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Mort de George Floyd : « Étant un Blanc privilégié, je ne voyais pas un tas de choses »

Depuis la mort de George Floyd, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer justice. Robert Saxton est un écrivain américain blanc qui est né à Minneapolis, la ville où George Floyd est mort le 25 mai dernier. Il parle de ses rapports avec les minorités, de ce que la mort de George Floyd a suscité chez lui et de son espoir de voir son pays changer après cette tragédie.

Un homme seul assis avec une casquette.

L'écrivain américain Robert Saxton dit ne s'être rendu compte de certaines injustices que vivaient ses amis noirs et autochtones qu'après la mort de George Floyd.

Photo : Robert Saxton

Il y a un peu peu plus d'un an et demi, lorsque les démocrates ont repris le contrôle de la Chambre des représentants, avec à la clé l'élection au Minnesota d'Ilhan Omar, une jeune femme d'origine somalienne, Robert Saxton disait ne pas être surpris de voir cela se produire dans un État progressiste comme le Minnesota.

Lorsqu'on lui demande s'il est étonné que ce drame ait eu lieu dans la capitale même de cet État, il répond sans ambages. « J'avais entendu dire que la police de Minneapolis était un problème, mais en tant qu'homme blanc privilégié et vivant dans le nord de l'État, je ne faisais pas très attention. Donc. oui, je suis surpris. Mais il y a plein de Noirs et d'Autochtones à Minneapolis qui ne l'ont pas été du tout », note-t-il.

La démocrate Ilhan Omar est souriante alors qu'elle s'adresse à ses partisans à la suite de son élection.

La démocrate Ilhan Omar s’adresse à ses partisans à la suite de sa victoire dans le 5e district du Congrès du Minnesota, le 6 novembre 2018.

Photo : Associated Press / Hannah Foslien

L'homme de 50 ans reconnaît que, sur certains plans, le Minnesota est bel et bien un État progressiste avec un niveau d'éducation très élevé et un très bon système de santé.

Il affirme que la mort de George Floyd lui a fait changer d'opinion. « J'ai grandi à Minneapolis avec une mère et des enfants. On n’avait pas beaucoup d'argent, mais j'avais un privilège dont je ne m'apercevais pas, celui d'être un Blanc », affirme-t-il.

Le racisme au quotidien

Il raconte que son meilleur ami d'enfance, Bjorn Haines, un Afro-Américain, l'a informé un jour qu'il déménageait à New York parce que, comme il était Noir, le Minnesota n'était pas un endroit facile pour lui.

« Quand il m'a dit ça, j'ai pens : "Allez! ce n'est pas si mal que ça, le Minnesota!" Mais, je ne suis pas Noir, je ne suis pas Autochtone. Il y a des tas de choses que je n'ai pas vues tout au long de ma vie en étant un Blanc », dit aujourd'hui Robert Saxton.

Un groupe de 5 personnes debout dont des enfants.

Robert Saxton et son ami Bjorn Haines, avec leurs enfants.

Photo : Robert Saxton

Il cite, par exemple, le fait d'être suivi par quelqu'un dans un magasin ou encore de devoir arrêter sa voiture parce que la police a cru y voir quelque chose.

« Un de mes amis, qui est Autochtone, m'a dit dernièrement qu'il s'est fait arrêter en voiture une quarantaine de fois. J'étais bouche bée. C'est énorme! Moi, c'est une dizaine de fois dans ma vie. Je ne parle pas de la structure raciale que nos ancêtres ont créée et qui existe toujours et contre laquelle il faut lutter, mais il y a un tas de choses de la vie quotidienne que je ne voyais pas », ajoute-t-il.

L'espoir d'une nouvelle Amérique

L'écrivain explique que, bien que si son ami Bjorn Haines et lui aient grandi tous les deux à Minneapolis, pour le premier, le simple fait de faire de la course à pied dans un quartier n'était pas facile parce qu'il est Noir.

« Moi, si je veux courir, je le fais. Si je veux faire du magasinage, je le fais où je veux et si j'ai une rencontre avec la police, je sais que ça va bien se passer. J'élève mes trois enfants et je n'ai pas besoin de leur faire des leçons sur la police. Lui a dû tout faire », regrette Robert Saxton, qui dit avoir terriblement honte de n'avoir rien remarqué pendant toutes ces années.

Des enfants qui jouent entre eux.

Robert Saxton avec ses amis d'enfance (dont Bjorn Haines) jouant à lutter contre les forces du mal.

Photo : Robert Saxton

Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir été un bon allié de son ami Bjorn Haines, dont il a donné le prénom à l'un de ses enfants. Toutefois, Robert Saxton affirme qu'il a fallu la mort de George Floyd et des foules dans les rues pour lui ouvrir les yeux sur certaines réalités que vivent les minorités.

Malgré tout, l'écrivain ne perd pas espoir. Car, selon lui, le fait de voir des milliers de jeunes, de toutes origines, manifester ensemble ces derniers jours annonce des lendemains meilleurs.

Certes, M. Saxton se dit conscient qu'il y aura toujours des personnes racistes qui sont à l'aise dans leur monde, mais il est convaincu que la mort de George Floyd a secoué la communauté blanche.

Il espère que la prochaine élection présidentielle américaine portera un autre candidat à la Maison-Blanche. Parce que, d'après lui, le président Donald Trump veut diviser les Américains.

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