•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

50 ans de prison équivaudraient à « une peine de mort », selon les avocats d’Ugo Fredette

Ugo Fredette dans un restaurant.

Ugo Fredette a assassiné sa conjointe et un automobiliste en septembre 2017 lors d'une cavale avec un enfant.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Selon la défense, qui faisait entendre ses derniers arguments vendredi sur la peine à imposer à Ugo Fredette pour le meurtre de sa conjointe et d’un automobiliste en 2017, les 50 ans de prison ferme que réclame la Couronne équivaudraient à une peine de mort pour leur client.

Lors de leurs plaidoiries au dernier jour des audiences sur la peine qui doit être imposée au meurtrier de 44 ans, ses avocats ont expliqué à la Cour que si on condamnait leur client à purger 50 ans de prison avant d’être admissible à une libération conditionnelle, cela reviendrait à enfermer Ugo Fredette dans une cellule et à jeter la clé, dans la mesure où il ne serait admissible à une libération conditionnelle qu’à l’âge de 91 ans.

Selon ses avocats, on a beau détester Ugo Fredette pour les crimes qu’il a commis, il n’en demeure pas moins un être humain. Il doit par conséquent être traité comme tel, soit avec dignité, ont-ils souligné. Lui infliger un demi-siècle de prison serait, selon eux, une peine inconstitutionnelle et fondée davantage sur la vengeance que sur la justice.

Les observations sur la peine qui se sont déroulées toute la semaine par visioconférence entre le palais de justice de Saint-Jérôme et le pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines, où est incarcéré Fredette, sont désormais terminées. La décision a été prise en délibéré par la juge Myriam Lachance. Aucune date n’a été fixée pour le dépôt de son jugement.

Réhabilitable ou non?

Plus tôt cette semaine, la Couronne s’est appliquée à présenter Ugo Fredette comme un homme qui a tué sans remords, qui représente un risque élevé de récidive et de qui on ne peut espérer aucune réhabilitation sincère. La Couronne a ajouté qu’il est aussi impardonnable qu’Ugo Fredette ait entraîné un enfant de six ans avec lui lors de sa cavale meurtrière.

C’est pour toutes ces raisons que le ministère public réclame que les peines de prison minimales de 25 ans pour meurtre prémédité s’additionnent, dans la mesure où Fredette a tué deux personnes dans des circonstances qualifiées d’ ignobles.

Un avis appuyé par des rapports carcéraux déposés en preuve qui estiment que Fredette représente un risque élevé pour la sécurité du public ainsi qu'un risque élevé d'évasion.

Rappelons qu’au Canada, lorsque quelqu’un est reconnu coupable de meurtre prémédité, il est automatiquement condamné à une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Dans ce cas-ci, l’accusation réclame que ces deux peines s’additionnent plutôt qu’elles soient concurrentes.

Ugo Fredette, cheveux courts et lunettes, est assis dans le box des accusés.

Croquis d'Ugo Fredette lors de son procès, en septembre 2019

Photo : Radio-Canada

La défense, de son côté, a tenté de convaincre la juge Lachance, experts à l’appui, qu’Ugo Fredette n’est pas un psychopathe et qu’il est tout à fait disposé à se soumettre aux programmes de réhabilitation qui lui seront offerts en prison. La défense estime par ailleurs qu’une peine de 50 ans de prison ferme serait cruelle et démesurée.

Les parents de Fredette ont aussi écrit une lettre à la juge pour lui expliquer comment est réellement leur fils, qu’ils ont décrit comme un être émotif et sensible.

Le 19 octobre dernier, Ugo Fredette a été reconnu coupable par un jury du meurtre prémédité de sa conjointe Véronique Barbe qu’il a poignardée à mort en septembre 2017 dans sa résidence de Saint-Eustache avant de prendre la fuite avec un enfant.

Fredette a également été reconnu coupable du meurtre prémédité d’Yvon Lacasse, 71 ans, qu’il a tué le même jour après lui avoir volé son véhicule dans une halte routière de Lachute, dans les Laurentides.

L’enfant, témoin de ces deux meurtres, avait quant à lui été récupéré sain et sauf lors de la capture d’Ugo Fredette dans l’est de l’Ontario. Une alerte Amber avait été lancée pour le retrouver.

Les avocats d’Ugo Fredette ont porté en appel ces deux verdicts de culpabilité. Ils réclament la tenue d’un second procès.

Avec les informations de Geneviève Garon

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Justice et faits divers