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20 000 tonnes d'hydrocarbures déversés dans l'Arctique russe

Selon les organisations écologiques et les autorités russes, il s'agit du pire accident dû aux hydrocarbures dans l'Arctique russe.

Des travailleurs s'affairent près de bouées destinées à contrôler les hydrocarbures dans l'eau.

Sur cette image fournie par le ministère russe des Situations d'urgence, des travailleurs tentent de contenir la marée d'hydrocarbures, le 2 juin.

Photo : La Presse canadienne / AP/Ministère russe des Situations d'urgence

Agence France-Presse

La Russie a dit avoir stoppé vendredi la progression de plus de 20 000 tonnes d'hydrocarbures qui se sont déversés notamment dans une rivière de l'Arctique russe. C'est la pire catastrophe écologique du genre dans cette région, et elle est visible de l'espace.

Le président Vladimir Poutine est monté pour la deuxième fois au créneau cette semaine, réprimandant Vladimir Potanine, le patron du groupe Norilsk Nickel responsable de la catastrophe et richissime oligarque.

La progression des hydrocarbures a été stoppée. Ils ne vont plus nulle part grâce au déploiement d'un barrage de confinement flottant, a déclaré à l'AFP un représentant du ministère russe des Situations d'urgence de la région de Krasnoïarsk, qui ajoute que le pompage du carburant avait commencé.

Des efforts sont faits pour éliminer la pollution, a poursuivi cette source, qui n'était pas en mesure de dire si cette progression a été stoppée sur la rivière Ambarnaïa ou sur le lac Piassino, ce qui serait beaucoup plus grave, car ses eaux s'écoulent dans le fleuve du même nom, très important pour la région.

Le 29 mai, l'un des réservoirs de diesel d'une centrale thermique appartenant à une filiale du géant minier Norilsk Nickel s'est effondré, provoquant une fuite de 15 000 tonnes d'hydrocarbures dans le cours d'eau voisin et de 6000 tonnes sur le terrain environnant.

Selon Norilsk Nickel, le réservoir a été endommagé quand les piliers enfoncés dans le pergélisol qui le soutenaient depuis 30 ans ont commencé à s'enfoncer, un accident qui pourrait être attribué à la fonte du sol gelé due au changement climatique.

Ce phénomène a déjà fragilisé de nombreuses structures dans le Grand Nord russe, et le gouvernement l'a identifié par le passé comme l'un des défis pour ses infrastructures de l'Arctique.

L'accident sur la rivière Ambarnaïa est considéré par les organisations écologiques et les autorités comme le pire accident dû aux hydrocarbures dans l'Arctique russe, région fragile où les exploitations minières gazières et pétrolières sont nombreuses et la pollution, un problème croissant depuis l'époque soviétique.

C'est un accident sans précédent par son ampleur, a dit vendredi Sevtalna Radionova, qui dirige le gendarme russe de l'environnement Rosprirodnadzor.

Une pollution visible depuis l'espace

Les agences spatiales européenne (ESA) et russe (Roskosmos) ont publié des images satellite de l'accident. Sur celles de l'ESA, qui datent du 1er juin, on voit notamment plusieurs branches de la rivière teintées de rouge sur une longueur de plus de deux kilomètres.

L'image satellite permet de voir l'impact du déversement sur la rivière.

Cette image satellite fournie par l'Agence spatiale européenne montre le déversement d'hydrocarbures (en rouge) dans la rivière Ambarnaïa.

Photo : Reuters / ESA

Les secours sont à pied d'oeuvre pour tenter de limiter les dégâts, dans un contexte compliqué par les difficultés d'accès, la faible profondeur de la rivière empêchant par exemple les opérations en bateau, et le terrain marécageux au printemps.

Ils prévoient de pomper les hydrocarbures et de les stocker sur place dans des conteneurs adaptés en attendant l'hiver, lorsque le gel aura rendu le terrain plus praticable. Jusqu'ici, 200 tonnes ont pu être sorties des eaux.

Lors d'une visioconférence partiellement consacrée à la catastrophe, Vladimir Poutine s'est entretenu avec le ministre des Situations d'urgences Evguéni Sinitchev et le patron de Norilsk Nickel, présent sur le site.

Pas un seul rouble du budget fédéral ne sortira, a promis M. Potanine, estimant les coûts des opérations à 10 milliards de roubles (195 M$ CA).

Si vous aviez changé en temps et en heure (ce réservoir), il n'y aurait eu aucun dommage, a rétorqué M. Poutine, qui a ordonné une analyse approfondie des installations similaires dans tout le pays.

Il a aussi demandé à ce que tout soit fait pour restaurer l'environnement et la biodiversité dans la zone polluée.

Le président russe avait déjà tancé publiquement des responsables locaux, qui auraient tardé à réagir.

Norilsk Nickel, un des premiers producteurs mondiaux de nickel et de palladium, n'en est pas à son premier accident écologique : en 2016, une de ses usines avait déversé par accident des produits chimiques dans une rivière du Grand Nord, la teintant déjà de rouge.

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