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Du camping au BBQ dans la cour : comment réussir son déconfinement en toute sécurité?

5 activités estivales passées au crible pour réduire le risque de contracter le coronavirus.

Il sera possible de rependre le cours de notre vie lors du déconfinement, mais attention, il y a toujours des risques de contracter le virus.

Il sera possible de rependre le cours de notre vie lors du déconfinement, mais attention, il y a toujours des risques de contracter le virus.

Photo : getty images/istockphoto / Aleutie

Après deux mois et demi de confinement, les résidents de la région de la capitale nationale renouent progressivement avec la vie à l’extérieur de leur domicile. Même si la reprise des activités se fait avec l’assentiment des autorités, c’est au citoyen qu’incombe la responsabilité de faire preuve de vigilance pour ne pas s’exposer au virus.

D’entrée jeu, prenez note que le risque zéro n’existe pas, prévient Hugues Loemba, médecin-virologue et professeur à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa. Il est toujours possible d’attraper le virus SRAS-CoV-2, peu importe l’activité. La clé, rappelle-t-il, est de systématiquement prendre des précautions :

  • Réduire au minimum les contacts avec les autres;

  • Maintenir une distance de deux mètres;

  • Se laver les mains fréquemment;

  • Porter un masque.

Gardez en tête que le virus se propage par gouttelettes lorsqu’une personne parle, tousse ou éternue — et que le risque de contagion augmente selon le lieu de l’activité (intérieur ou extérieur), la durée, les personnes participantes et la prévalence du virus dans une région.

Se réunir à l’extérieur d’une maison en petit groupe pour un BBQ présente un faible risque de transmission.

Se réunir à l’extérieur d’une maison en petit groupe pour un BBQ présente un faible risque de transmission.

Photo : getty images/istockphoto / 360 Production

1. Un BBQ dans la cour arrière avec une autre famille

Se réunir à l’extérieur d’une maison en petit groupe présente un faible risque de transmission, tant et aussi longtemps que les convives respectent les règles de base, soutient la Dre Carol McConnery, médecin-conseil en santé publique du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais.

Au Québec, les rassemblements doivent se limiter à 10 personnes issues d'un maximum de trois familles différentes. L’Ontario interdit encore les regroupements de plus de cinq personnes.

Porter un couvre-visage ou un masque est recommandé pour tout le monde.

La Dre Carol McConnery, médecin-conseil, CISSS de l'Outaouais

Votre sécurité dépendra des personnes que vous avez invitées et de leur comportement. Ce type d’activité favorise les discussions, les accolades et les poignées de mains. Le défi sera de garder deux mètres de distance avec les personnes qui ne vivent pas sous votre toit, prévient la Dre McConnery

Partager un repas ne représente pas un problème, mais pour réduire les risques de transmission au minimum, évitez de partager assiettes, verres et ustensiles. Lavez-vous les mains lorsque vous utilisez la salle de bain et demeurez à l’extérieur de la maison le plus souvent possible.

Des recherches menées sur le nouveau coronavirus ont démontré que le risque de propagation est plus élevé à l'intérieur qu’à l’extérieur.

Des recherches menées sur le nouveau coronavirus ont démontré que le risque de propagation est plus élevé à l'intérieur qu’à l’extérieur.

Photo : getty images/istockphoto / 360 Production

2. Un repas au restaurant sur une terrasse du Vieux-Hull ou dans le marché By

Des recherches menées sur le nouveau coronavirus ont démontré que le risque de propagation est plus élevé à l'intérieur qu’à l’extérieur. C’est la raison pour laquelle le virologue Hugues Loemba privilégie les repas servis sur les terrasses, là où il y a une meilleure circulation d’air.

Lorsqu’on se trouve dans un environnement fermé, en contact étroit et prolongé avec plusieurs autres personnes issues de différents groupes, il peut se produire ce qu’on appelle un événement superinfecteur (superspreader event en anglais), explique-t-il. C’est-à-dire une situation dans laquelle une seule personne infecte d’un seul coup un nombre élevé d’individus.

Un événement superinfecteur a été observé au mois de mars dans l’État de Washington, où une seule personne asymptomatique a contaminé 53 membres d’une chorale en répétition dans une salle multifonctionnelle.

Il y a plus de risques d’être confiné dans un endroit fermé que d’être dehors pendant la même période de temps.

Hugues Loemba, médecin et virologue à l’Université d’Ottawa

Dans une salle de restaurant, remarque le Dr Loemba, non seulement les personnes assises aux différentes tables peuvent chacune être une source de contagion, mais le risque dépend aussi du sens de la circulation de l’air. Par exemple, certaines façons de faire circuler l’air climatisé favorisent la dispersion des gouttelettes et, par conséquent, la transmission du virus.

