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Des conditions strictes si Québec aide Bombardier, promet Legault

Portrait de François Legault en conférence de presse à l'extérieur.

Le premier ministre a indiqué son intention d'imposer des conditions strictes à une éventuelle aide financière à Bombardier.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Pas question d'aider Bombardier sans que le gouvernement impose des conditions strictes : le premier ministre François Legault a assuré que le salaire des dirigeants serait notamment revu à la baisse et que des emplois québécois seraient garantis si l'État se portait au chevet de l'entreprise, qui traverse de nouveau une passe difficile.

De passage en Estrie, vendredi, M. Legault a commenté les discussions en cours entre le ministre des Finances, Pierre Fitzgibbon, et l'ancien fleuron de l'économie québécoise.

Aux prises avec d'importants problèmes de rentabilité et accablée par une dette de 9 milliards de dollars, Bombardier a de plus été durement frappée par la crise provoquée par la pandémie de COVID-19. Vendredi, d'ailleurs, la division Bombardier Aviation a annoncé le licenciement de 2500 employés, dont 1500 au Québec et 400 en Ontario.

Le Québec a perdu 1,3 milliard de dollars dans l'aide offerte à Bombardier, sous les libéraux de Philippe Couillard, pour financer les avions de la C Series, a déclaré le premier ministre, en affirmant que cette somme « devrait être radiée » des budgets, et que les contribuables ne devraient donc pas s'attendre à revoir la couleur de cet argent.

Dans le plus récent budget du gouvernement québécois, cependant, cet investissement dans la C Series, dont la majorité des parts a été cédée à l'avionneur Airbus en 2018, était estimé à 700 millions de dollars.

Aux yeux de François Legault, cette perte est imputable à la mauvaise gestion « de [la nouvelle cheffe libérale] Dominique Anglade et du Parti libéral du Québec [PLQ] ».

Le gouvernement n'a pas investi dans le groupe [la société mère, NDLR], mais seulement dans la division de la C Series. On disait, quand nous étions dans l'opposition, que l'argent aurait dû être placé dans la compagnie mère, on aurait dû demander des actions et exiger que les dirigeants ne se payent pas des salaires complètement odieux, comme on l'a vu avec [l'ancien dirigeant Alain] Bellemare, a-t-il déclaré.

Si on devait investir, on s'assurerait de ne pas répéter cette erreur-là. Ce qui nous intéresse, c'est de garantir les emplois pour les Québécois.

François Legault, premier ministre du Québec

Parmi les autres conditions qui pourraient être imposées à Bombardier, M. Legault a évoqué une « garantie sur les salaires et les bonis des dirigeants », ainsi qu'une « interdiction de payer des dividendes » aux actionnaires.

De l'aide pour l'industrie touristique

Le premier ministre annoncera également, « dans les prochains jours », un plan d'aide financière pour le secteur touristique. « Il est très important d'aider les auberges et les hôtels à passer à travers la crise », a-t-il affirmé.

D'après François Legault, d'ailleurs, s'il faudra « un an ou deux » pour que le nombre de visiteurs étrangers revienne à ce qu'il était avant la crise, il existe d'autres possibilités pour l'industrie, puisque les Québécois prendront leurs vacances surtout près de chez eux, cette année, fermeture des frontières oblige.

Je vais essayer de le faire moi-même à la fin du mois de juillet, a-t-il lancé.

L'aide gouvernementale offerte à l'industrie touristique serait cependant principalement destinée aux petites et moyennes entreprises du secteur, et consisterait en un « mélange de prêts et de subventions », a précisé le chef du gouvernement. Qu'en est-il des grandes chaînes hôtelières, principalement installées dans les grandes villes? M. Legault s'attend à « de la restructuration », un processus auquel « les détenteurs de dettes pourraient devoir contribuer ».

Ralentissement du rythme de contamination par la COVID-19

Le Québec compte 255 cas de contamination confirmés de plus que la veille, pour un total de 52 398. On recense également 33 nouveaux décès, en plus des 17 morts survenues avant le 29 mai, pour un total de 4935.

La tendance baissière se poursuit du côté des hospitalisations, avec 1030 patients ayant besoin de soins, un recul de 46. Pour ce qui est des malades se trouvant aux soins intensifs, on constate là aussi un recul, avec une diminution de 15 personnes, pour un total de 131.

Montréal demeure la région la plus touchée au Québec, avec 26 025 cas de contamination confirmés et 3047 décès. Les régions limitrophes de la métropole sont elles aussi particulièrement concernées par la pandémie.

Avec les informations de Sébastien Bovet

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