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Une sénatrice républicaine admet son dilemme à voter pour Trump

Lisa Murkowski, sérieuse, écoutant un témoignage au cours d'une audition d'un comité sénatorial.

La sénatrice Lisa Murkowski est l'une des rares républicaines à exprimer des critiques à l'endroit du président.

Photo : Reuters / Toni L. Sandys/The Washington Post

Le réquisitoire impitoyable de l'ex-secrétaire à la Défense James Mattis à l'endroit de Donald Trump a trouvé un écho chez au moins une élue du camp républicain : la sénatrice de l'Alaska, Lisa Murkowski, qui admet la possibilité de ne pas voter pour le président.

Réputée modérée, la sénatrice n'est pas la plus grande partisane du locataire de la Maison-Blanche. Mais jeudi, elle a ouvertement applaudi la condamnation sans appel du président républicain exprimée la veille par l'ancien général quatre étoiles des Marines James Mattis.

J’étais vraiment reconnaissante. J'ai trouvé les paroles du général Mattis vraies, honnêtes, nécessaires et attendues depuis longtemps, a-t-elle dit aux journalistes.

Dans une déclaration publiée sur le site de la revue The Atlantic, le général à la retraite accusait le président d'être le premier président de [son] vivant qui n'essaie pas d'unir le peuple américain. Il ne fait même pas semblant d'essayer. Au lieu de cela, il essaie de nous diviser, déplorait-il.

Prenant le parti des manifestants qui ont pris la rue pour protester contre la mort de l'Afro-Américain George Floyd et réclamer une justice égale devant la loi, il appelait à rejeter ceux qui se moquent de la Constitution.

Invitée par les journalistes à commenter ses propos, la sénatrice Murkowski ne s'est pas défilée.

Quand j'ai vu les commentaires du général Mattis hier, j'ai eu l'impression que nous arrivions peut-être à un point où nous pouvons être plus honnêtes devant les préoccupations que nous pourrions avoir à l'interne et avoir le courage de nos propres convictions pour prendre la parole.

Lisa Murkowski, sénatrice de l'Alaska

Rappelant qu'elle n'avait pas appuyé Donald Trump en 2016, elle a admis être confrontée à un dilemme, soulevant la possibilité de ne pas le soutenir lors de la présidentielle de novembre.

Plusieurs de ses collègues qui n'avaient pas appuyé Donald Trump dès la première heure sont éventuellement rentrés dans le rang.

Après avoir évité la question, le sénateur de l'Utah Mitt Romney, seul républicain à avoir voté en faveur de la destitution du président, en début d'année, a qualifié la déclaration de James Mattis de stupéfiante et puissante.

C'est un patriote américain. C'est un individu dont je respecte le jugement, et je pense de lui le plus grand bien. Si jamais je devais choisir quelqu'un avec qui me retrouver dans une tranchée, ce serait le général Mattis, a-t-il ajouté.

Les autres républicains ont choisi de ne pas commenter le sujet, prétextant par exemple ne pas avoir lu la lettre d'opinion de James Mattis, ou se sont portés à la défense du président.

Le sénateur de la Caroline du Sud Lindsey Graham, un ancien critique du président devenu l'un de ses alliés les plus loyaux, a ainsi accusé James Mattis de faire le jeu des médias libéraux en adhérant à leur récit [...] injuste.

Sans critiquer ouvertement le président, une poignée de républicains, comme l'ancien président George W. Bush, ont pris la défense des manifestants.

Lundi dernier, Donald Trump s'est présenté comme le président de la loi et l'ordre, se disant prêt à déployer l'armée sur le territoire américain.

La sénatrice se fait un ennemi du président

Le président a répliqué aux propos de la sénatrice sur Twitter, son réseau social de prédilection avec lequel il est en conflit.

Peu de gens savent où ils seront dans deux ans, mais moi je le sais, dans le grand État de l'Alaska (que j'adore), en train de faire campagne contre la sénatrice Lisa Murkowski, a-t-il écrit en soirée.

Préparez n'importe quel candidat, bon ou mauvais, je m'en fiche, je l'appuie. Si vous avez un pouls, je suis avec vous!

Donald Trump

Donald Trump avait également attaqué Mitt Romney lorsque celui-ci avait brisé les rangs de sa formation lors du procès en destitution, qui, sans surprise, s'était soldé par un acquittement.

À l'instar de la quasi-totalité de ses collègues, Lisa Murkowski avait pour sa part rejeté les deux chefs accusations retenus contre Donald Trump.

La sénatrice avait cependant fait partie de la poignée de républicains qui avaient aidé les démocrates à sauver la réforme de la santé mise en place par le président Obama. Elle avait aussi été la seule républicaine à s'exprimer contre la nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême, en octobre 2018.

Selon le site web fivethirtyeight.com, la sénatrice Murkowski s'est alignée 74 % du temps sur les positions du président lors des votes tenus au Sénat. Seuls trois de ses collègues républicains ont voté moins souvent en conformité avec les positions du président.

En 2010, la sénatrice avait perdu la primaire de son parti au profit d'un candidat de la frange plus radicale du Tea Party, réussissant ensuite malgré tout à se faire élire à l'élection générale.

Avec les informations de CNN, et Washington Post

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