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Le taux de chômage en mai pourrait frôler les 20 % aux États-Unis

Des Américains faisant la file pour s'inscrire sur les listes des programmes d'aide pour chômeurs.

La pandémie de COVID-19 a provoqué la mise à pied de près de 43 millions d'Américains.

Photo : Reuters / Nick Oxford

Agence France-Presse

Le taux de chômage de mai aux États-Unis, dévoilé vendredi, pourrait frôler les 20 %. Il montrera l'étendue des dégâts de la pandémie sur la première économie mondiale, secouée par des manifestations antiracistes qui ont remis en lumière les fortes inégalités.

Il faut faire un bond dans le temps de 80 ans ou 90 ans pour retrouver un taux aussi élevé, soit jusqu'à la Grande Dépression des années 1930. Au pire de la crise, un Américain sur quatre était alors sans emploi.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19 aux États-Unis, il y a moins de trois mois, le chômage est passé de 3,5 %, son niveau le plus faible depuis 50 ans, à 14,7 %, son plus haut depuis 80 ans.

Pour mai, certains analystes tablent sur 19,5 %.

D'autres sont moins pessimistes. Ceux de Barclays ont revu à la baisse leur prévision et attendent désormais 17,5 %. Alors que les États continuent d'assouplir leurs mesures de confinement, nous nous attendons à ce que l'économie passe de licenciements en hausse au réemploi des salariés licenciés.

Aux États-Unis, c'est chacun des 50 États qui composent le pays qui décide de la marche à suivre pour permettre aux commerces, restaurants, écoles et entreprises de reprendre leurs activités.

Ils entament progressivement leur reprise, depuis plusieurs semaines déjà pour certains comme le Texas ou la Georgie.

Des hommes sont assis dans des chaises et se font couper les cheveux par des barbiers qui portent des masques médicaux.

Des barbiers coupent les cheveux de clients à Austin, au Texas.

Photo : afp via getty images / Sergio Flores

Cela a permis au secteur privé du pays de détruire 10 fois moins d'emplois en mai qu'en avril, selon des données publiées mercredi. Ce sont tout de même 2,7 millions d'emplois qui ont disparu.

Autre lueur d'espoir, les Américains qui s'inscrivent au chômage sont chaque semaine un peu moins nombreux que la précédente.

Ils étaient moins de deux millions la semaine passée, pour la première fois depuis que la crise de la COVID-19 a frappé de plein fouet l'économie du pays à la mi-mars. Cela reste toutefois bien plus élevé que le niveau d'avant la pandémie.

Au cours de la même semaine l'an passé, 220 000 demandes avaient été déposées, relève ainsi l'économiste indépendant Joel Naroff. Le rapport sur l'emploi de mai devrait indiquer la profondeur du trou dans lequel nous nous trouvons. Il est probable qu'il sera assez profond.

Le PIB de la première économie mondiale pourrait chuter de 20 % ou 30 % en rythme annuel au deuxième trimestre, après avoir reculé de 4,8 % sur les trois premiers mois de l'année.

Inégalités grandissantes

Et tous les yeux sont désormais tournés vers les manifestations qui secouent le pays depuis la mort, il y a 10 jours, de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc.

Elles ont mis en lumière les inégalités qui touchent les Afro-Américains, et sont exacerbées par la crise de la COVID-19.

En avril, le taux de chômage était de 16,7 % chez les travailleurs noirs (5,8 % avant la crise), de 18,9 % chez les travailleurs hispaniques (4,4 % en février), de 14,2 % chez les travailleurs blancs (3,1 % en février).

En raison de la longue histoire d'exclusion raciale, de discrimination et d'inégalités, il y a dans chaque famille [afro-américaine], moins de personnes actives, et des revenus et une épargne disponible plus faibles que chez les travailleurs blancs, selon une étude menée par Valerie Wilson et Elise Gould de l'Economic Policy Institute, et publiée lundi.

L'argent disponible chez les familles blanches (49 529 $ US) est, en moyenne, plus de cinq fois plus élevé que chez les familles noires (8762 $ US), relèvent ces économistes.

Elles indiquent également qu'en 2018, le revenu médian des ménages blancs était de 70 % plus élevé que pour les ménages noirs (70 642 $ contre 41 692 $).

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