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Son chien euthanasié à la maison par respect pour sa vie

Portrait de Nathalie Lebel, assise dans son salon avec, en arrière-plan, des photos de son défunt chien.

Pour Nathalie Lebel, il était important que son animal vive ses derniers moments entouré par tous les membres de la famille.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

De plus en plus de propriétaires d’animaux de compagnie souhaitent que leur « toutou » passe les dernières minutes de sa vie dans la maison où il a grandi, plutôt que dans une clinique vétérinaire qui lui est étrangère.

Nathalie Lebel a dû faire ses adieux à son chien en mai, au début du déconfinement progressif.

Pour honorer la vie de Charlotte, une Boxer de 13 ans, la moindre des choses était de lui permettre de vivre sobrement ses derniers moments, entourée par tous les membres de sa famille.

Chez le vétérinaire, une seule personne aurait pu accompagner Charlotte en raison des restrictions liées à la COVID-19.

Je ne pouvais pas concevoir de laisser mon chien à la porte du vétérinaire et de ne pas être là. Je lui avais fait une promesse d'être là jusqu'à la fin, indique Mme Lebel, la voix empreinte d’émotions.

C'était familial, c'était chaleureux, on avait décidé de mettre le dernier album [de musique que le chien aimait]. Ça faisait deux jours que ça jouait, elle est partie aussi là-dessus. Chez le vétérinaire, ça ne se peut pas.

Nathalie Lebel, propriétaire de Charlotte, une Boxer de 13 ans décédée
La chienne de Nathalie Lebel était un boxer brun. On la voit ici, couchée sur son lit de chien, sous une couverture.

Charlotte est décédée à l'âge de 13 ans.

Photo : Courtoisie / Nathalie Lebel

De plus en plus de propriétaires de chiens, chats et autres animaux de compagnie agissent de la même façon que Mme Lebel, constate l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec.

Diminuer le stress

Depuis l’assouplissement des restrictions sociales, la médecin-vétérinaire Natacha Barrette enchaîne les activités de service à domicile, dont l'euthanasie à la maison d'animaux de compagnie. C'est elle qui a euthanasié Charlotte.

Selon Mme Barrette, plusieurs propriétaires y trouvent des avantages comme celui de diminuer le stress de l’animal de compagnie en lui permettant de mourir chez lui.

Le fait de procéder à l'euthanasie dans le domicile de l'animal, c'est très avantageux, car on leur évite à devoir le transporter dans l'auto, d'aller dans un lieu étranger à l'animal, souligne Natacha Barrette, du Service vétérinaire mobile Mon Vet à la Maison.

La vétérinaire, munie d'un masque, d'un stéthoscope de d'un bac rempli d'outils.

La vétérinaire Natacha Barrette se déplace au domicile de sa cliente avec l'ensemble de ses instruments pour faire l'euthanasie.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Une seule personne admise en temps de COVID-19

En raison des directives sanitaires actuelles, les cliniques vétérinaires doivent se limiter à un seul membre de la famille en salle lors de l'euthanasie, ce qui n'est pas le cas à la maison de l’animal.

La plupart [des cliniques] vont demander qu'une seule personne assiste à l'euthanasie. C'est un choix déchirant, précise Mme Barrette.

Je ne vous cacherai pas que les cliniques vétérinaires sont déchirées à demander cela, mais c'est une question sanitaire. Donc l'option de l'euthanasie à domicile devient pour les familles une option qui leur permet à tous d'assister.

Natacha Barrette, du Service vétérinaire mobile Mon Vet à la Maison
Urne du chien, où l'on voit une trace de patte imprimée.

Nathalie Lebel peut vivre son deuil de Charlotte convenablement.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Revoir les pratiques

L’euthanasie à domicile a par contre le désavantage de nécessiter un plus grand laps de temps par intervention en raison des déplacements.

Il y a une bonne demande, mais c’est inconnu un peu. Certaines cliniques vétérinaires de Québec offrent le service, mais vu la pandémie, il manque des effectifs. Elles ne sont pas toutes aptes à se déplacer à domicile. On ne se le cachera pas, ça prend plus de temps, explique Natacha Barrette.

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec surveille d’ailleurs de près cette nouvelle tendance.

L'euthanasie à domicile en cette période-ci présente quand même des enjeux supplémentaires, mais ils ne sont pas insurmontables, commente Caroline Kilsdonk, présidente de l’ Ordre des médecins vétérinaires du Québec.

Avec les informations de Nicole Germain

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