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Le chef du SPVM sera aux côtés des manifestants dimanche

Le Service de police de la Ville de Montréal dévoilera le 8 juillet sa toute première politique encadrant les interpellations que font les agents au quotidien.

Sylvain Caron en conférence de presse à l'extérieur à Montréal.

Le chef du SPVM, Sylvain Caron, assure que ses agents seront formés afin de mettre fin aux interpellations sans fondement.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, a accepté de participer à la manifestation contre la brutalité policière et le racisme à Montréal, dimanche. « J'ai tendu la main aux organisateurs de cette manifestation », a-t-il affirmé.

En entrevue à l'émission Le 15-18, le chef de police a dit ne pas vouloir que la métropole revive les événements survenus lors de la précédente manifestation.

Dimanche dernier, le SPVM a procédé à onze arrestations lorsqu'une manifestation réunissant des milliers de personnes a dégénéré au centre-ville.

Dimanche, Sylvain Caron va rencontrer les organisateurs avec une foule qui sera présente et que je souhaite pacifique.

Plus tôt vendredi, durant un point de presse, le chef de police avait affirmé qu'il était disposé à être présent si on le lui demande au moment opportun, avec les gens concernés, si les gens veulent bien m'inviter.

Quelques heures plus tard, Sylvain Caron a affirmé que ce message avait été entendu et qu'il serait là au début de la manifestation.

La participation du chef du SPVM fait toutefois sourciller les organismes Hoodstock et Justice pour les victimes de bavures policières, qui y voient une façon de renforcer l'impunité de la police.

C'est également un manque de respect envers les victimes de la violence et de l'impunité policières, y compris envers les personnes tuées par la police de Montréal, ont indiqué les deux organismes dans un communiqué commun, encourageant les gens à contacter les organisateurs de la manifestation de ce dimanche pour les inviter à annuler leur invitation.

Une première au Québec

Le 8 juillet prochain, le SPVM dévoilera la teneur de sa toute première politique sur les interpellations policières. Elle entrera en vigueur d'ici la fin de 2020, le temps d'assurer la formation des agents.

Il s'agit d'une première non seulement à Montréal, mais dans tout le Québec, dit Sylvain Caron.

La nouvelle politique a été élaborée à la suite de la publication, en octobre dernier, d'un rapport qui révélait que les Noirs, les Autochtones et les jeunes Arabes sont particulièrement victimes de biais systémiques liés à l’appartenance raciale par les agents du SPVM.

En octobre dernier, on a pris des engagements et je tiens [...] à vous réitérer que le changement s'opère, a déclaré Sylvain Caron.

On veut que le travail des policiers soit exempt de discrimination et de racisme à Montréal, a-t-il poursuivi.

Une politique sert à avoir une compréhension commune dans une organisation de la pratique policière [...], a décrit le chef du SPVM. Le policier au quotidien répond à des appels pour venir en aide à des personnes ou pour répondre à un appel de citoyens qui voient des gens qui flânent [...] La politique va préciser exactement c'est quoi une interpellation aujourd'hui, en 2020.

Les chercheurs nous ont démontré qu'il y avait des biais systémiques, a-t-il rappelé. Le système est malade et il doit être revu.

En outre, le 8 juillet, le SPVM révélera la teneur du mandat qu’il confiera à des chercheurs afin qu’ils examinent dans quel contexte les interpellations des agents sont faites.

Le rapport d'octobre dernier a fourni des chiffres bruts et il importe maintenant de fouiller ces données pour mieux comprendre dans quels contextes les interpellations sont faites, dit M. Caron.

Selon lui, au quotidien, les policiers posent de bons gestes.

Est-ce toujours selon les règles de l’art? Oui, il y a des incidents, a-t-il reconnu.

Relativement à la politique sur les interpellations, le président de la Commission de la sécurité publique (CSP), Alex Norris, a annoncé qu'il y aura une consultation publique. Son échéancier sera connu sous peu.

Le droit de manifester est garanti, dit Caron

Le SPVM avait prévu annoncer sa nouvelle politique à la fin de l'été, mais les événements du 25 mai dernier l'ont incité à devancer cette annonce.

Ce jour-là, à Minneapolis, un homme afro-américain a été tué lors d'une intervention policière. La mort violente de George Floyd a déclenché fureur et colère aux États-Unis.

À Montréal, le chef du SPVM dit comprendre le désarroi de la population vis-à-vis de ce qui se passe actuellement. Et il se dit encouragé par le fait que la manifestation de dimanche se déroulera en plein jour. Cela pourrait contribuer à maintenir le calme, selon lui.

Le directeur a fait valoir qu'il ne peut arrêter d'individus qui se présentent à une manifestation tant et aussi longtemps qu'ils n'ont rien fait, puisque le droit de manifester est garanti.

Sylvain Caron a par ailleurs été questionné au sujet du geste symbolique qui consiste à poser un genou à terre et qu'ont fait des manifestants, mais aussi des policiers. À la perspective que des policiers du SPVM le fassent, M. Caron a déclaré : Chacun des policiers a la possibilité de faire ce qu'il souhaite bien faire.

Le chef de police n'a pas écarté la possibilité de poser lui-même ce geste, dimanche.

Avec les informations de La Presse canadienne

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