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Migrants mal formés : une enquête publique réclamée par des agences de placement

« Nos organisations n’ont rien à voir avec la mauvaise préparation du réseau public à faire face à ce cauchemar et aux déficiences du mammouth qu’est le ministère de la Santé », déplorent plusieurs agences de placement.

Une préposée aux bénéficiaires en train d’aider une patiente au CHSLD Éloria Lepage à Montréal.

Plusieurs agences de placement en santé déplorent les agissements d'autres entreprises et demandent au gouvernement du Québec d'ouvrir une enquête.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Toutes les agences de placement ne sont pas à mettre « dans le même panier », soutiennent une douzaine de ces entreprises parmi les plus importantes dans le réseau de la santé, qui réclament « une enquête publique » pour « faire la lumière sur [des] pratiques » qu'elles décrient.

Ces agences de placement font référence aux révélations de Radio-Canada, publiées en début de semaine, qui ont conduit le premier ministre François Legault à qualifier cette situation d'« inacceptable ».

Selon de nombreux témoignages, des migrants ont été envoyés au front, dans des zones chaudes des CHLSD, avec une courte formation. Un gestionnaire de centre intégré de santé avait d'ailleurs avoué que le réseau avait fermé les yeux sur certains manquements, en raison de l'absence de personnel.

Certaines agences se sont également spécialisées dans le recrutement de demandeurs d’asile. Ces derniers peuvent être sous-payés. En raison de leur statut précaire et de l’absence d’assurances collectives, certains n’ont pas osé déclarer leurs symptômes et ont continué de travailler. Ils ont aussi été envoyés dans plusieurs établissements, durant une même semaine.

Il s'agit d'agences délinquantes, assurent, par voie de communiqué, plusieurs services de placement, tels Code bleu, Agence Continuum et Expertise en soins de santé 24/7, qui sont membres de l’Association des entreprises privées de personnel soignant du Québec (EPPSQ). Ces dernières refusent de porter le rôle de boucs émissaires pour l’infiltration de la COVID-19 dans nos établissements de santé et nos milieux d’hébergement.

Elles demandent ainsi au gouvernement Legault de faire la lumière sur ces pratiques. Il faut mettre fin à l’octroi de contrats de gré à gré à des agences de placement aux standards de qualité contestables, précisent-elles.

Ces agences, qui diffèrent en tout point des nôtres, sont des organisations souvent éphémères, avec peu ou pas de structure, qui n’ont qu’une seule visée : tirer parti de la crise.

Extrait du communiqué de l'EPPSQ

Ces agences seraient un véritable fléau, et agissent en toute impunité, mais en n'ayant aucune obligation.

Elles ternissent l’image de nos organisations et profitent financièrement de la crise actuelle en mettant la vie des usagers en danger, ajoute l'EPPSQ.

Nous sommes des proies faciles pour celles et ceux qui préfèrent blâmer les autres plutôt que d’avoir l’ouverture et l’humilité de se questionner sur des façons de faire qui nuisent à la prestation quotidienne des services, mais aussi à l’image et à la réputation de la grande majorité d’agences qui, elles, suivent rigoureusement les règles, est-il également spécifié.

Un permis désormais obligatoire

Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ) ont déjà exigé un ménage dans ce secteur par le biais d'une enquête publique. Le Parti libéral du Québec a de son côté dénoncé le « laxisme » du réseau de la santé et l'absence de mesures de contrôle.

Ça s'appelle de l'exploitation, a déclaré la co-porte-parole de QS, Manon Massé, alors qu'Harold Lebel, député du PQ, a déploré un système complètement fou.

Depuis le 1er janvier, un resserrement des règles a été instauré. Les agences de placement doivent notamment obtenir un permis auprès de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

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