Quand on est dehors, indique le Dr Loemba, il y a moins de ce genre de conditions. C’est défavorable à la transmission du virus.

La baignade représente un faible risque de transmission puisque le virus ne survit pas dans l’eau chlorée.

La baignade représente un faible risque de transmission puisque le virus ne survit pas dans l’eau chlorée.

Photo : getty images/istockphoto / Irina_Strelnikova

3. Une baignade dans une piscine ou un après-midi à la plage

Il n’y a pas de risque de contracter le coronavirus en se baignant dans une piscine privée ou publique, puisque le virus ne survit pas dans l’eau chlorée, soutient le Dr Loemba. À la plage, les risques de transmission sont également faibles, la  concentration du virus étant diluée dans le volume d’eau.

L’eau n’est donc pas le problème. Le risque de transmission provient plutôt de la promiscuité qui peut se produire lorsque des baigneurs porteurs de la COVID-19 sont en contact avec d’autres qui ne le sont pas. 

À ce chapitre, puisque les piscines publiques accueillent un nombre plus élevé de visiteurs, elles présentent davantage d’occasions de promiscuité, donc davantage de risques de transmission. Il sera de la responsabilité des parents de surveiller les enfants, que ce soit dans l’eau ou hors de l’eau.

La Dre McConnery rappelle qu’il y aura aussi des précautions à prendre lorsqu’on utilisera les toilettes publiques ou les salles de changement. Un peu comme on va dans un commerce ou une épicerie, dit-elle, il faudra limiter le nombre de personnes à l’intérieur de ces lieux et imposer des mesures de distanciation sociale.

Déconfinement : les utilisateurs de la piste cyclable devraient faire preuve de prudence, disent des experts de la santé publique.

Déconfinement : les utilisateurs de la piste cyclable devraient faire preuve de prudence, disent des experts de la santé publique.

Photo : getty images/istockphoto / elenabs

4. Une marche au bord du canal Rideau ou sur une piste cyclable

La médecin-chef de la Santé publique de la Ville d’Ottawa, la Dre Vera Etches, conseille aux résidents de faire preuve de prudence lorsqu’ils s’aventurent sur une promenade ou empruntent une piste cyclable. 

Particulièrement populaires ces dernières semaines, les pistes représentent un danger lorsqu’elles sont bondées. 

En soi, croiser une personne sur la piste ne représente pas un risque, évalue la Dre Etches. Le risque, c’est d’être entouré de personnes qui ne font pas partie de votre famille sur une longue période de temps.

C’est pourquoi nous conseillons aux gens de faire ce type d’activités quand il y a moins de personnes sur les pistes, déclare-t-elle, notant que la distanciation physique est la clé. S’il y a quelqu’un qui court, évitez de vous placer juste derrière elle. Déplacez-vous.

Le Dr Loemba abonde dans le même sens. Le risque, c’est d’être proche l’un de l’autre sans avoir de mesures barrières, indique-t-il.

Photo : getty images/istockphoto / gmast3r

5. Une fin de semaine au camping ou un séjour à l’hôtel

Le camping présente peu de risque de transmission, puisqu’il se pratique à l’extérieur, au grand air, dans des lieux isolés. 

Le degré de risque variera selon qui — en dehors des membres de votre famille — vous accompagnera. Il est donc important de vous assurer que les amis qui feront partie du voyage ne sont pas infectés.

Pour minimiser les risques, veillez à ce que chaque groupe de campeurs logent dans sa propre tente. Pour les rassemblements à l’extérieur, autour d’un feu par exemple ou lors des repas faits sur le gril, la Dre McConnery suggère de suivre les mêmes règles que lors d’un BBQ dans la cour.

Dans un monde idéal, au niveau des hôtels, ce serait bien qu’on soit en mesure de faire des tests.

Hugues Loemba, médecin et virologue à l’Université d’Ottawa

Avant de séjourner à l’hôtel, le Dr Loemba suggère de faire un peu de recherches. Dans cette ville où il y a cet hôtel, est-ce que la maladie est très prévalente? Est-ce qu’il y a beaucoup de cas? demande-t-il. Est-ce qu’ils désinfectent les chambres après le passage de chaque client? Quelles sont les politiques de nettoyage?

Il rappelle que l’hôtel est un endroit clos où peuvent circuler un nombre élevé de personnes. Il pense notamment aux ascenseurs et au hall d’entrée où les voyageurs doivent tous s’enregistrer. Selon lui, passer du temps à l’hôtel représente un risque élevé. Il ne serait pas surpris que les hôtels soient parmi les derniers établissements à être déconfinés.

Rappelons également que même si le gouvernement du Québec a levé les contrôles policiers aux ponts interprovinciaux entre Ottawa et Gatineau, les autorités, tant en Ontario qu’au Québec, demandent aux résidents d’éviter les déplacements non essentiels entre les deux provinces.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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