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Des Manitobains victimes de racisme se racontent

Une femme debout devant une maison.

Kemlin Nembhard n'a pas été servie dans un restaurant en raison de la couleur de sa peau.

Photo :  CBC / Austin Grabish

Radio-Canada

Kemlin Nembhard était l’une des deux seules élèves noires de son école. Âgée de 50 ans, elle se souvient pourtant très bien d’avoir vécu du racisme à l’école primaire, à Winnipeg.

Les enfants étaient méchants… On me criait des noms, on m’intimidait, confie-t-elle. Je m’assurais d’entrer dans l’autobus la première, parce que, sinon, je n’aurais jamais été capable de trouver un siège. Personne ne voulait que je m’assoie à ses côtés.

Maintenant conseillère en gestion, Kemlin Nembhard a travaillé dans toutes les provinces du pays. Elle affirme que c’est au Manitoba qu’elle a vécu le plus de racisme dans sa vie adulte.

La seule fois où on a refusé de me servir, c'était à Portage la Prairie, il y a environ 15 ans. Donc, c’est assez récent, commente-t-elle.

Elle raconte qu'elle s'était arrêtée dans un restaurant de la petite ville située à l’ouest de Winnipeg, au retour d’un voyage, accompagnée de deux amis blancs. Quelques tables seulement étaient occupées. Il y avait en fait plus d’employés que de clients, se souvient-elle.

Or, après avoir attendu plus d’une heure, les trois amis ont réalisé qu’ils ne seraient jamais servis. Les employés ne venaient pas prendre notre commande, mais les cuisiniers nous regardaient tous par leur fenêtre, poursuit Kemlin Nembhard.

Elle est certaine qu’ils n’ont pas été servis en raison de la couleur de sa peau. Si tu as subi ce genre de comportement avant, tu sais au plus profond de toi quand cela se produit, affirme-t-elle.

Éducation et conscientisation

De son côté, Raymond Ngarboui est catégorique. Il considère qu'il est chanceux de n’avoir presque pas vécu de racisme depuis qu’il vit au Canada.

Néanmoins, un souvenir s’impose à la mémoire du Winnipégois, arrivé au Canada en tant que réfugié camerounais il y a 14 ans.

Fraîchement diplômé du Collège Red River en développement communautaire, il a postulé à un emploi qu’on lui a refusé. C’était évident que j’étais victime de racisme, affirme-t-il. Mon profil correspondait en tous points à la fonction, mais on m’a dit que je n’étais même pas assez qualifié pour obtenir un entretien d’embauche. Cependant, j’occupais un emploi identique [à celui auquel je postulais] depuis plus de deux ans.

Une homme dans un parc devant un immeuble à logements.

Raymond Ngarboui croit que les gens doivent avoir plus d'éducation à propos du racisme au Manitoba.

Photo : Trevor Brine CBC

Raymond Ngarboui regarde les manifestations des derniers jours, déclenchées par la mort de George Floyd à Minneapolis. Il affirme avoir uniquement eu des relations positives avec les forces de l’ordre. Il a collaboré avec des agents de police afin de régler des problèmes entre eux et des nouveaux arrivants.

Il n’en demeure pas moins, selon lui, qu'il reste du travail à faire. Les gens doivent avoir plus d’éducation à propos du racisme au Manitoba, assure-t-il.

Tout le monde doit passer le message

Christian Mekoh, quant à lui, aimerait seulement que les gens arrêtent de lui demander d’où il vient. Le cofondateur de la chocolaterie Aschenti Cocoa affirme qu’il se fait poser la question régulièrement.

Il confie que, lorsqu’il est arrivé à Winnipeg en provenance de la Belgique, en 2012, il attribuait ces questions à de la simple curiosité. Mais depuis, c'est une source d'irritation constante. C’est comme s’il fallait se justifier tous les jours, affirme-t-il.

S’il a eu des discussions à propos du racisme avec son fils de 7 ans au cours des derniers jours, ce n’est pas la première fois qu’ils abordaient le sujet.

Un homme devant un arbre, les bras croisés.

Christian Mekoh parle de son expérience afin de contribuer à la discussion ambiante à propos du racisme.

Photo :  CBC / Austin Grabish

Christian Mekoh dit avoir subi du profilage racial lorsqu’il magasinait à Winnipeg, certains employés présumant qu’il n’avait pas assez d’argent pour faire des achats dans leur boutique. [Mon fils] me disait : "Papa, pourquoi nous [...] dit-on que nous ne pouvons acheter ici? Est-ce que c’est parce que nous sommes Noirs?, raconte-t-il.

Il a décidé de parler de ce qu'il a vécu publiquement pour contribuer à la discussion ambiante à propos du racisme. Tout le monde doit passer le message.

Ce qui arrive aux États-Unis, ça ne concerne pas seulement la mort de George Floyd. Ça concerne l’humanité de tous, conclut-il.

Avec les informations d'Austin Grabish

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