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Faire affaire avec Huawei pourrait priver le Canada de renseignements américains

Le gouvernement Trudeau n’a pas encore annoncé s’il permettra à Huawei de développer le réseau 5G au pays. Il jongle avec l’idée depuis près de deux ans.

Mike Pompeo serre la main de Justin Trudeau à Ottawa.

Le secrétaire d'État Mike Pompeo avec le premier ministre Justin Trudeau, à Ottawa, en août 2019 (archives)

Photo : Reuters / Chris Wattie

Radio-Canada

Les États-Unis pourraient décider de revoir l’entente en vertu de laquelle ils échangent des renseignements avec le Canada si le gouvernement Trudeau décidait de confier le contrat de développement du réseau 5G au pays au géant des télécommunications chinois Huawei.

Le gouvernement américain a clairement indiqué à tous ses amis et alliés dans le monde entier que si jamais Huawei obtenait l’accès à leur système de sécurité nationale, nous devrions alors protéger les renseignements que nous échangeons avec eux, a indiqué jeudi Morgan Ortagus, une porte-parole du département d’État, en entrevue à CBC News.

Auquel cas les États-Unis devront « réévaluer » leur décision de partager des renseignements avec ces pays, a-t-elle précisé.

Faire affaire avec Huawei revient à mettre en péril la sécurité nationale de son pays, a prévenu Washington à maintes reprises, en affirmant que le gouvernement chinois avait le pouvoir d’obliger les compagnies de télécommunications à lui fournir des informations « de nature délicate ».

Les plus virulents critiques de Huawei redoutent que la compagnie mène des activités d’espionnage pour le compte de Pékin.

Le Canada semble toujours peser le pour et le contre l'option de faire appel au géant des télécommunications chinois, une décision d’autant plus délicate depuis l’arrestation, en 2018, de la directrice financière de Huawei à Vancouver, à la demande des autorités américaines.

Jeudi, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a indiqué qu’il n’avait pas encore pris sa décision, et n’a pas voulu en dire davantage sur les conversations en coulisse. Nous avons toujours été à l’écoute de nos organismes chargés de la sécurité, des agences de renseignements, [nous avons] travaillé de concert avec nos alliés, a-t-il dit lors d'un point de presse.

Nous prendrons la bonne décision pour les Canadiens et nous veillerons à ce que les Canadiens et les entreprises au pays se sentent en sécurité […], a-t-il ajouté.

Bell et Telus, des entreprises privées, n’ont pas attendu que le gouvernement prenne une décision : toutes deux ont annoncé cette semaine qu’elles ne retiendraient pas les services de Huawei, lui préférant la suédoise Ericsson et la finlandaise Nokia pour développer le réseau sans fil 5G.

Selon la vice-présidente de Huawei Canada, Alykhan Velshi, les « menaces » de Washington s’inscrivent dans cette propension qu’a l’administration Trump à intimider ses rivaux comme ses alliés.

Voilà plus d’une décennie que Huawei mène des activités au Canada, et il n’y a pas eu un seul incident lié à notre équipement. Pas un seul, a-t-elle assuré. Nous espérons que le gouvernement du Canada saura prendre une décision basée sur les faits.

Cette décision, a-t-elle poursuivi, devrait être prise par le Canada, et non par Donald Trump.

Outre ces mises en garde, l'administration Trump a cherché à perturber l’approvisionnement de Huawei en modifiant un règlement sur les exportations, le 15 mai dernier. Le département du Commerce a procédé à cet amendement dans le but de viser stratégiquement l’acquisition par Huawei de semi-conducteurs qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américains.

D'après le reportage de Katie Simpson, de CBC News

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