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Des groupes veulent la reprise de la surveillance environnementale des sables bitumineux

Une mer de boue noire.

Les sables bitumineux sont souvent cités en exemple pour expliquer le piètre bilan environnemental du Canada.

Photo : Reuters / Todd Korol

Radio-Canada

Sept groupes environnementaux et communautés autochtones demandent au gouvernement de l'Alberta de reprendre la surveillance environnementale dans les sables bitumineux, après que celle-ci a été suspendue en raison de la pandémie.

La lettre a été envoyée mercredi aux ministères de l’Énergie et de l’Environnement, ainsi qu'à l’Agence de réglementation de l’Énergie.

Les signataires exhortent également le gouvernement à rendre publics ses critères de décision concernant le moment où ces travaux reprendront.

Nous aimerions avoir la confirmation que ces exigences environnementales seront entièrement rétablies dès que possible. Nous souhaitons aussi que le gouvernement de l’Alberta divulgue les critères de prise de décision qui seront utilisés pour déterminer quand aura lieu la reprise de ces opérations, indique la lettre.

Le mois dernier, l'organisme qui réglemente le secteur de l'énergie de la province a suspendu une série importante d'exigences de surveillance environnementale dans l'ensemble de la région des sables bitumineux, invoquant les risques que courent les travailleurs pendant la pandémie de COVID-19.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure

Les entreprises n'ont plus à surveiller la quantité de fumées toxiques émises ou à rechercher et à réparer les fuites de méthane. Les eaux de surface n'ont plus besoin d'être testées, à moins qu’elles ne se répandent dans l'environnement.

La majorité des systèmes de surveillance des sols et des eaux souterraines ont aussi été suspendus. Les exploitants pétroliers n'ont plus à effectuer de surveillance de la faune dans leur secteur d’opération.

La remise en état et la surveillance des milieux humides sont également suspendues.

Le gouvernement a indiqué que certaines des opérations de surveillance doivent reprendre le 30 septembre, mais que la plupart des suspensions n'ont pas de date de fin pour le moment.

Le directeur régional de l’Alberta de l’Institut Pembina, Chris Severson-Baker, estime que, comme la province publie des lignes directrices sur la façon dont les entreprises peuvent rouvrir en toute sécurité, elle devrait faire de même pour la surveillance environnementale.

On n’a pas annoncé de plan, dit-il, mais nous pensons qu'il en existe pourtant un et nous sommes très curieux de le voir et de le comprendre.

Une zone d'exploitation des sables bitumineux près de Fort McMurray, en Alberta.

Sept groupes ont envoyé une lettre au gouvernement de l'Alberta demandant la reprise de la surveillance environnementale dans les sables bitumineux.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Gillian Chow-Fraser, directrice du programme Forêt boréale pour l’organisme environnemental Canadian Parks and Wilderness Society du Nord de l’Alberta avoue qu’elle ne s’explique pas la décision prise par le gouvernement de Jason Kenney.

J’étais choquée, surprise et frustrée par la nouvelle. Ces réglementations environnementales sont censées être un des moyens de s’assurer que les entreprises pétrolières agissent de manière responsable, dit-elle.

Ces décisions unilatérales ont été prises sans consultations et englobent beaucoup de choses, allant de l’air, à l’eau, aux sols, aux émissions de méthane et aux animaux sauvages, c’est vraiment très large ce qui est suspendu comme surveillance. Ce qui est le plus inquiétant et surprenant, c’est qu’il n’y a aucune date de reprise prévue pour ces activités de surveillance pour le moment, ajoute-t-elle.

La province rouvre plusieurs secteurs de l’économie et il y a des travailleurs sur les sites pétroliers avec des protocoles modifiés pour que cela soit sécuritaire. Si des protocoles peuvent être créés pour les barbiers ou les bars, je pense qu’ils peuvent être développés pour assurer la surveillance environnementale des sables bitumineux, affirme Gillian Chow-Fraser.

La porte-parole du ministère de l’Environnement de l’Alberta, Jess Sinclair, a indiqué par courriel : Nous continuons de surveiller la situation de la COVID-19 et ces mesures mises en place à court terme. Des évaluations sont en cours pour déterminer quand ces exemptions seront levées.

Selon Chris Severson-Baker, retarder la surveillance plus longtemps que nécessaire pourrait avoir un coût économique et environnemental.

La lettre a été signée par l’Institut Pembina, la Première Nation crie Mikisew, les Métis de Fort Chipewyan, la Première Nation de Smith's Landing, la Société pour la nature et les parcs du Canada, l'Alberta Wilderness Association et l'Environmental Law centre.

Avec les informations de La Presse canadienne

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