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Course à la direction du PQ : le défi de faire campagne au temps du coronavirus

Malgré le contexte inédit, la formation politique ne veut pas remettre la course à plus tard.

Logo du Parti québécois

La course à la direction au Parti québécois reprend sur fond de pandémie.

Photo : Avec la gracieuseté de Lucas Medernach

La course à la direction du Parti québécois reprend aujourd'hui. Au moment où elle a été suspendue, le 28 mars dernier, six candidats étaient en lice. Après une pause obligée par le confinement, les aspirants chefs sont tous de retour sur la ligne de départ, mais l'élection du successeur de Jean-François Lisée va se faire dans un contexte bien particulier, sans poignée de main ni rassemblement partisan. Comment les candidats vont-ils s'y prendre pour susciter l'intérêt des militants?

Les candidats se retrouvent devant une page blanche, ils doivent tout repenser et cela commence par les réunions avec leurs équipes de campagne. Le candidat Guy Nantel nous donne rendez-vous au parc Lafontaine, où il revoit son équipe pour la première fois depuis le début de la pandémie.

Le premier sujet à l'ordre du jour de cette réunion en plein air est le financement de la campagne. Il faudra faire ça de façon créative pour aller chercher des dons et demander de l'argent à des gens qui seront en situation de crise économique alors que trois mois avant, c'était le plein emploi, souligne l'humoriste.

Je connais des gens qui m'ont écrit pour me dire : "J'étais sur le point de donner et votre campagne a été suspendue, ça va devenir difficile maintenant pour moi de contribuer", raconte-t-il.

Guy Nantel et son équipe dans un parc

Le candidat Guy Nantel revoit son équipe de campagne pour la première fois depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

En plus du financement, les candidats doivent rapidement recueillir toutes les signatures requises pour s'assurer d'une place dans la course. Le parti exige l'appui de membres provenant de 50 circonscriptions dans 9 régions du Québec, c'est un défi important dans le contexte où les déplacements sont limités.

Il y a beaucoup de contacts qui se font au téléphone, par les médias sociaux, par Zoom, explique le député et candidat Sylvain Gaudreault. Ces signatures seront électroniques et requièrent aussi une toute nouvelle logistique. Il faut trouver une façon de l'imprimer, faut prendre une photo et la numériser pour l'acheminer au parti. Ce n'est pas tout le monde qui est à l'aise avec ça, mais je pense qu'on va y venir à bout, précise-t-il.

L'homme est devant à un micro lors d'une conférence de presse.

Le député de Jonquière Sylvain Gaudreault

Photo : Radio-Canada

Une campagne sans rassemblement ni poignée de main

L'historien Frédéric Bastien s'est aussi replongé dans la campagne, la cour arrière de sa résidence est devenue son quartier général et c'est là qu'il se réunit avec sa relationniste de presse. Comme les autres, il fait face à l'inconnu.

On n'a pas de repère, on est dans l'imprévisible. Personne sait quelle va être la réponse des militants, avance le candidat. Et les militants ne savent pas non plus à quoi s'attendre, ce sont les candidats qui ont le fardeau de réinventer la façon de mobiliser leurs partisans. Ça va être une course sur Internet, sur les réseaux sociaux. Ça va être handicapant pour tout le monde, mais on va peut-être parler aux autres équipes pour faire des événements virtuels conjoints, dit M. Bastien.

Frédéric Bastien assis à une table avec sa relationniste de presse.

Frédéric Bastien fait le point sur la relance de la campagne avec sa relationniste de presse.

Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

Tous ont bien de la difficulté à imaginer une course sans rassemblement ni poignée de main. Idéalement, il y aurait quelques rassemblements en personne, ça fait partie de la politique, lance Paul St-Pierre-Plamondon.

L'avocat qui en est à sa deuxième course à la chefferie croit qu'il faut à tout le moins trouver le moyen de rassembler une foule, si petite soit-elle, lors des débats entre les candidats. Peut-être à deux mètres de distance, ce qui va créer une foule beaucoup plus petite. Mais il faut trouver le moyen d'aller chercher l'aspect humain de la politique, parce que ça fait partie de la politique. La réaction des gens et l'interaction avec les membres.

Pas question de remettre à plus tard

Dieudonné Ella Oyono, président du Parti québécois

Dieudonné Ella Oyono, président du Parti québécois

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Le Parti québécois a jonglé pendant plusieurs semaines avec l'idée de remettre sa course à plus tard. Mais, malgré les circonstances inédites, la formation souverainiste a décidé d'aller de l'avant.

On est arrivé à la conclusion qu'il n'y aura jamais de bon moment parce qu'il y a dans la ligne de mire une élection générale en 2022, soutient le président du parti et président de l'élection, Dieudonné Ella Oyono.

Cette course-là, on a des attentes plus faibles notamment pour aller chercher des membres, ajoute-t-il.

Pour officialiser leur candidature, les candidats ont jusqu'au 26 juin pour recueillir 2000 signatures et déposer un montant de 15 000 $ au parti. Le choix du successeur de Jean-François Lisée se fera le 9 octobre prochain et personne ne sait encore quelle forme prendra la soirée de dévoilement du gagnant. Pour l'instant, il n'y a pas d'idée arrêtée, il faut falloir aussi réinventer ce dévoilement-là. C'est un nouveau chef qui arrive, il ne peut pas arriver de façon inconnue, conclut Dieudonné Ella Oyono.

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