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Un homme marche devant un commerce fermé au centre-ville de Calgary.

L'économie de l'Alberta est durement touchée par les effets de la pandémie et par une forte baisse des prix du pétrole.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Radio-Canada

La relance de l’activité après le pic de cas de COVID-19 ne suffit pas à mettre fin à la progression du chômage en Alberta. En mai, la province comptait un taux de chômage de 15,5 %, soit une hausse de 2,1 points de pourcentage, selon les données publiées vendredi par Statistique Canada.

Les assouplissements qui ont permis aux restaurants et à certains commerces de rouvrir à partir du 14 mai dans la province ont tout de même contribué à mettre fin à la perte d'emplois. Le nombre de personnes ayant un emploi a augmenté de 28 000 en mai, après une baisse cumulative de 361 000 de février à avril.

La croissance de l’emploi dans la province est entièrement attribuable au secteur des services, mentionne la note publiée par Statistique Canada.

Les services ont créé 33 000 emplois en mai, un mouvement alimenté par la reprise dans la restauration (+ 7700 emplois) et les commerces (+ 9300).

Temps partiel en hausse

Les emplois créés sont des emplois à temps partiel (+55 000). L’Alberta a continué de perdre des emplois à temps plein.

Dans un commentaire, la banque ATB observe qu’il y a encore dans la province de nombreux travailleurs découragés, qui ont renoncé à rechercher du travail en raison des circonstances. En effet, 148 000 personnes ont décidé de quitter la population active, si l’on compare au mois de février.

Toutefois, ce mouvement semble commencer à s’inverser. En mai, en Alberta, près de 90 000 personnes ont décidé de chercher à nouveau un emploi. C’est d’ailleurs ce qui explique la hausse du taux de chômage : l’afflux des personnes sur le marché du travail a été bien plus important que le nombre d’emplois créés.

Jeunes durement touchés

Les jeunes de 15 à 24 ans restent particulièrement touchés. Dans cette tranche d'âge, près de une personne sur trois est au chômage, selon les données de Statistique Canada.

Au pays, le taux de chômage a augmenté à 13,7 % en mai, soit le taux le plus élevé depuis 1976.

En avril, l’Alberta avait connu le pire mois jamais enregistré par les statistiques, avec près de 250 000 emplois perdus et un taux de chômage de 13,4 %.

Une tendance qui se prolongera

L'économiste en chef d’Alberta Central, Charles St-Arnaud, croit que cette tendance de création d'emplois se maintiendra.

On s’attend à voir de forts gains d’emplois en juin au moment où les entreprises ramènent beaucoup de leurs employés au travail.

Charles St-Arnaud, économiste en chef d’Alberta Central.

La question va être : on a perdu en Alberta près de 360 000 emplois au cours de la pandémie, combien de ces emplois pourront être rapidement créés à nouveau et combien de ces travailleurs vont demeurer au chômage de façon plus permanente, dit-il. Je m'attends à ce qu'on ait encore de niveaux de taux de chômage élevé d'ici la fin de l'année, ajoute-t-il.

Le vice-président des affaires universitaires du Collège Bow Valley, Misheck Mwaba, dit n'est pas surpris par cette hausse d'emploi, principalement en restauration ou dans le commerce.

Selon lui, plusieurs restaurants et commerces ont décidé de se tourner vers le commerce en ligne ou à distance, ce qui a contribué à faire augmenter la demande et leur permettant de garder leurs employés, voire même d'en embaucher de nouveaux.

Il constate cependant que de plus en plus d'employeurs sont à la recherche de personnes capables de s'adapter au nouvel environnement de travail imposé par la pandémie.

Il croit que les centres d'emploi devraient miser sur la formation et la capacité à rendre les employés polyvalents.

Il y a un changement sur la façon dont nous faisons les choses. Il va devoir avoir un équilibre entre les compétences dont les gens ont besoin et celles que les employeurs recherchent.

Misheck Mwaba, vice-président, affaires universitaires, Bow Valley College

Situation fragile, selon le NDP

L’opposition néo-démocrate soutient qu’en dépit de la création d’emplois en mai, la situation est toujours très fragile en Alberta.

Les dernières données sur l'emploi de Statistique Canada révèlent que l'Alberta a gagné 28 000 emplois en mai, mais 333 000 Albertains sont toujours au chômage depuis le début de la pandémie de COVID-19, lit-on dans une déclaration du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Ce n’est pas le moment pour le Parti conservateur uni de poursuivre ses compressions qui ne feront qu'aggraver la situation, note la porte-parole de l'opposition en matière de travail, Christina Gray.

Le mois dernier, le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a déclaré que la province devrait bientôt faire face au grand bilan budgétaire et que les Albertains devront réfléchir longuement et sérieusement aux choix auxquels ils seront confrontés.

Au lieu de doubler les coupes qui nuisent à l'économie et qui entraîneront davantage de pertes d'emplois, ce gouvernement devrait investir sur les gens, soutenir les petites entreprises et diversifier notre économie. C'est le chemin de la prospérité pour notre province, a déclaré Mme Gray.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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