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Sondages : Blaine Higgs plus populaire, mais des francophones boudent son parti

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, annonce la fermeture des écoles publiques de la province par mesure préventive pour limiter la propagation potentielle de la COVID-19.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, obtient un taux de satisfaction sans précédent des électeurs dans les sondages, attribuable aux mesures de prévention de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des francophones gardent leurs distances du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, même si la popularité du premier ministre Blaine Higgs augmente, selon des sondages.

Son gouvernement minoritaire risquait d’être défait il y a trois mois, mais il semble avoir remonté la pente à la suite de la pandémie.

Blaine Higgs a recueilli le plus haut taux de satisfaction des électeurs (80 %) entre tous les premiers ministres du Canada, selon un sondage récent de l’Institut Angus Reid.

La firme Narrative Research, connue autrefois sous le nom de Corporate Research Associates, fait état d’un taux de satisfaction de 81 % des électeurs au sujet du gouvernement Higgs. C’est le taux de satisfaction le plus élevé qu’elle ait noté au Nouveau-Brunswick en plus de 40 ans.

Jusqu’à 74 % des répondants francophones au sondage de Narrative Research se sont dits entièrement satisfaits ou plutôt satisfaits du travail de M. Higgs.

Mais beaucoup d’entre hésitent encore à voter pour son parti. Les libéraux obtiennent l’appui de 51 % des électeurs francophones décidés, contre 32 % pour les progressistes-conservateurs.

L’appui envers les conservateurs augmente chez les francophones dans le nord du Nouveau-Brunswick, mais ce n’est pas nécessairement suffisant pour que le parti remporte plus de sièges dans la région, selon l’analyste de CBC, Éric Grenier.

Possibilité d’une majorité pour les conservateurs

L’avance de 18 points de pourcentage des progressistes-conservateurs sur les libéraux au Nouveau-Brunswick pourrait mener Blaine Higgs à former un gouvernement majoritaire si des élections avaient lieu à l’heure actuelle, estime M. Grenier, mais les conservateurs feraient probablement leurs gains dans les régions de Fredericton et de Moncton.

Les libéraux attribuent le taux de satisfaction élevé des électeurs au comité sur la COVID-19 et auquel siègent des représentants de tous les partis en Chambre ainsi que la médecin hygiéniste en chef, la Dre Jennifer Russell.

C’est une combinaison. Ce n’est pas un gouvernement spécifique ni un parti politique spécifique, affirme le porte-parole du Parti libéral en matière de santé, le député Jean-Claude D'Amours.

Jean-Claude D'Amours en entrevue sur le trottoir devant une maison et un commerce

Les taux élevés de satisfaction résultent des décisions prises par le comité multipartite sur la COVID-19, selon le député libéral Jean-Claude D'Amours.

Photo : CBC

Mais la directrice du Parti progressiste-conservateur, Andrea Johnson, accorde plutôt le mérite à son chef. Elle dit que la majorité des électeurs fait confiance à Blaine Higgs pour diriger son gouvernement et la province durant cette pandémie.

Jean-Claude D'Amours affirme que le taux élevé de satisfaction envers M. Higgs reflète aussi une tendance à l’échelle nationale. Les gens se tournent vers leurs élus pour les protéger, explique-t-il. Le député souligne que les taux de satisfaction sont plutôt élevés à l'égard de tous les gouvernements provinciaux.

Une autre tendance au Nouveau-Brunswick se reflète aussi ailleurs au pays : beaucoup d’électeurs se disent satisfaits de leur gouvernement provincial respectif, mais ils ne sont pas nécessairement disposés à le réélire.

Même si les électeurs approuvent les actions d’un chef politique dans une sphère particulière, cela ne signifie pas automatiquement qu’ils voteront pour cette personne aux élections, explique Éric Grenier.

Hausse de l'appui des francophones aux conservateurs

Le taux de satisfaction des électeurs francophones envers le gouvernement de Blaine Higgs (32 %), selon Narrative Research, est deux fois plus élevé que celui de l’automne dernier. À ce moment, 16 % des électeurs francophones appuyaient le Parti progressiste-conservateur, contre 20 % qui appuyaient le Parti vert et 55 % qui préféraient les libéraux.

