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Femme abattue à Edmundston : des chefs autochtones dénoncent le « racisme systémique »

Une photo du profil Facebook de Chantel Moore.

Chantel Moore était âgée de 26 ans.

Photo : Facebook / Chantel Moore

Radio-Canada

Des chefs autochtones en Colombie-Britannique dénoncent la mort de Chantel Moore, abattue jeudi par un agent de la Force policière d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick, et ils réclament une enquête approfondie.

Dans un communiqué conjoint publié jeudi, les dirigeants des organismes British Columbia First Nation, Justice Council, Union of British Columbia Indian Chiefs, First Nations Summit et la section provinciale de l’Assemblée des Premières Nations expriment à la fois une vive déception et leur colère.

« Racisme systémique »

La mort de Chantel Moore démontre un manque de suivi du gouvernement au rapport de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, estime le président du British Columbia First Nation Justice Council, Doug White. Il réclame des programmes de formation pour réduire le racisme.

Une enquête indépendante et impartiale sur la mort de Mme Moore est nécessaire le plus tôt possible, affirme Lydia Hwitsum, du First Nations Summit.

La famille de la jeune femme a droit à des réponses à ses questions, souligne-t-elle. Mme Hwitsum accuse de racisme systémique les forces policières du Canada envers les Autochtones et elle dit que cela doit cesser.

La mort de Chantel Moore découle d’un manque historique d’action des autorités contre le suprémacisme blanc dans les services policiers, selon le grand chef Stewart Phillip, président de l’association de chefs autochtones de la Colombie-Britannique (B. C. Union of Indian Chiefs). Il dit qu’il faut réviser le système de fond en comble pour améliorer les choses.

Les Autochtones continuent de se heurter à de la complaisance et à des refus de justice au Canada qui permettent et perpétuent des tragédies de ce genre, lance le chef régional de l’Assemblée des Premières Nations, Terry Teegee. Il presse le gouvernement fédéral de produire et de mettre en oeuvre un plan d’action à la suite du rapport de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. M. Teegee réclame des actions immédiates pour améliorer la transparence et démanteler les structures coloniales en matière de services policiers. Il lance le défi à tous les ordres de gouvernement de travailler ensemble pour combattre le racisme et promouvoir l’égalité.

Les derniers moments de Chantel Moore

Chantel Moore a vécu la majeure partie de sa vie dans la communauté Tla-o-qui-aht de l'île de Vancouver. Elle venait de s’installer à Edmundston pour se rapprocher de sa mère et de sa fille de 5 ans.

Elle a perdu la vie après qu’un policier fut appelé à vérifier son bien-être. Selon Nora Martin, la grand-tante de Chantel Moore, c’est un ancien petit ami de la jeune femme qui vit à Toronto qui aurait fait cette demande à la police. Il s’inquiétait pour elle, car elle aurait été harcelée depuis qu'elle vivait dans un nouvel appartement.

Quand le policier est arrivé sur les lieux, Chantel Moore l’aurait menacé avec un couteau, ce qui l’aurait conduit à ouvrir le feu, selon la Force policière d'Edmundston.

Jennifer Gaudreau (dans la partie supérieure) et Chantel Moore. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jennifer Gaudreau (dans la partie supérieure), une amie de la famille, et Chantel Moore.

Photo : Gracieuseté

Une approche différente

Un groupe de femmes d'Halifax, Women's Wellness Within, dit pleurer la mort de Chantel Moore.

Selon le groupe, la police ne devrait pas être envoyée pour vérifier le bien-être de personnes, notant que des études ont démontré qu'un grand nombre de morts survenues au cours d'une intervention policière étaient celles des personnes en détresse psychiatrique.

Fournir des soins de santé n'est pas quelque chose que la police peut faire.

Women's Wellness Within, dans un communiqué

Tous les répartiteurs doivent comprendre cela et cesser d'envoyer des policiers, a déclaré le groupe dans un communiqué.

Le groupe estime qu'une partie de l'argent dépensé pour la police devrait être réaffectée aux services de santé, aux organisations communautaires, au logement et aux services de soutien.

Des proches de Chantel Moore se demandent eux aussi si sa mort aurait pu être évitée.

Des sympathisants ont lancé une campagne de sociofinancement sur la plateforme gofundme. Moins de 6 heures plus tard, près de 30 000 $ ont été amassés.

Les fonds sont destinés au voyage de la famille et aux frais d'obsèques. Les fonds restants seront remis à sa mère et à sa fille. La famille a reçu l'autorisation de se rendre au Nouveau-Brunswick en dépit des restrictions imposées par la province, peut-on lire sur la page de la campagne.

Le Bureau des enquêtes indépendantes du Québec (BEI) a accepté la prise en charge de cette enquête. Huit enquêteurs du BEI ont été chargés d'enquêter sur cet événement. La Gendarmerie Royale du Canada du Nouveau-Brunswick a annoncé qu'elle participera aussi à l'enquête. Il faudra toutefois attendre plusieurs mois avant d'en connaître les résultats.

La mort de la femme survient dans un contexte de nombreuses manifestations contre la violence policière au Canada et aux États-Unis.

Des membres de la famille et des amis de Chantel Moore ont indiqué sur les réseaux sociaux l’intention de se réunir jeudi soir à Port Alberni, en Colombie-Britannique, à sa mémoire.

Avec les informations de La Presse canadienne

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