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Raconte-moi une histoire... pour aîné

Le visage d'une aînée.

Partager une histoire, un moment avec une personne âgée, cache des trésors...

Photo : iStock

Storytelling Alberta est un organisme de bienfaisance qui célèbre l'ancienne tradition de la narration orale. De résidence en résidence pour personnes âgées, dans les grands centres de l’Alberta, des histoires sont partagées.

L’organisme existe depuis déjà 40 ans. Son mandat : partager toutes sortes d’histoires pour créer une connexion et un échange entre les conteurs et les aînés, qui eux aussi peuvent raconter leurs histoires. C’est un programme offert en français et en anglais, et ce gratuitement, dans les résidences de personnes âgées; mais en raison de la COVID-19, l'organisme a dû s'adapter et offre depuis le 1er mai le service par téléphone ou par zoom.

Une femme sourit devant son écran d'ordinateur.

Doreen Vanderstoop est la présidente de Storytelling Alberta et est membre de l'organisme Conteurs du Canada.

Photo : Radio-Canada

La présidente Doreen Vanderstoop, artiste musicienne et conteuse elle-même, a voulu s’assurer que cet échange allait continuer pour assurer un soutien psychologique et amical chez ceux qui sont isolés en ce moment et qui en ont besoin.

À cause de la COVID-19, tout a changé et j’ai décidé qu’il fallait offrir ce service par conférence téléphonique, ou d’autres façons, pour assurer la connexion avec les personnes âgées et pour qu’ils puissent partager leurs histoires, leurs expériences de la vie.

Doreen Vanderstoop, présidente Storytelling Alberta

Le processus est simple : toute personne peut contacter l’organisme pour avoir droit à son histoire.

Une femme est en télé-conférence avec trois autres personnes devant son ordinateur.

La session, que ce soit par téléphone ou par zoom, se déroule en trois étapes et regroupe trois personnes: un conteur, un aîné et un bénévole.

Photo : Radio-Canada / Lyssia Baldini

La rencontre débute; on s’assure que le son est de bonne qualité, on se présente et puis le conteur se lance dans son récit.

L’histoire du conteur peut venir d’un livre, d’un conte fantastique ou d’une expérience vécue. Mais l’histoire est apprise par coeur et l'aîné peut alors se laisser transporter par son imagination.

Mindy Woolcott, une autre conteuse depuis maintenant 4 ans, a remarqué l'effet bénéfique de ces histoires et de ces échanges.

J'ai trouvé que ça aide beaucoup à diminuer leur isolement, la voix humaine, le partage d'histoire, même si les aînés n'ont pas d'histoire (à raconter), ils écoutent notre voix. Nous voulons les rendre heureux pour un moment. On ne vit pas pour toujours et les aînés ont beaucoup à partager avec nous, c’est important de garder cet échange entre nous tous.

Mindy Woolcott, conteuse

Pour Ginette Raphaël, une retraitée égyptienne qui vit à Calgary depuis seulement 3 ans, l’expérience est vraiment fantastique. Confinée chez elle, puisqu’elle a 72 ans, elle a commencé à visiter les médias sociaux et c’est comme ça qu’elle a découvert Storytelling Alberta.

Une femme vêtue en violet regarde la caméra et se prend en photo.

"J’ai dit à ma fille, “Oh! Regarde y a des gens qui vont me raconter des histoires. J’ai grandi en Égypte et il n’y avait pas d’histoires à l’heure du coucher, je vais leur demander de me raconter une histoire. J’ai ri et je les ai contactés ", explique Ginette Raphaël.

Photo : Ginette Raphaël

J’ai trouvé ça émotionnellement très satisfaisant d’entendre la voix de quelqu'un qui me racontait une histoire, et mon imagination s'emballait. Elle (la conteuse) me parlait de l'Irlande et mon imagination était stimulée, tellement que je me suis vue là-bas, j'étais en Irlande, j'imaginais tout ça. Tout ce qu’elle décrivait, je le voyais. Ça m’a fait vraiment du bien. J’en ai parlé à ma fille qui était bien contente de savoir qu’il y avait des gens qui me parlaient et qui partageaient des histoires.

Puis, une fois la première histoire racontée, c’est au tour de l'aîné à partager une anecdote, une histoire, un moment. Mais c’est sans pression, tout reste à la discrétion de chacun.

Ginette a fait appel au service deux fois déjà, elle a adoré raconter son histoire, une anecdote qu’elle a vécue dans son enfance.

J'étais une enfant très énergique et en Égypte, il n'y avait pas beaucoup pour amuser les enfants (rires). Il n'y avait pas de bibliothèque en 1950 et avec ma jumelle et ma petite soeur, on faisait des mauvais coups, rigole Ginette. Je me rappelle, on jetait des pelures de melon par le balcon, il y avait un café en bas avec des hommes qui fumaient la chicha et les pelures leur tombaient dessus (rires). Ma mère a eu des problèmes parce que le propriétaire du café se plaignait, les voisins se plaignaient… Mais nous il fallait trouver des activités pour s’amuser (rires)...

Après les échanges, pour terminer la rencontre, un bénévole, qui a été présent tout au long de la session, se renseigne auprès de l’aîné pour connaître ses besoins.

Une femme pose devant une toile abstraite colorée.

"Raconter des histoires et écouter des histoires, c'est très humain et pour moi ça enrichit ma vie." Mindy Woolcott

Photo : Mindy Woolcott

La rencontre se termine environ 30 minutes plus tard. Chaque aîné a droit à trois histoires.

Raconter en présentant une histoire oeil à oeil, bouche à bouche, oreille à oreille et coeur à coeur est très fort. C'est un antidote pour la technologie qui nous entoure, tout le temps et partout, surtout pour les aînés et surtout pour les jeunes. Les jeunes veulent écouter les histoires pour avancer dans la vie, mais les aînés ont déjà tant vécu dans la vie et ce partage c'est ce qu'ils vont laisser aux autres.

Mindy Woolcott, conteuse

Voici un petit aperçu :

Pour plus d'informations visitez : storytellingalberta.com

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Arts de la scène