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Un travailleur québécois sur deux en détresse psychologique

Gros plan d'une jeune femme triste.

Quelque 37 % des participants au sondage ont déclaré avoir fait du présentéisme - à savoir, être allés travailler malades - au cours des sept derniers jours.

Photo : iStock / MangoStar_Studio

Un travailleur sur deux au Québec vit une détresse psychologique élevée depuis le début de la pandémie, une augmentation « marquée » par rapport aux données pré-COVID-19. Les femmes et les travailleurs de la santé sont particulièrement touchés par cette situation, selon une nouvelle étude de l'Université Laval.

Des chercheurs ont sondé en ligne 1259 travailleurs québécois entre le 30 avril et le 7 mai. 

Du nombre, 56 % des femmes et 41 % des hommes ont signaler qu'ils éprouvent un niveau élevé de détresse psychologique. En comparaison, en 2015, 33 % des femmes et 24 % des hommes déclaraient ressentir un niveau élevé de détresse.

Ces nouvelles données inquiètent l’auteure de l’étude et directrice du Centre d’expertise en gestion de la santé et de la sécurité du travail, la professeure Caroline Biron.

C’est surprenant, mais non en même temps, admet la scientifique de l'Université Laval. Des études françaises ont aussi révélé des données similaires chez les travailleurs.

Les femmes se reconnaissent peut-être plus dans les énoncés de détresse psychologique, mais les hommes en vivent également. Elle se manifeste dans une forme différente, nuance Mme Biron.

Les travailleurs de la santé sont sans surprise parmi les plus touchés : 61 % d’entre eux ont vécu une détresse psychologique élevée au travail.

Encore des tabous

La pandémie exacerbe des facteurs de risque déjà présents, comme la surcharge de travail, le manque de reconnaissance et de soutien par ses collègues et ses supérieurs ou encore le manque d’autonomie.

Il faut accorder une priorité à la santé psychologique au travail, insiste Mme Biron.

Il y a encore des tabous sur la question et il faudra aborder le problème d’un point de vue organisationnel, croit-elle

On a beaucoup mis la responsabilité sur les individus. On augmente les séances de programmes d’aide aux employés, on incite les gens à avoir une bonne hygiène de vie. Tout ça, c’est très bien […], mais il faut voir ce qui peut être fait au niveau de l’organisation et des conditions de travail.

Augmenter les formations, mettre en place des politiques et pratiques organisationnelles ou encore recruter des gestionnaires capables de gérer des personnes avec un « côté humain » font partie des solutions, précise Mme Biron.

Les entreprises qui accordent une haute importance à la santé psychologique comptent d’ailleurs 24 % moins de personnes qui signalent une détresse élevée, révèle l’étude.

L’économie va mal, tout va mal. Je pense qu’on a besoin de travailleurs qui sont à la fois en bonne santé psychologique et performants. C’est en s'occupant d’eux et en soignant l’organisation et les conditions de travail qu’on va y arriver.

Caroline Biron, professeure, Faculté des sciences de l'administration, Université Laval

Télétravail

Les télétravailleurs disent éprouver autant de détresse que ceux qui se rendent directement au travail, constate Caroline Biron. Certains vivent une expérience positive, tandis que pour d’autres, le travail à la maison représente un défi supplémentaire.

Mais puisque la pratique est là pour durer, il faudra déterminer de nouvelles façons de gérer les employés à distance et d'assurer leur bien-être psychologique. Comment souligner le bon travail d’un employé en télétravail, par exemple.

Donner le choix aux employés quant à leur proportion de travail à la maison et en présentiel est aussi un facteur de protection contre la détresse, souligne la professeure.

Il faudra avoir une certaine flexibilité dans l’organisation, conclut Caroline Biron.

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