Il est peu probable que les progressistes-conservateurs délogent les libéraux dans les circonscriptions à majorité francophone dans le nord de la province, estime Éric Grenier. Les libéraux ont remporté plusieurs d’entre elles avec une majorité si prononcée qu’il est douteux qu’ils ne soient pas réélus, même si leur popularité diminuait de 20 points de pourcentage au profit des conservateurs, explique-t-il.

Lorsque Narrative Research a mesuré l’appui des électeurs du nord du Nouveau-Brunswick à l'égard des partis politiques et l'appui des électeurs francophones en particulier, les libéraux menaient sur les conservateurs par 43 et par 39 points de pourcentage respectivement, ce qui correspondait à la marge d’erreur du sondage et donc à une égalité statistique.

Les conservateurs pourraient donc faire des gains dans les circonscriptions du nord qui comptent un mélange d’électeurs francophones et anglophones, estime Éric Grenier.

Portrait d'Andrea Johnson devant des affiches électorales.

Andrea Johnson, directrice du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, croit que les résultats des sondages reflètent le travail effectué par Blaine Higgs durant cette pandémie.

Photo : CBC/Jacques Poitras

L’espoir des progressistes-conservateurs d’obtenir plus d’appui chez les francophones est entravé par l’incapacité de leur chef de parler français. Les francophones n’oublient pas non plus que Blaine Higgs avait tenté de se faire élire à la tête du défunt parti antibilinguisme Confederation of Regions (CoR), en 1989.

Blaine Higgs a dit plusieurs fois qu’il avait changé d’opinion au sujet des langues officielles depuis ce moment.

Le seul francophone élu sous la bannière conservatrice en 2018, Robert Gauvin dans Shippagan-Lamèque-Miscou, a claqué la porte du parti, en février, pour siéger à titre de député indépendant.

Son départ était motivé par le plan du gouvernement Higgs de fermer durant la nuit le service des urgences de six hôpitaux en milieu rural. Le gouvernement ne tenait pas compte de la réalité des francophones et du nord de la province, estimait Robert Gauvin.

Le gouvernement a rapidement mis en veilleuse son plan de réforme des hôpitaux, mais cette controverse et d’autres préoccupations, comme le maintien de la fermeture de certains bureaux de Service Nouveau-Brunswick, expliquent les mauvais résultats des conservateurs dans les circonscriptions du nord, selon Jean-Claude D’Amours. Tout cela, d'après lui, crée une confusion chez les électeurs au moment de décider à qui accorder leur appui.

Andrea Johnson croit que l’appui des francophones pour le Parti libéral est une tendance historique. Selon elle, l’engagement de Blaine Higgs envers la province tout entière est pourtant clair. Elle le décrit comme un capitaine qui dirige son bateau à bon port au milieu de la tempête de la pandémie. Cela inspire confiance aux gens, ajoute-t-elle, mais elle dit ne pas savoir ce que cela va donner aux élections.

Les sondages

L’Institut Angus Reid a sondé 237 Néo-Brunswickois du 19 au 24 mai. Les résultats de son sondage dans la province ont une marge d’erreur de 6,4 points de pourcentage.

Narrative Research a sondé 800 Néo-Brunswickois du 1er au 20 mai. La marge d’erreur en matière de taux de satisfaction des électeurs est de 3,5 points de pourcentage, 19 fois sur 20. Celle qui porte sur les intentions de vote, qui compte 503 répondants, est de 4,4 points de pourcentage.

Les marges d’erreur seraient encore plus élevées en ce qui concerne les plus petits groupes de répondants à l’échelle régionale et linguistique.

Les données représentent une courte période et ne permettent pas de conclure que la lune de miel entre les électeurs et le Parti progressiste-conservateur va durer.

Blaine Higgs a déjà évoqué la possibilité de revoir le fonctionnement de l'appareil gouvernemental après la pandémie. Une initiative du genre risque de ne pas obtenir le même appui du public que les mesures de prévention de la COVID-19. Elle pourrait même entraîner une levée de boucliers, comme c'était le cas du plan de réforme des hôpitaux.

Quant à savoir si ces données seront toujours valides durant les prochaines élections, c’est une tout autre question, indique Éric Grenier.

D'après un reportage de Jacques Poitras, de CBC

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