du masque est, selon elle, une condition essentielle au retour à une vie plus normale et à un plan de déconfinement réussi.

La vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault.

La vice-première ministre Geneviève Guilbault veut convaincre la population de l'importance de porter le masque.

Photo : Radio-Canada

Ça fait bizarre au début, mais à force de le porter, je vous le dis, on finit par l'oublier, on ne s'en rend plus compte.

Geneviève Guilbault, ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale

L’effet du mouton

Geneviève Guilbault admet qu’il peut être intimidant de porter un masque, alors que les autres personnes dans l’entourage n’en portent pas. Ce n’est pas le temps d’avoir de la gêne mal placée et elle encourage les gens de la région à donner l’exemple.

L’anthropologue Ève Dubé abonde dans le même sens et rappelle que la plupart de comportements sont une histoire de perception.

On est très influencé par ce que les autres autour de nous font. Donc, il y a toujours un phénomène qui fait en sorte que plus il y a de gens qui portent le masque, plus il y a de gens qui vont être incités à le porter, note la chercheuse à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Ève Dubé, anthropologue et chercheuse à l'INSPQ.

Ève Dubé est anthropologue et chercheuse à l'INSPQ.

Photo : Radio-Canada

Plus les comportements sont encouragés d'un point de vue social, plus les gens vont y adhérer ou s'y conformer.

Ève Dubé, anthropologue et chercheuse à l'INSPQ

Elle estime que si les gens, au début de la pandémie, ont soigneusement respecté les interdictions de rassemblements, c’est qu’il s’agissait de se protéger eux-mêmes et leurs proches. Le port du masque sert quant à lui davantage à protéger les autres personnes, ce qui en ferait un comportement plus difficile à populariser.

On sait que les gens vont être encouragés à adopter des comportements pour se protéger eux-mêmes. L'altruisme, c'est pas toujours évident.

Avec la collaboration de Pierre-Alexandre Bolduc

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